Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Les Vikings
Lors d'un raid, le chef viking Ragnar viole la reine Enid. Celle-ci donne naissance à un fils, Éric. Vingt ans plus tard, Ragnar et son fils Einar projettent d'enlever contre rançon la princesse Morgana, fiancée au roi anglais Aella. Eric, de son côté, est devenu leur esclave, sans qu'aucun ne connaisse sa véritable identité.

La première fois que j'ai entendu parler de ce film de Richard Fleischer, c'était il y a presque trente ans, lors de vacances en Bretagne ponctuées de la visite obligatoire à Fort La Latte. Et bien qu'il ait été depuis lors sur mes tablettes, je ne l'ai vu que récemment. En un sens, j'ai bien fait d'attendre puisque du coup je l'ai découvert directement sur grand écran (pas un très grand écran, mais un grand écran quand même). Dès le début, avec son introduction animée narrée par Orson Welles lui-même, on sent qu'on va assister à un grand spectacle dans la lignée de ce que Hollywood pouvait offrir dans les années 50, mais comportant déjà quelques petites singularités.

Pour l'époque, c'est d'ailleurs étonnamment violent, avec les deux têtes d'affiche mutilées, Kirk Douglas se baladant une bonne partie du métrage balafré et l’œil crevé, la plupart des personnages naviguent entre l’ambiguë et le carrément déplaisant et puisqu'on en parle, le plus imbuvable du lot nous fait une petite sortie à la Ramsey Bolton. On reste sur du Hollywood des années 50 avec quelques clichés ou libertés quant aux Vikings (qui ne s'éloigneraient jamais des côtes et penseraient la Terre plate...) même si on échappe aux casques à cornes, seul celui d'Einar est un peu funky. Einar est probablement le personnage du film: cruel, violent, on ne se sent jamais en sécurité auprès de lui et pourtant, il déborde de charisme, a droit à la plupart des passages les plus impressionnants (ça aide quand l'acteur est à la production!), Kirk Douglas est impérial, se fait plaisir et ça se ressent. Ernest Borgnine dans le rôle de son père (alors qu'il était plus jeune de quelques mois!) s'en donne aussi à cœur joie en Ragnar, bref, ces deux-là vous donnent envie de beugler Odiiiiin! en plein cinéma, mais tout de même, on se retient de projeter de la salive, en ce moment. Dans un tout autre style, Egbert intrigue aussi en personnage qui veille avant tout à ses propres intérêt, trahit son roi (certes qui n'incline pas à la loyauté) auprès des Vikings qu'il utilise autant qu'ils l'utilisent. Le genre de fourbe qui devrait se retrouver habituellement puni dans les blockbusters de l'époque, mais non.

Dommage du coup que les héros plus classiques pâtissent de la comparaison. Tony Curtis est bien mignon et exhibe ses gambettes mais Eric ne se voit pas offrir un morceau de bravoure comme Einar et son assaut du pont-levis. S'il est intéressant de voir son interaction avec les autres personnages en connaissant ses origines tandis que lui les ignore, on le prive d'être partagé entre deux cultures et surtout d'un dilemme moral durant le duel final contre son demi-frère qui malgré sa brutalité devient aussi plus touchant. Janet Leigh hérite d'un personnage de princesse dont le caractère affirmé s'étiole alors que l'histoire avance et sa love story à l'écran avec Eric n'est pas très convaincante (alors que pourtant...).

Menues réserves car Richard Fleischer offre par ailleurs un vrai grand et beau film d'aventures, passant de la froideur et des intrigues du château anglais au village viking plein de vie, faisant contraster les retours triomphants et ensoleillés de Ragnar et Einar avec le départ pour l'assaut final de la forteresse sous une pluie battante. Il met en valeur les paysages norvégiens et bretons; il faut attendre pour voir Fort-La-Latte autrement que de loin mais la bataille finale tire pleinement partie du décor. Contraste aussi entre une société viking brute de décoffrage mais finalement pétrie de certaines valeurs et un royaume anglais plombé par ses itrahisons et où sous un plus grand raffinement apparent on se montre tout aussi cruel. Enfin, l'humour n'est pas absent, ce que soit à travers les Vikings forcément hauts en couleurs ou de manière plus pince-sans-rire avec Egbert (et ses cartes).

Les Vikings, donc, c'est du divertissement haut-de-gamme, peut-être pas à mettre sous les yeux des plus jeunes spectateurs, non parce que ça a mal vieilli, au contraire, mais parce que c'est plus violent qu'un Ivanhoe ou que Les Aventures de Robin des Bois, par exemple. De la bagarre, des drakkars, des tonneaux de bière et du technicolor, par Odiiiiiin! que c'est bien de retourner en salle pour voir ça.

potion préparée par Zakath Nath, le Vendredi 11 Septembre 2020, 22:06bouillonnant dans le chaudron "Films".