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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Crown, saison 2 épisode 9: Paterfamilias
Philip décide d'envoyer Charles faire ses études à Gordonstoun, où il fut lui-même scolarisé et dont il garde un souvenir ému. Hélas, son fils ne s'adapte pas aussi bien aux méthodes particulières de l'établissement.

Charles est présent depuis le premier épisode, mais l'on n'avait guère eu l'occasion d'en parler, bien que la saison précédente la Queen Mum s'inquiétait déjà de l'impatience dont faisait preuve le duc d’Édimbourg devant la délicatesse du prince. Paterfamilias se penche donc sur l'éducation de celui qui depuis 66 ans est l'héritier du trône, en parallèle avec celle de son père.

L'épisode commence sur le terrain de rugby de l'école de Cheam, où un match est bien engagé et où tout le monde se bat d'arrache-pied pour remporter la victoire.

Sauf ce pauvre Charles ("ce pauvre Charles", ça pourrait être le titre alternatif de l'épisode) qui n'a pas vraiment l'étoffe d'un Jonny Wilkinson ou autre Jonah Lomu, ce qui lui vaut bien des railleries de la part de ses petits camarades.

Ses problèmes ne se limitent pas au domaine sportif, comme l'explique celui qui est probablement le directeur de l'école à la reine: il est louable d'avoir envoyé l'héritier de la Couronne dans une école normale plutôt que de l'éduquer à la maison comme cela était d'ordinaire la tradition, mais dans le cas de Charles, ça ne se passe pas très bien, car tout concourt à montrer à ses condisciples que quoi qu'on en dise, il n'est pas comme eux: ils lisent des articles sur lui dans des journaux, ils voient le détective chargé de sa protection sous les fenêtres...

... et comme si cela ne suffisait pas, Charles est aussi différent d'eux en étant particulièrement timide et sensible. Bref, c'est la victime tout indiquée pour des brimades, puisqu'il ne passe pas inaperçu et n'a pas les moyens de se défendre. L'épisode simplifie un peu les choses: Charles a d'abord été élève à Hill House School, où cela ne s'est apparemment pas très bien passé, avant d'aller à Cheam où il s'est plu, contrairement à ce qu'on nous montre, mais ce genre de raccourci est courant pour faire passer le message: il y a fort à parier que le personnage de Charles demande beaucoup de patience de la part du spectateur dans les saisons à venir, alors on va commencer par comprendre un peu ce qu'il traverse et en être désolés pour lui, et le fait d'avoir engagé un gamin tout à fait choupi (Julian Baring, qui succède à Billy Jenkins) aide beaucoup à y parvenir.

Elizabeth annonce donc une bonne nouvelle à son fils: à la rentrée suivante, il ira à Eton, que l'on peut voir des fenêtres du château de Windsor: il sera tout près de chez lui et pourra même passer les week-end en famille... Enfin, ça, c'est si son père est d'accord, mais il n'y a aucune raison qu'il y mette son veto, n'est-ce pas?

Charles s'empresse d'annoncer l'heureuse nouvelle à Lord Mountbatten, et c'est l'occasion de montrer que le prince est très proche de son grand-oncle et qu'il trouve en lui le confident qu'il peine à voir en ses parents. En effet, Mountbatten, avec la Queen Mum, est une des grandes influences dans la vie de Charles (oui, deux personnes nées sous le règne de la reine Victoria... ce qui explique peut-être bien des choses pour quelqu'un qui va - peut-être - devenir roi au XXIe siècle). Il est d'ailleurs dommage de ne pas du tout voir la reine-mère dans cet épisode car elle aurait forcément eu une opinion sur la situation, et j'espère qu'on la verra davantage avec Charles à l'avenir, mais le programme est plutôt lourd, donc passons.

