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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Casual Vacancy
Barry Fairbrother, membre du conseil paroissial de la petite ville de Pagford et très investi dans l'aide à la cité défavorisée The Fields, meurt brusquement, libérant son siège. Alors que plusieurs candidats se lancent en campagne pour son remplacement, les résultats pouvant sérieusement impacter les aides apportés aux Fields, toutes les rancœurs de différents habitants de Pagford vont faire surface.

Honnêtement, je ne m'attendais pas à aimer autant ce bouquin. Je ne m'étais d'ailleurs pas précipité dessus, décidant d'attendre la sortie en poche, même si j'étais tout de même curieuse de lire du JK Rowling en dehors d'Harry Potter. Même si on a été prévenu encore et encore que cela n'avait rien à voir avec ses précédents livres, difficile tout de même, quand on a lu et relu la célèbre saga, de ne pas traquer ce qui pourrait nous y faire penser. J'ai retrouvé son style en apparence assez simple mais qui fait tourner les pages sans effort même si le rythme est lent (j'avais prévu de lire 100 pages par jour, j'ai fini les presque 600 pages en moins de deux jours), son habitude d'amener des informations ou des objets en apparence anodins qui trouveront une importance beaucoup plus tard, et certains personnages peuvent en rappeler d'autres: Howard et Shirley Mollison pourraient être les Dursley vingt ans plus tard, Fats est un mélange entre Rogue (un brun maigre au teint cireux, avec des oreilles décollées en place du nez crochu, et volontiers blessant verbalement), James ou Sirius (jugé très drôle et cool par la majorité de ses condisciples mais dont l'humour peut être méchant vis-à-vis de gens pas vraiment gâtés, et carrément tourner au harcèlement dans certains cas) et Tom Jedusor (un manque d'empathie assez inquiétant), Sukhvinder peut également évoquer Neville Londubat au féminin.

Néanmoins, les ressemblances s'arrêtent là, et le livre a son ton particulier bien éloigné du monde de Poudlard, nettement plus brut. Au niveau du vocabulaire, du sexe et des détails sordides bien sûr (pour les deux premiers ce n'est pas exagéré par rapport à la moyenne de la production littéraire pour adultes, mais si on a beaucoup insisté dessus, c'est sans doute parce que c'était Rowling et qu'il y avait un petit côté "oh mon dieux, elle avait des trucs comme ça dans le crâne tandis qu'elle écrivait des livres pour la jeunesse où les héros vivaient des romances si chastement décrites"). L'auteur arrive cependant à faire vivre sans problème ses personnages qui s'ils ne sont pas forcément sympathiques (seuls une poignée étant vraiment carrément déplaisants) sont en tout cas très humains et souvent assez nuancés (Parminder Jawanda, investie comme Barry dans l'aide aux habitants des Fields, mais préférant rabaisser sa fille que voir ses problèmes, Andrew, adolescent ordinaire plutôt sympathique mais dont la haine pour son père abusif va provoquer l'étincelle qui met le feu aux poudres, etc.).

Les critiques en ont appelé parfois aux mânes de Tom Hardy, Elizabeth Gaskell ou George Eliot, mais si j'ai pensé à un autre auteur que Rowling, ce serait surtout Jonathan Coe pour l'aspect social et la galerie de personnages peinte de façon plutôt acide. En moins déjanté, moins détaillé sur les rouages de la politique (moins démonstratif en tout cas) et peut-être plus optimiste. Car malgré la tragédie finale qui détruit la famille Weedon et certains éléments qui ne trouvent pas de résolution (Simon Price continue de terroriser ses enfants et sa femme), l'espoir n'est pas totalement absent, certains personnages comme Sukhvinder ou Samantha finissant mieux qu'ils n'ont commencé et pas que pour leur propre bénéfice, tandis que des brutes comme Howard, Shirley et Fats ont droit à un rude rappel à la réalité. Bref, malgré une description peu tendre de la province anglaise, Rowling va tout de même au-delà d'un constat comme quoi le monde serait pourri quoiqu'on fasse.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 23 Juillet 2013, 10:42bouillonnant dans le chaudron "Littérature".