Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Amityville Horror
Au 112 Ocean Avenue, Amityville, dans la nuit du 13 novembre, Ronald DeFeo Jr abat ses parents et ses frères et sœurs durant leur sommeil. Lors de son procès, il plaide la folie, déclarant que des voix l'ont poussé à commettre les meurtres. Un an après, George et Kathy Lutz, un jeune couple, et leur trois enfants, emménagent dans la maison, qu'ils quitteront au bout d'un mois, terrifiés par une accumulation d'événements étranges et de plus en plus effrayants.

Avant de donner lieu à une série de films, l'affaire d'Amityville était un fait divers sordide qui aurait pu disparaître dans la masse si le filon de la maison hantée n'avait pas été exploité par Jay Anson, auteur de l'ouvrage dont je parle ici. Se basant principalement sur les témoignages des Lutz, Anson présente leur séjour au 112 Ocean Avenue comme une histoire vraie, et le livre est vite devenu un best-seller. Tout aussi vite, on a pointé du doigt les incohérences du livre, les approximations, voire les éléments totalement faux, bref que cette "histoire vraie" était une belle arnaque pour vendre du papier. On peut trouver néanmoins le titre du livre dans des listes des meilleures histoires de fantômes ou des romans les plus effrayants et si les "basé sur une histoire vraie" arborés sur les affiches de films comme The Conjuring ne sont jamais qu'un moyen facile d'attirer le chaland qui ne donnent aucune garantie de le faire frissonner, cela ne m'a jamais détournée de l'envie de trembler un peu, sans être dupe de la véracité des événements. Parce que j'aime les histoires de fantômes, et on n'a pas besoin de m'assurer que tout est vrai pour que j'ai envie d'en entendre une bonne. Donc, arnaque ou pas, en tant que fiction, que vaut The Amityville Horror?

Rien du tout. Ce doit être un des plus mauvais bouquin que j'ai lu depuis La danse des obèses. Au moins.

Anson se contente d'enchaîner platement les différents événements en abusant des points d'exclamation pour donner l'illusion que ce qui se passe est vraiment surprenant ou terrifiant, mais qui donne surtout l'impression qu'il essaie en vain de nous vendre une histoire sensationnelle (enfin, en vain, il y a réussi, le bougre, quoi que j'en pense). On pourrait avoir un compte-rendu sec qui donne une impression d'impartialité, un côté clinique dans la description des mésaventures des Lutz qui donnerait l'illusion d'un rapport un peu professionnel, mais en même temps, Anson nous dit de temps en temps ce qui se passe dans la tête des gens, livre des dialogues assez peu naturels et on sent que c'est romancé. Il n'y a aucune analyse des incidents mais pas non plus un vrai côté brut. Cela ne fonctionne donc pas comme une investigation mais est bien trop mal écrit et peu développé pour faire un bon roman.

Malgré la relative brièveté, la lassitude gagne à cause des répétitions et l'envie de rire gagne aussi tant tout semble être présenté comme surnaturel sans aucun recul, sans essayer de faire la part des choses. Le pauvre prêtre venu bénir la maison lorsque les Lutz ont emménagé a visiblement enchaîné les pépins de santé et on fait comme si attraper la grippe en hiver et faire des rechutes et avoir des cernes sous les yeux, pensez-vous, c'est forcément l’œuvre du démon ma bonne dame!). Alors que les parents flippent, que la conduite du père devient au début très inquiétante (avant de se calmer, n'est pas Jack Torrance qui veut) les enfants n'ont pas l'air spécialement affecté bien que la plus jeune se fasse un ami imaginaire un peu spécial.

Que les Lutz aient raconté n'importe quoi et qu'Anson s'en soit fait le porte-parole, honnêtement, ça m'est égal. Mais quel que soit le point de vue qu'on adopte pour aborder le livre, c'est raté. Peut-être que si je l'avais lu à dix ans, j'aurais marché. Après tout, j'avais adoré La Maison des Morts de la collection Chair de Poule (et ça ne m'étonnerait pas que même en le relisant maintenant je le trouverais plus effrayant que ce truc) mais honnêtement, je ne vois pas quel adulte peut trembler à sa lecture, à moins qu'on ait vraiment su le mettre en condition juste avant.
potion préparée par Zakath Nath, le Mercredi 9 Mars 2016, 20:52bouillonnant dans le chaudron "Littérature".