Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Peaky Blinders, saison 6
Le clan Shelby a payé cher sa tentative manquée d'assassiner Oswald Mosley et les divisions entre Tommy et Michael sont plus profondes que jamais. La fin de la Prohibition aux États-Unis ouvre de nouvelles perspectives pour Tommy mais les menaces contre sa vie n'ont jamais été aussi nombreuses.

Annoncée un temps en sept saisons, Peaky Blinders a finalement été réduite à une ultime saison 6 qui sera suivie d'un film, c'est décidément tendance. Quoiqu'il en soit, cela faisait un moment que je trouvais que la série à succès tournait à vide et reposait sur son esthétique et ses effets de style. Ce n'est malheureusement pas avec ces six derniers épisodes que mon opinion va changer. Les œuvres mettant en scène des gangsters ou plus largement des personnages aux activités condamnables se heurtent au même problème: montrer des anti-héros suffisamment charismatiques et intéressants pour qu'on veuille les suivre sans tomber dans l’icônisation à outrance. De plus, on confronte souvent ces vilains protagonistes à des ennemis encore pire: si ces derniers sont du bon côté de la loi, ils doivent être soit corrompus, soit fanatiques, par exemple. Si ce sont d'autres criminels, ils doivent atteindre un degré de violence et de cruauté insurpassable. Avec Mosley, rejoint cette saison par Diana Mitford et côté personnage fictif, par l'oncle de Gina Jack Nelson, basé sur Joseph Kennedy, difficile de trouver adversaires plus détestables. Le contrat est donc rempli pour que l'on reste du côté des Shelby mais cela ne va pas sans lassitude.

Il y a en gros trois types de méchants: ceux que l'on aime sincèrement malgré leur vilénie (et parfois à cause d'elle), ceux que l'on adore détester et ceux que l'on déteste tout court, et dans Peaky Blinders, ils appartiennent tous à cette dernière catégorie, la moins intéressante finalement. De plus, si l'on sait depuis la fin de la saison 5 que Steven Knight ne compte pas nous faire une Inglorious Basterds et que Tommy ne vaincra pas lui-même Mosley de ses petits bras musclés, malgré quelques revers, jamais le chef du clan Shelby ne semble vraiment menacé. Michael ne peut pas être pris au sérieux et ne le sera jamais bien qu'on fasse miroiter longtemps un affrontement, au point où l'on devine l'astuce lors de leur confrontation dans le dernier épisode, faisant tomber toute tension. Gina aurait pu être une sorte de Lady MacBeth vénéneuse mais on ne fait que jouer sur le physique d'Anya Taylor-Joyce qui n'a pas grand chose à défendre. Il n'y a que l'introduction d'une maladie mortelle qui puisse ébranler Tommy, finalement, aucun humain n'en étant visiblement capable.

Ce n'est pas faute de vouloir le secouer en faisant partir sa famille à vau-l'eau: le décès d'Helen McCrory a entrainé celui de tante Polly, départ mieux géré que dans d'autres séries. Elle manque mais on s'arrange pour faire planer sa présence. Ce ne sera pas la seule perte douloureuse pour Tommy et par ailleurs, entre un Arthur toujours aussi paumé (et insupportable) et une épouse de plus en plus à bout, le personnage principal est isolé, sans qu'on s'inquiète trop, habitués que l'on est à le voir retourner les situations en sa faveur. On lui adjoint un nouveau fils qui prend brusquement de l'importance et du galon et cette introduction forcée donne l'impression qu'on en garde surtout en réserve pour le film à venir. C'est un autre écueil de la saison, qui prend son temps et amène des éléments sans que l'on sache s'ils vont payer pour le final ou si Steven Knight a déjà en tête le long métrage. Du coup, contrairement à The Last Kingdom récemment qui offrait une fin de série satisfaisante sans négliger d'ouvrir la porte pour le film à venir, cette dernière saison sent trop la simple étape vers de nouvelles perspectives.

On a toujours droit à des scènes fortes de ci de là, des numéros d'acteurs (souvent là uniquement pour faire leur numéro, justement: Tom Hardy revient cabotiner et puis s'en va, l'annonce de l'arrivée de Stephen Graham était excitante, il profite des deux scènes qu'on lui offre certes, mais sa présence finalement n'en reste pas moins vaine, à moins que, le film, toujours...). Les effets de style ne surprennent plus ou dans le mauvais sens (cette caméra qui panote brutalement durant un dîner avec Mosley, la rencontre entre Tommy et Diana Mitford où tout s'éteint autour d'eux tandis qu'ils restent éclairés, j'attendais qu'ils se mettent à chanter un air de West Side Story...) Je taille, je taille, et je pourrais tailler encore même si le spectacle n'est pas irregardable, loin de là. Cillian Murphy porte la série de son charisme, les autres acteurs malgré leurs personnages agaçants ou limités, sont loin d'être mauvais mais à ce stade, c'est trop peu pour maintenir l'intérêt ou le moindre attachement pour ces gens.

Trop de poudre aux yeux qui ne fonctionne plus depuis un bail, trop de poses, la forme trop privilégiée par rapport au fond, un scénariste peut-être aussi trop amoureux de son personnage principal pour vraiment le faire chuter de son piédestal même quand il le malmène et le coupe de son entourage. Je ne suis pas fâchée qu'on arrête bientôt les frais.
potion préparée par Zakath Nath, le Lundi 4 Avril 2022, 14:28bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".