Mountbatten est absolument ravi pour Charles, lui qui (comme Edward VIII et George VI par ailleurs), a été d'abord instruit par un ennuyeux précepteur avant d'être envoyé à l'école navale d'Osborne où ça ne rigolait pas. Il décide d'emmener son petit-neveu chez Mme Guipure pour lui faire tailler sur mesure sa panoplie d'uniformes (oui, je vais me lâcher sur les références à Harry Potter dans cet épisode, autant prévenir tout de suite).

Charles reçoit également sa tenue de Quidditch...

Et sa tenue du dimanche (qui fait plus Smeltings que Poudlard, maintenant que j'y songe).

Charles est bien trop heureux pour que ça dure et justement, Philip revient triomphant d'une régate pour mettre fin à la liesse: hors de question que son fils aille à Eton, où il serait entouré de petits aristos tous sortis du même moule, où il sera chouchouté et n'apprendra rien de fondamental. Il ira à Gordonstoun, qui a fait de Philip l'homme qu'il est, et on ne peut que s'incliner devant une telle réussite. Elizabeth proteste, car elle voit venir de loin que ce qui a convenu à son mari risque de ne pas être adapté pour Charles qui ne lui ressemble en rien, mais son mari a gain de cause. La reine s'incline, on rendra les uniformes d'Eton, mais elle charge Philip d'annoncer la nouvelle à son fils.

Philip, que l'on sent fort contrarié de voir avec quelles manières Charles mange un petit-déjeuner qu'une armée de valets lui sert en morceaux soigneusement coupés, fait néanmoins l'effort de lui expliquer ce qu'il attend de la façon la plus rassurante possible: il sait que Gordonstoun peut impressionner au premier abord, que c'est loin de la maison, tout là-haut en Écosse, mais il l'y accompagnera lui-même dans son propre avion, et puis tout cela lui sera très bénéfique, car il aura un aperçu du monde réel, en dehors des murs du palais. Sur le papier, ce n'est effectivement pas une si mauvaise idée d'arracher Charles à l'entre-soi total de la Cour et d'une école où il ne côtoiera que des gens de son milieu et qui feront partie de l'élite qu'il est amené à recroiser adulte, mais dans les faits, ça ne va pas être aussi idéal, on s'en doute.

Pour commencer, Charles peut aussi bien s'habituer à son nouvel uniforme, un pull informe et terne, car les élégants uniformes étoniens taillés sur mesure, c'est bien joli mais l'important ce ne sont pas les paillettes mais ce que l'on est à l'intérieur.

À partir de maintenant on va suivre en parallèle la scolarité de Charles et Philip donc premier flashback montrant le futur duc d’Édimbourg (joué par Finn Elliott) revêtir avec le même enthousiasme que son fils des années après le même pull moche que lui remet son beau-frère.

Un beau-frère qui arbore un brassard bien connu. Depuis le premier épisode, on fait régulièrement référence aux sœurs de Philip mariées à des dignitaires nazis et de l'une d'elle, Cecilie, morte dans un accident d'avion et Paterfamilias entre enfin dans les détails de ce background peu recommandable. Le beau-frère en question est un certain Georg Donatus, , grand duc de Hesse, et comme sa femme, Philip et Elizabeth II, il descend de la reine Victoria.

C'est Cecilie qui accompagne Philip dans sa nouvelle école, ce qui tombe mal pour elle car elle a la phobie de l'avion, au point de toujours revêtir une tenue de deuil avant de monter à bord et d'essayer de chasser son angoisse par des prières. Cela ne suffit pas quand on entre en zone de turbulences et son frère fait de son mieux pour la rassurer, il n'y a pas de quoi avoir peur, ce n'est que de l'air.

Une fois à terre, elle va beaucoup mieux et est en mesure de répondre à Philip, qui se demande vraiment pourquoi on l'envoie à l'école au fin fond de l'Écosse. C'est le père de Philip qui a insisté, car le directeur, le docteur Hahn, est un véritable génie, mais comme il est juif il n'a pu rester en Allemagne. Encore une fois, l'épisode prend quelques raccourcis. Tout d'abord, le père de Philip ne s'intéressait pas suffisamment à son éducation pour formuler de telles exigences (ce que la série établit bien par ailleurs), et c'était l'initiative d'un des oncles de Philip. Ensuite, Philip a commencé à fréquenter cette école quand elle se trouvait encore en Allemagne et a suivi le mouvement quand Hahn a déménagé l'école, mais on gagne du temps et cela permet d'accentuer le sentiment de dépaysement du prince.

