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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Mission
Au XVIIIe siècle, Gabriel, un Jésuite, part évangéliser les Guarani, une tribu d'Amérique du Sud. Alors que sa mission se développe et que se joint à lui Mendoza, ancien trafiquant d'esclaves repenti, l'Espagne envisage de céder une partie de ses territoires colonisés au Portugal, mettant en danger la population locale.

Roland Joffé fait partie de cette catégorie de cinéastes qui ont signé un grand film, ou tout au moins un film reconnu (ou deux, à la limite), et n'ont jamais vraiment transformé l'essai, leur carrière déclinant petit à petit au point de ne se rappeler de leur existence qu'en voyant leur nom apparaître sur la jaquette d'un direct-to-dvd improbable perdu parmi d'autres à la FNAC et de se demander alors à quel moment ça a foiré. On peut alors se demander si leur réussite première était vraiment due à leur talent, s'ils sont les victimes de la malchance ou d'un système qui aura gâché leurs capacités, ce serait sans doute un débat très intéressant mais ce n'est pas le sujet de cet article, qui se contente simplement de revenir sur Mission, Palme d'Or cannoise en 1986 et dont la BO signée feu Ennio Morricone en aura marqué plus d'un.

Mission nous invite à suivre les parcours de Gabriel et Mendoza. Le premier se fait vite adopter par les Guarani qu'il vient christianiser, le second, après avoir enlevé des membres de la tribu pour les vendre en esclavage et dans la foulée tué son frère par jalousie, cherche le chemin de la rédemption dans la foi. La première partie du film est assez décousue et elliptique (un prédécesseur de Gabriel est tué par les Guarani mais Gabriel lui-même se fait juste endommager son haut-bois par le chef de mauvais poil avant que tout ne reparte sur de bonnes bases; Mendoza est vite pardonné par les Guarani compte-tenu du mal qu'il leur a fait). Heureusement, par la suite les choses se posent alors qu'on entre dans le vif du sujet: malgré le succès de sa Mission, les pieuses paroles comptent peu face au profit et aux tractations entre nations: les Guarani sont trop utiles comme esclaves pour qu'on laisse les missions prospérer et les protéger, et si l'argument économique ne prend pas, on en sort un théologique de derrière les fagots: Gabriel et ses Jésuites cherchent à créer le Paradis sur Terre, ce qui est inacceptable car alors à quoi il sert, le vrai Paradis? Le Gouverneur et l'émissaire portugais sont à ce titre confondants de cynisme mais le Cardinal est peut-être pire car conscient de l'hypocrisie et du mal réel commis. Face à cela, deux attitudes incarnées par Gabriel et Mendoza, le premier fidèle à ses vœux mais fataliste, le deuxième reprenant la voie des armes mais pour une bonne cause cette fois-ci. Même si l'on croise les doigts lors de l'attaque de la Mission, on sait que la victoire est impossible, ou ne peut être que de courte durée.

Le Parc national d'Iguazú en Argentine est spectaculaire à souhait et magnifié par la photo de Chris Menges, Jeremy Irons et Robert de Niro en pleine gloire sont impeccables. On croise également de tous jeunes Liam Neeson et Aidan Quinn dans des rôles secondaires. Quant à la musique de Morricone, elle est d'autant plus puissante que Joffé a la bonne idée de ne pas en abuser, de privilégier les longues plages de silence avant de la faire monter crescendo à des moments-clés.

Un regret quand même, qui concerne les Guaranis. On se concentre finalement sur les efforts des Jésuites pour les protéger, mais ils n'ont guère la parole. Ou plutôt si, ils parlent, on a d'ailleurs une scène de négociations courues d'avance entre leur chef et le cardinal, mais sans sous-titres. C'est un parti-pris qui permet d'épouser évidemment le point-de-vue des Jésuites entrant en contact avec eux (mais qui continue même lorsque lesdits Jésuites parlent leur langue), le but était sans doute de montrer leur humanité au-delà de la barrière du langage, mais cela contribue aussi à les couper de nous: les Jésuites parlent à leur place, transmettent leur parole mais on a rarement leur point de vue direct, ils restent mystérieux. Seulement une fois il est suggéré que peut-être ils pensent qu'ils étaient bien mieux avant l'arrivée des colons, pas seulement les esclavagistes mais aussi les Jésuites qui cherchent à les en protéger. Cet aspect n'est cependant pas très creusé.

Le but était de faire un film sur la foi et comment chacun peut la vivre différemment, en plus de dénoncer le traitement des Indigènes, certes, et on peut toujours se dire qu'il faut juger une œuvre sur ce qu'elle propose et non ce que l'on voudrait y voir. Mission est une fresque historique qui émeut, qui horrifie quand elle doit horrifier mais à laquelle il manque un petit quelque chose, un supplément d'âme peut-être.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 13 Septembre 2020, 19:27bouillonnant dans le chaudron "Films".