Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Potion précédente-Potion suivante
The Crown, saison 5
Charles et Diana partent en Italie pour une "seconde lune de miel" mais leur incompatibilité est plus évidente que jamais. Pendant ce temps, la reine et Philip constatent la vétusté de leur bien-aimé navire Britannia, or leurs loyaux sujets ne sont plus d'humeur à payer la note.

Petit théâtre de la cruauté dont personne ne ressortait indemne, la saison 4 de The Crown, dominée par l'arrivée de Diana et de Margaret Thatcher, m'avait laissée sur les rotules. Au point que, malgré les deux ans d'attente jusqu'à ces nouveaux épisodes, deux ans pendant lesquels Elizabeth et Philip sont passés de vie à trépas dans la réalité, je n'ai pas réussi à me motiver à en faire un recap détaillé comme à mon habitude. Trop peur de trouver cela trop déprimant malgré tout ce qu'il y a à en dire. Je m'attendais à une saison 5 dans la même lignée, car elle allait se pencher sur les années 90, celles de la séparation définitive de Lady Di avec la famille royale mais aussi celles de l'annus horribilis et où les Windsor ont atteint des sommets d'impopularité. Aussi ai-je été fort surprise par le ton adopté, très différent. La saison précédente avait provoqué bien des polémiques notamment pour le portrait peu flatteur de celui qui est désormais Charles III et de sa reine-consort. Peter Morgan aurait-il décidé de s'adoucir et de mettre un peu d'eau dans son vin? Cela n'a pas empêché les critiques de fuser avant même que la saison 5 arrive, les anciens premiers ministres John Major et Tony Blair sont cette fois-ci les premiers montés au créneau pour dénoncer des libertés prises avec leur version des faits.

Plus qu'un besoin de s'attirer les faveurs de la Couronne, l'atmosphère en apparence plus apaisée et moins au dézingage en règle de la famille royale britannique cache un désenchantement total. La rupture entre Charles et Diana est entérinée et la princesse de Galles a pris conscience de son pouvoir médiatique à double-tranchant. Elle reste fragile mais n'est plus la jeune fille jetée dans le grand bain et cherchant un amour et un appui qu'elle n'obtiendra pas. Elle et Charles luttent désormais au moyen de leur image et Diana a l'avantage. L'héritier du trône peut compter sur une allure de modernité mais seulement en comparaison avec sa mère, désormais une vieille dame encroûtée dans sa fonction et des principes d'un autre âge. Les différents épisodes baignent dans une mélancolie qui ne tombe jamais dans la réelle nostalgie, faute de véritable bon vieux temps auquel se souvenir. L'épisode 4, qui évoque l'année 92, est ainsi vu à travers les yeux de Margaret qui retrouve brièvement Peter Townsend pour regretter une dernière fois ce qui ne sera jamais. Un épisode qui refuse totalement le spectaculaire, l'incendie de Windsor n'est ainsi traité qu'en quelques images, sobrement.

Pour une série dont la promotion, à son lancement, insistait sur le gros budget, dont les reconstitutions étaient souvent grandioses, voilà un rejet de l'apparat, de la "pageantry" comme on dit outre-manche, qui surprend. Seule la rétrocession de Hong-Kong, en fin de saison, et encore, sort les grands effets. S'il manque une dimension épique et que la saison peut au début prendre des allures pantouflardes, elle n'en recèle pas moins une écriture toujours aussi intelligente quoique recourant parfois à un symbolisme qui m'échappe (l'oiseau de proie planant au-dessus de Philip dans l'épisode 2, par exemple). Le troisième épisode qui montre l'ascension de Mohamed Al-Fayed (excellent Salim Daw), le lie bien avant sa rencontre avec Diana à la famille royale à travers l'histoire de Sydney Johnson, valet bahamien du Duc de Windsor qui passe au service du milliardaire égyptien pour lui apprendre les manières britanniques. Voilà qui permet dans la foulée de clore le chapitre David et Wallis (et de revoir Alex Jennings dans le rôle du premier). L'épisode 5 sur l'arrivée au pouvoir de Boris Eltsine tourne à l'affaire de famille entre Elizabeth et Philip quand le rôle de George V et de la reine Mary est évoqué concernant le destin des Romanov. On évoque aussi les liens entre la Couronne et la BBC, autre institution britannique menacée par des chaînes au contenu plus moderne mais aussi plus racoleur. Il y a également des passages attendus comme l'interview par Martin Bashir de Diana mais tout se fait dans le feutré, sans jamais avoir l'explosion que l'on attend sans cesse (je pensais que l'accident serait pour cette fois-ci mais on s'arrête en juillet 1997). L'épisode 9, Couple 31 en est un bel exemple, qui mêle le divorce de Charles et Diana à ceux de personnages ordinaires, sans effets flamboyants.

On a également affaire à une saison de changement de casting général. Imelda Staunton est totalement appropriée en Elizabeth II mais son personnage est très en retrait et elle s'intègre discrètement tandis que Jonathan Pryce campe un duc d’Édimbourg plus posé. Elizabeth Debicki était très attendue en Diana et ne déçoit absolument pas. Certains choix d'acteurs sont plus déconcertants. Jonny Lee Miller qu'on associe peut-être plus volontiers à des bad-boys tatoués incarne le grisâtre John Major. Pourtant, cela fonctionne et après Margaret Thatcher, il offre une présence plus rassurante et moins dans la confrontation (la saison n'évoque d'ailleurs pas grand chose de sa politique). Bertie Carvel, qui avait fait une apparition en saison 2 où il jouait le présentateur Robin Day, n'a en revanche pas vraiment le temps de s'imposer dans le rôle de Tony Blair. Le plus étonnant est Dominic West en Charles. Excellent acteur qui a déjà joué des personnages infidèles, il a un physique bien trop costaud et viril pour qu'on l'associe au nouveau roi mais on voit en lui un héritier plus affirmé que Josh O'Connor, moins facile à rudoyer.

Plus intimiste que les précédentes, cette saison 5 déstabilise tout en gardant les qualités d'écriture qui ont toujours accompagné cette version romancée mais recherchée de la saga Windsor. Des Windsor qui n'en apparaissent finalement que plus poussiéreux face à un monde qui continue de changer sans eux et qui logiquement vont se prendre un électrochoc dès le début de la saison prochaine.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 12 Novembre 2022, 16:34bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".