Philip arrive à bon port pour constater non sans étonnement que le portail est en construction et que les ouvriers sont des élèves. Bon, une école en Écosse qui dispense un enseignement spécial, dirigée par un génie aux méthodes originales mais contestables sur les bords et dans le collimateur de nazis, dans mes archives ça ne s'appelle pas Gordonstoun mais Poudlard.

On retourne à la timeline de Charles, que son père a amené comme promis à l'école dans son avion privé piloté par sa pomme. Tandis que l'héritier contemple avec appréhension ses nouveaux camarades sous les flashs des photographes, Philip retrouve avec plaisir Hahn et contemple avec émotion le portail désormais bien fini et à la construction duquel il a contribué.

Charles est présenté à ses camarades de dortoir, et tout cela est bien aimable mais extrêmement formel.

Il aura le même lit que son père en son temps, tout près de la fenêtre. En regardant par celle-ci, Philip aperçoit le détective chargé de la protection de Charles en faction dans la cour. Le duc d'Édimbourg se montre très clair avec Hahn, malgré cela il ne veut pas que Charles ait droit à un traitement particulier, il doit apprendre à se défendre.

Philip est bien décidé à ce que son fils relève tous les défis les plus difficiles, et sans lui en laisser la décision, l'inscrit d'office au challenge que l'école organise chaque année: un gros parcours de santé sollicitant les réserves physiques et la détermination des élèves.

Mountbatten, qui suit le reportage sur cette rentrée des classes très médiatisée, sent venir la catastrophe à trois kilomètres.

Tout comme la reine, qui craint que Philip ne mette trop de pression sur son fils et voit ses inquiétudes se confirmer à chaque minute qui passe.

Dès la première nuit, les ennuis commencent, car Charles, toujours aussi veinard, se trouve près de la fenêtre, qui est cassée, et bien sûr il pleut. Du coup impossible d'être au sec, et ses petits camarades ne lui sont d'aucune aide.

Pire même, puisque quand il décide logiquement que puisqu'on ne peut pas fermer la fenêtre, il n'y a qu'à déplacer le lit vers un endroit sec, le chef de dortoir lui ordonne d'arrêter où il le dénoncera.

La nuit sera donc très longue et très humide.

Dans sa timeline, Philip commence aussi à la fraîche. Il a bien dormi pour sa part, mais le réveil est rude avec dès le lever un petit footing dans la nature gelée.

Ce n'est qu'un avant-goût, l'avertit-on, la douche sera encore pire, et en effet, pas d'eau chaude, aussi ses condisciples n'y font qu'un passage éclair en dansant et hurlant avant de se jeter sur les serviettes.

Histoire de montrer de quel métal il est fait, Philip se plante alors sous le jet glacé et y reste sans bouger, dans l'espoir d'en imposer aux autres garçons.

Échec cuisant, ils ne sont pas du tout impressionnés et le prennent juste pour un type bizarre qui fait son intéressant.

Il n'accroit pas sa popularité en tirant au flanc un peu plus tard quand les autres élèves sont occupés à construire je ne sais quoi tandis qu'il rêvasse à l'étage, ce qui lui vaut d'être interpelé par un compagnon de chambrée, Jim. Mais Philip ne voit pas pourquoi il devrait faire des travaux manuels, c'est pour le petit personnel, pas pour les étudiants.

Jim monte donc lui mettre les points sur les i: il peut abandonner ses grands airs, personne ici n'est impressionné par un comte dégénéré dont la mère est à l'asile, dont les sœurs sont toutes nazies et que son père a abandonné pour faire la fête à Paris avec sa poule. Philip ne peut laisser passer ça. Que ce soit bien clair: il est prince, et son père a élu domicile à Monaco.

