Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Big Bang Theory, l'heure du bilan
2019 aura décidément été l'année qui aura vu se terminer quelques séries majeures, que ce soit par leur popularité, leur qualité, ou les deux. En attendant le clap de fin imminent de Game of Thrones, on a notamment eu la dernière saison de Veep, que j'ai encore à rattraper, mais pour l'heure c'est le tour de The Big Bang Theory de tirer sa révérence, la sitcom de CBS qui aura accompagné pendant douze ans ses spectateurs sans que son succès ne s'érode et non sans s'attirer non plus nombre de critiques (loin d'être injustifiées, pour la plupart). Alors que le final est encore frais, c'est le moment d'en faire le bilan.

Pour ce qui est du final lui-même, je m'en étais fait une certaine image: l'ascenseur était enfin réparé, toute la bande s'entassait dedans, il ne l'était pas si bien que ça, chute, tout le monde meurt, rideau. Une seule partie de ce que j'avais imaginé s'est réalisée, pas forcément la plus intéressante. Pour le reste il y avait du très appréciable (Sheldon à qui on met une bonne fois les points sur les i après qu'il ait sollicité la patience de son entourage de manière disproportionnée, et qui en tient compte) et du beaucoup moins (Penny enceinte alors qu'elle avait fermement fait comprendre qu'elle ne désirait pas d'enfant, et ce malgré les hurlements de ses amies - d'ailleurs il y a des choses à dire sur la peinture des relations amicales dans cette série - mais qui a l'air d'avoir tout à coup accepté cet état de fait, car bien sûr mesdames le désir de maternité nous rattrape toutes un jour, quoi qu'on en dise, n'est-ce pas?). Néanmoins, cela reste une fin adéquate et qui aura tout pour toucher les fans du gang, tandis que les détracteurs pousseront un soupir de soulagement de savoir que c'est enfin terminé... avant de se rappeler qu'elle sera probablement rediffusée en boucle pendant quelques années encore.

Mais au-delà de ce double épisode, qu'en retirer? Quand la série avait été annoncée, le synopsis m'avait fait craindre le pire, et ce n'est qu'au bout de trois saisons, après en avoir eu des échos positifs de gens qui avaient a priori tout lieu de s'estimer insultés par le contenu, que je lui ai donné sa chance et ma foi, sans crier au génie, je ne passais pas un mauvais moment devant. Neuf ans plus tard, il faut bien reconnaitre que l'on ne peut durer sans tourner en rond et sans que les points sur lequel on se montrait indulgent au départ ne deviennent de plus en plus agaçants.

Il y a bien sûr le fait qu'il s'agit d'une série mettant en scène des geeks, par des gens qui ne prétendent pas en être ni viser un public qui l'est. Et même si en la commençant, mes inquiétudes se sont calmées, il arrive bien des fois où l'on ne peut pas reprocher aux critiques de se vexer pour un rien. Passe encore que les références n'aient rien de pointues ou tombent quand une œuvre est devenue mainstream et pas avant, alors que justement des geeks auraient probablement dû en parler avant tout le monde. Mais on n'échappe pas au fait de se moquer de ces gens qui se passionnent pour des "trucs de gamins", mais enfin, on les aime bien, car leur bizarrerie nous fait rire.

On peut aussi parler des personnages féminins, notamment de la difficulté à montrer des personnages féminins geeks et non totalement imperméables à la culture populaire de genre, sauf quand il s'agit de princesses Dinsey, et qui acceptent les centres d'intérêt de leur compagnon avec des degrés de tolérance divers. En fait, il faut plusieurs saisons pour même admettre que des femmes geeks puissent exister, on a l'air de considérer le phénomène nouveau, et on a droit à une copine de Raj dont le goût pour le cinéma gore laisse craindre à ce dernier qu'elle puisse être une psychopathe, et Denise, bien qu'elle soit finalement très secondaire.

La comédie permet de rire des travers de l'humanité, et on ne reprochera pas de montrer des personnages avec des défauts, mais il y avait quelque chose d'antipathique à les voir souvent réagir en premier lieu par le sarcasme et des piques quand l'un d'eux annonçait une nouvelle, bonne ou mauvaise, ou dans leur manière de traiter Stuart pendant une bonne période.

Tout cela étant dit, sans même entrer plus en profondeur dans les choses qui fâchent, cela reste une série que je n'ai jamais eu de mal à suivre, même si mes motivations tenaient plus à l'habitude qu'à un véritable intérêt. En terme d'écriture et de mise en scène, ça n'a finalement rien de particulier pour se hisser au-dessus de la moyenne des sitcoms, elle est sans doute arrivée au bon moment avec le bon personnage délirant de service pour attirer l'attention et a largement profité de l'opportunité saisie, mais je n'ai jamais ressenti devant elle l'énervement profond que m'a par exemple procuré How I Met Your Mother à partir de sa cinquième saison, peut-être parce qu'elle n'a jamais prétendu aller nulle part et offrir une structure un peu originale.

Malgré sa popularité et sa longévité, on n'a donc pas l'impression que c'est une page de l'Histoire de la télévision qui se referme avec cette conclusion, et on peut également supposer qu'elle ne vieillira pas très bien et ne suscitera pas le même engouement pour ceux qui la découvriront dans quelques années. Elle aura néanmoins su sprovoquer le débat et après plus d'une décennie de bons et loyaux service, on peut comprendre que pour les amateurs, l'émotion soit présente.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 18 Mai 2019, 14:46bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".