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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Big Bankroll:The Life and Times of Arnold Rothstein
A.R., Mr. Big, la Grosse Liasse de Billets ou encore le Cerveau: sous ses doux surnoms se cache Arnold Rothstein, joueur émérite de billard, de poker, bookmaker et parieur, ayant la main dans tout ce qui pouvait lui rapporter de l'argent, surtout illégalement. Mentor de Luciano, il a marqué les esprits comme étant l'homme qui a truqué le championnat de base-ball de 1919, il reste pourtant méconnu, éclipsé par la génération suivante de gangsters. Pourtant, il est aussi réputé pour être celui qui a mis de l'organisation dans le crime organisé.

Au sein de toute la galerie de tristes sires qui ont fait l'Histoire du crime aux États-Unis, Arnold Rothstein a une place assez atypique. Peut-être parce que son parcours et son caractère étaient extrêmement différents de ceux d'un Capone qui est devenu l'archétype du gangster, ou qui est simplement plus simple à comprendre. Peut-être pour une question de génération: Rothstein n'était plus de celle des gangsters à l'ancienne qui opéraient au niveau très local d'un quartier mais pas encore de celle entrée dans les mémoires, les Capone donc, mais aussi Luciano, Siegel, Lansky... Peut-être parce qu'il était délibérément en retrait, capable d'utiliser un pistolet s'il se sentait menacé ou de faire preuve de sang-froid quand on en pointait un sur lui mais qui restait généralement éloigné de la violence directe et s'affichait avant toute chose comme un homme d'affaires nanti mais à la vie sans excès (il préférait le lait et les cookies à l'alcool et au tabac). Par la suite, Rothstein va se pencher sur des sphères d'activité très différentes mais avec un seul point commun: en retirer de l'argent, beaucoup d'argent. En fait, argent semble vraiment le maître mot de sa vie et expliquer à peu près toute sa conduite, de son ascension (d'abord par le jeu, ensuite par tout un tas de trafics -alcool puis drogue-, arnaques sportives ou aux assurances, investissements immobiliers et parfois même des transactions légales, à sa chute, puisqu'il se prendra une balle dans le ventre après avoir refusé de payer des dettes contractées lors d'une partie de poker sous prétexte que cette dernière était truquée.

Dès le départ, Rothstein apparait un peu à la marge: dans sa propre famille d'abord, une famille aisée aux parents pieux et traditionnels, dont il a très tôt le sentiment qu'ils lui préfèrent son brillant, charmant et sage frère ainé. Bien qu'intelligent et très doué pour les maths, son cursus scolaire va être marqué par deux redoublements et interrompu à l'âge de seize ans par manque d'intérêt. Une psychologie peu compliquée apparemment quand on peut la résumer à une obsession pour l'argent et pourtant, difficile de se dire que le bonhomme n'était pas "bizarre" (mot qu'on n'emploierait pas pour Al Capone, par exemple). La description qu'on en fait dans son enfance donne l'impression qu'on a affaire à un sociopathe en devenir, par la suite il se révèle parfaitement amoral dans sa vision des choses mais il n'est jamais montré comme violent, contrairement aux gens auxquels il s'associe. Son rôle est généralement celui d'intermédiaire, de financier, comme dans l'affaire du championnat truqué qu'il n'a pas planifié mais a rendu possible. Ses relations avec sa femme Carolyn sont pour le moins particulières (confidente de ce qui ressemblait le plus à des états d'âmes mais ignorante d'une grande partie de ses affaires, qu'il prétendait adorer mais qu'il trompait et avec qui il avait du mal à avoir des relations sexuelles... Il y a d'ailleurs un passage assez amusant où un psychologue à qui il s'est confié lui donnait son analyse de la situation, qui sans surprise ne lui a pas plu) et ses rapports avec sa famille tout aussi ambivalent, entre tentative de se faire apprécier, rejet mutuel avec son père, frères cadets gâtés pour obtenir leur affection...

Leo Katcher a écrit cette biographie en 1958, ce qui a ses avantages et ses inconvénients. Parmi les avantages, il a pu recueillir des témoignages de première main de personnes ayant côtoyé le monsieur, son épouse par exemple, ou certains de ses associés. Parmi les inconvénients, il y a le fait que certains associés, justement, ont pu accepter de fournir des informations mais n'ont pas voulu être nommés ou ont dû mettre des limites à ce qui pouvait être imprimé (et on peut comprendre que Katcher n'ait pas voulu les contrarier): ainsi, on sait qu'il a pu s'entretenir avec Lucky Luciano mais celui-ci n'est mentionné qu'à quelques reprises quand on en vient à parler trafic de drogue, sans que l'on détaille sa relation avec Rothstein. Meyer Lansky n'est nommé qu'une fois très tardivement en passant et sans lien avec le sujet de la biographie. Après un premier chapitre s'ouvrant sur la mort de Rothstein, l'auteur revient en arrière et essaie autant que faire se peut de suivre la chronologie mais du fait du grand nombre de branches différentes où Rothstein opérait, cela s'avère impossible et les chapitres sont donc davantage axés sur une activité: d'abord le jeu puisque c'est là que Rothstein a débuté, puis la politique, la Prohibition, la drogue, etc. auxquels on ajoute des passages plus informatifs sur le contexte. C'est très détaillé, parfois peut-être trop (les descriptions de courses de chevaux doivent être passionnantes pour les connaisseurs) mais cela reste assez compréhensible et bien mené.

The Big Bankroll:The Life and Times of Arnold Rothstein est donc une biographie instructive et toujours vue comme une référence quelques décennies plus tard. Elle reste cependant trop allusive sur certains points même si elle permet de bien cerner son sujet et comment il a pu prendre autant d'importance dans le New York de l'entre-deux guerres, au point d'inspirer un personnage de Gatsby le Magnifique.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 3 Octobre 2021, 14:10bouillonnant dans le chaudron "Littérature".