Un tel répondant ne radoucit pas du tout son interlocuteur, qui pour leçon le flanque à la flotte, au grand amusement de l'assemblée.

Philip est convoqué chez Hahn, et proteste car c'est Jim qui l'a frappé, pas l'inverse, mais le directeur lui explique que s'il comprend sa colère, il va falloir se calmer. Étant donné vers quoi le monde se dirige, il espère avec cette école former un groupe d'élèves solidaires, qui ne se perdront pas en querelles stupides, et pour cela il faut commencer par mettre son ego de côté.

Pas franchement ému par cette leçon de vie, Philip téléphone le plus tôt possible à Cecilie pour qu'elle vienne le retirer de cette maison de fou.

Cecilie n'est pas vraiment en mesure de l'écouter car elle et son mari sont en train de recevoir des amis nazis, mais que Philip patiente un peu, car il pourra la voir aux vacances de la mi-trimestre. Son époux doit se rendre à un mariage mais avec sa peur de l'avion, elle restera à la maison pour accueillir son frère et ils auront la baraque pour eux tous seuls. Ou presque, car elle attend un enfant. Et quand Philip s'étonne qu'elle ait un nouveau bébé en route, elle lui rappelle en riant qu'il faut bien remplir le château, et Hitler n'a-t-il pas dit qu'il aurait besoin d'hommes pour son armée? Ça fait toujours son petit effet quand un personnage qui a l'air par ailleurs tout à fait charmant balance avec le sourire des horreurs pareilles.

Retour sur Charles qui ne se tire pas spécialement bien du volet physique du cursus, et le reste des garçons se fichent également pas mal de lui quand il s'étale dans la boue. Heureusement il va avoir une agréable surprise.

Une visite de Mountbatten avec une malle en osier toute pleine de friandises. Oncle Dickie s'inquiète pour Charles et le lui fait savoir. Si ce dernier n'ose pas parler de certaines choses à Philip de peur de le décevoir, il n'a pas à avoir les mêmes réserves à son égard et s'il est malheureux, il n'a qu'à le dire. Charles essaie de faire bonne figure mais Mountbatten a déjà entendu certaines des moqueries lancées à son petit-neveu et n'est pas dupe sur ce qui se passe.

Fin de la visite et Charles se retrouve à nouveau seul, mais avec quelques consolations à fort taux en glucides.

Mountbatten ayant fait son rapport à la reine, celle-ci décide d'intervenir et de plaider la cause de Charles auprès de son mari. Le gamin déteste son école qu'il compare à un bagne, et il y est harcelé, ce qu'on ne peut ignorer. Les enfants brutalisés en reste marqués à vie, et il ne s'agit pas seulement de leur fils mais aussi de l'héritier de la Couronne, aussi ne peut-on pas ignorer ce qui pourrait avoir de graves conséquences non seulement sur lui, mais sur toute l'institution (et donc le Royaume-Uni, le Commonwealth et même... le monde! Non, elle ne dit pas ça, mais c'est sous-entendu).

Hélas, Philip est intraitable: il ne s'attendait pas à ce que cela soit facile pour Charles, mais c'est bien le but, il doit s'endurcir et franchir les obstacles au lieu de les fuir, car c'est ce qu'on va lui demander de faire par la suite. Et de rappeler à Elizabeth que lors de leur discussion sur l'état de leur mariage à Lisbonne, elle avait promis qu'il prendrait les décisions quant à l'éducation des mômes, donc elle ne peut pas tout ramener à la Couronne pour revenir sur sa parole, ou il devra faire de même, et le pays se retrouvera avec un couple en crise, ouvertement, cette fois-ci. Elizabeth s'incline donc malgré elle, et c'est tout de même peut-être un peu pousser de montrer Philip, certes pas un ange, recourir carrément au chantage pour arriver à ses fins.

À Gordonstoun, Charles prépare le challenge quand Hahn vient le voir, désireux de l'aider également. Il est conscient que Charles a des problèmes, son père aussi a eu des difficultés à s'intégrer, mais les obstacles qu'il devait surmonter, comme sa personnalité, n'étaient pas les mêmes que ceux de son fils, aussi ce dernier ne doit pas se croire obligé de l'imiter en tous points et devrait plutôt chercher sa propre façon de s'épanouir. Par exemple, il ne faudrait pas qu'il participe au challenge uniquement pour ne pas décevoir Philip.

Néanmoins, soit parce que Charles malgré ces bonnes paroles a toujours peur de déplaire au duc, soit parce qu'à sa manière, malgré son caractère très différent, il est tout aussi fier, s'obstine.

Dans sa timeline, Philip s'entraîne au challenge et alors que ses camarades l'aident à franchir un mur, lorsqu'il a l'occasion de donner un coup de main à Jim, il préfère se venger de la baignade que ce dernier lui a infligé plus tôt et lui flanque un bourre-pif.

Nouvelle convocation chez le dirlo qui cette fois-ci décide de sévir: puisque Philip n'a pas compris la leçon précédente, il restera à l'école durant les vacances pour terminer de construire le portail avec Jim, ça lui apprendra à travailler en équipe.

Philip est absolument furieux devant ce qu'il estime être une injustice et téléphone immédiatement à sa sœur pour se plaindre (pas de doute, c'est toujours le même Philip).

Cecilie n'est pas du tout d'humeur à prendre sa défense et à compatir. Puisqu'il ne rentre pas en Allemagne, elle n'a pas d'excuse pour ne pas accompagner son mari à ce fichu mariage en Angleterre, ce qui signifie qu'elle va devoir prendre l'avion, merci beaucoup Philip.

Quelques heures plus tard, Hahn reçoit un coup de fil et l'on devine qu'il vient de recevoir une grave nouvelle (bon, comme Philip a déjà raconté toute l'histoire à Townsend la saison précédente le suspens n'est pas à son comble non plus).

Arraché à ses travaux de maçonnerie, Philip apprend donc que sa sœur, son beauf et toute la compagnie sont tragiquement décédés dans le crash de leur avion. Histoire d'en rajouter dans le glauque, Hahn lui révèle que Cecilie a accouché pendant le vol, et que si le bébé a survécu, ça n'a pas été pour longtemps.

Après cela, fort secoué par ces informations, Philip fait un petit bad trip pendant la nuit et se retrouve à marcher pieds nus dans le parc en pyjama, en s'imaginant les derniers instants de sa sœur préférée.

Inquiet de ne pas le voir dans son lit, Hahn rameute tout le dortoir et ils partent armées de lanternes à la recherche du prince dans la Forêt Interdite.

Ils le retrouvent finalement en train de ramer sur le lac, parce que pourquoi pas, quand on est dans l'affliction, tout est permis.

Fais pas l'con, Philip!

Hahn l'enjoint de revenir, ses billets pour les funérailles sont déjà réservés, et quand il reviendra, il aura l'assurance de retrouver à Gordonstoun une famille prête à l'accueillir.

Le beau-frère, comme on l'a dit, n'étant pas le premier venu au parti nazi, les funérailles ne sont pas une petite affaire intime et Philip se retrouve juste derrière les cercueils, alors qu'on a sorti tous les drapeaux possibles et que tout le monde salue aux fenêtres, des simples quidams au régiment SS.

On serait oppressé à moins. Philip craque et stoppe net dans sa marche, se faisant dépasser par le reste du cortège et salement regardé par un type avec un monocle.

Seul Mountbatten lui vient en aide et l'encourage à continuer, et c'est le début de la prise en charge de Philip par l'oncle Dickie (sans le déménagement en Écosse de l'école et l'intérêt que lui a porté cet oncle après que Philip ait été balloté d'une branche à l'autre de sa famille, il était d'ailleurs fort probable que le futur duc d'Édimbourg aurait combattu dans un tout autre camp pendant la guerre, vu comme c'était engagé).

Philip est ensuite accueilli par sa mère, qui a tout de même du mal à le remettre et encore plus à s'exprimer. Elle est interprétée par Sophie Leigh Stone, qui a notamment joué Cass dans les épisodes de Doctor Who Under the Lake/Before the Floodet bon point pour avoir pris la peine d'engager une personne vraiment malentendante même pour une apparition minime alors qu'on n'y aurait vu de toute façon que du feu.

L'homme au monocle qui a balancé plus tôt un regard torve à Philip interrompt les retrouvailles. Il s'agit du prince Andrew de Grèce, père de Philip, dont la réputation de joueur et de noceur a déjà précédemment été établie. Il accuse son fils d'être responsable de la mort de sa fille chérie et le chasse donc. Le bonhomme ne s'est jamais occupé du reste de sa famille et préfère flamber dans les casinos, mais là, tout à coup, il donne des leçons, délicieux.

Cela étant, je peux comprendre qu'on puisse trouver assez douteux de la part de Morgan de suggérer que Philip puisse être responsable du décès de Cecilie puisque toute cette histoire de retenue est une invention. D'un autre côté, c'est le genre de concours de circonstance qui pourrait arriver à n'importe qui, ça ne fait pas de Philip un criminel.

Mountbatten raccompagne Philip à son avion et fait de son mieux pour le consoler. Il comprend qu'il soit blessé et furieux contre son père mais il ne doit pas s'en formaliser. Dans quelques années, il verra ce que c'est, d'avoir des enfants, de se faire haïr d'eux, pour ensuite prier pour leur pardon.

Euh, merci oncle Dickie, je me sens tout de suite mieux, là!

De retour à son école, écrasé par la culpabilité, Philip décide de s'autoflageller en terminant tout seul la construction du fichu portail, de jour comme de nuit, qu'il pleuve ou qu'il vente.

Les autres élèves, même ceux comme Jim qui ne pouvaient pas le saquer, commencent à s'inquiéter pour lui et suggèrent à Hahn que peut-être, on pourrait lui donner un coup de main, mais le directeur est intraitable: si Philip veut de l'aider, il lui suffit de demander.

Le labeur continue, et toute la maçonnerie est terminée quand Philip cale sur la touche finale: les grilles.

Vaincu par une porte en fer forgée, Philip se résout à mettre sa fierté de côté et demande enfin de l'aide. Cela tombe bien, c'est justement l'heure du repas et tout le monde est dans le réfectoire pour entendre sa supplique.

Tout le monde y va donc de sa contribution pour terminer le boulot.

Philip est ainsi définitivement accueilli dans le groupe et à partir de ce jour va chérir son école avec les conséquences que l'on sait. Toute cette histoire est mélodramatique en diable et évidemment extrêmement romancée. Ce n'est pas inefficace et cela illustre bien le contraste entre père et fils, mais c'était peut-être aller chercher un peu loin. Il y a toujours un fragile équilibre entre les faits et les libertés nécessaires pour rendre le tout moins plat ou austère, là Peter Morgan a quand même couru le risque de tirer trop dans un sens.

On laisse définitivement en arrière l'enfance de Philip pour revenir à celle de Charles, alors que le challenge est sur le point de commencer et que son détective vérifie son paquetage. Et c'est le coup d'envoi!

Le pauvre gamin étant le prince des godiches, dès la première barrière, il laisse tomber son sac et se fait rapidement semer. Techniquement ça a l'air d'être une course par équipe mais ses petits camarades prennent vite le large sans lui.

Philip, pendant ce temps, arrive à Gordonstoun car c'est lui qui va remettre les prix aux vainqueurs. Vous la sentez venir, la grosse humiliation publique?

Alors que les concurrents arrivent, le détective de Charles s'inquiète de ne pas voir venir le prince et sentant qu'il ne sera même pas en queue de peloton, part à sa recherche.

L'heure de la remise du trophée arrive, mais Philip ne veut pas lancer les festivités avant de voir son fils dans la Grande Salle et demande à Hahn un petit délai, qui devient forcément embarrassant, comme toujours quand une réunion doit commencer mais qu'on n'attend qu'une seule personne.

Heureusement, le gentil détective retrouve enfin Charles, complètement frigorifié et traumatisé par sa petite excursion et surtout par son échec total.

Le duc d'Édimbourg s'est enfin incliné et a compris qu'il devait commencer la remise des prix, Charles ou pas Charles, et se met à discourir sur l'importance du challenge.

Il est interrompu par l'arrivée du rescapé, et il n'échappe donc à personne que son fils n'est pas seulement arrivé dernier, il est le seul à ne pas avoir réussi à compléter le parcours comme un grand.

Philip sourit pour la galerie, mais on sent bien qu'il l'a mauvaise (et bien entendu, le chef du dortoir de Charles qui était méchant avec lui reçoit un prix, parce que sinon c'est pas drôle, que la vie est cruelle ma bonne dame).

Au moins Charles peut-il compter sur son détective pour lui manifester un peu de chaleur humaine, ce qui n'est pas folichon, mais toujours mieux que rien.

Philip ramène Charles à la maison, comme il l'y a conduit, en toute simplicité, aux commandes de son avion privé. Pendant le trajet, il essaie de rassurer son fils. Il ne faut pas croire qu'il a été déçu par cet échec, il comprend parfaitement que Charles doit forcer sa nature et que ce n'est pas évident, mais il ne faut pas qu'il se décourage, au contraire, il doit être plus déterminé que jamais.

C'est le moment que choisi l'avion pour entrer dans une zone de turbulences, ce qui panique totalement Charles et après une petite tentative de Philip pour essayer de le calmer, ce dernier disjoncte et sort de ses gonds, à la fois excédé par autant de faiblesse de la part de son rejeton et parce que cela fait remonter à la surface le souvenir de sa sœur et de sa phobie.

Il envoie donc Charles pleurer à l'arrière.

On sent néanmoins qu'il regrette son geste, mais il ne va pas changer de cap et à partir de là, la relation entre les deux est probablement définitivement altérée.

Elizabeth guette le retour de Charles pour qui elle s'est inquiétée toute l'année, histoire de voir dans quel état on le lui rend.

Elle constate que Philip s'en va immédiatement jouer avec Anne, une enfant infiniment plus dégourdie que son grand frère.

Au moins Charles est-il chaleureusement accueilli par les domestiques, et Elizabeth hésite manifestement à aller le rejoindre.

Elle n'en fait finalement rien, fidèle à la promesse faite à Philip qu'elle ne se mêlera pas de l'éducation du prince et la distance de sa mère, autant que les manières brutales de son père, auront certainement des conséquences sur Charles.

On quitte Charles dans sa solitude, avec un texte informant que ce dernier a pour sa part envoyé ses fils à Eton, et non à Gordonstoun qu'il détestait. S'il est vrai qu'il a eu des mots très durs à l'égard de son école, plus récemment Charles a mis de l'eau dans son vin et déclaré qu'il en gardait au contraire un bon souvenir (il y a été Head Boy) mais difficile de dire si c'est sincère ou s'il s'est rendu compte qu'il n'était pas suffisamment populaire pour que ses malheurs lui attirent la sympathie du public. De plus, William et Harry n'ayant pas son tempérament, ils se seraient peut-être épanouis à Gordonstoun. Difficile donc de conclure si Charles évite de répéter les erreurs de son père ou si au contraire il les perpétue en décidant de ce qui est bon pour ses enfants en fonction de sa personnalité et non de la leur.

Cet épisode est peut-être un des plus romancé de la série, mais le prince Charles était jusqu'ici très en retrait, et ses relations conflictuelles avec ses parents auront de sacrées répercutions par la suite, donc il était nécessaire d'en montrer les origines, malgré quelques libertés.

Le Point Corgis: ils ont été très sollicités dans le précédent épisode, du coup ils ont pris des vacances.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 23 Octobre 2018, 22:19bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".