Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Les Soprano, saison 1
Jennifer Melfi, psychiatre, a un nouveau patient peu ordinaire: Tony Soprano, père de famille vivant dans une demeure cossue, est depuis peu sujet à de violentes crises d'angoisse. Il n'est cependant pas aisé pour lui de confier ses pensées et ses doutes les plus intimes à qui que ce soit. En effet, sa profession officielle de conseiller en gestion des déchets dissimule sa véritable activité: capo d'un des principaux clan mafieux du New Jersey.

Cent ans après la bataille et probablement trop tard pour m'enfiler les 86 épisodes avant la sortie de la préquelle The Many Saints of Newark sur grand écran (techniquement ce n'est pas infaisable mais mieux vaut savourer que se taper une indigestion), je me lance enfin dans Les Soprano, série créée par David Chase à la toute fin des années 90 et saluée comme l'une des plus grandes œuvres télévisuelles de tous les temps de depuis qu'on a la télévision. L'argument n'est pas sans rappeler celui de Mafia Blues d'Harold Ramis sorti au cinéma à la même époque et qui eut suffisamment de succès pour engendrer une suite mais qu'on a un peu oublié de nos jours. Néanmoins, Les Soprano n'est pas une comédie même si cette première saison ne manque pas de passages amusants si on est adepte d'humour noir. On est dans un drame mettant en scène des mafieux avec tout ce que cela implique de crimes et de brutalité et on ne cherche pas à atténuer ou dissimuler leurs actions pour les rendre plus sympathiques. Tony Soprano n'est pas un parrain de carnaval, qu'on se le dise.

En effet, sous les airs bonhommes du regretté James Gandolfini, Tony est un tueur capable d'étrangler une balance et Melfi (Lorraine Bracco) devra marcher sur des œufs pour gérer son patient et lui fixer des limites alors qu'il peut être charmant un instant pour devenir menaçant la minute d'après. La série mêle habilement les intrigues relatives au gangstérisme avec les problématiques familiales. Car malgré l'activité très particulière de Tony, il se retrouve avec les difficultés ordinaires de n'importe quel fils, époux et père de famille: la mère qui ne peut plus s'assumer toute seule mais refuse maison de retraite et aide à domicile, le vieil oncle casse-pieds, les enfants adolescents à la scolarité et aux humeurs plus ou moins chaotiques, une épouse qui a des raisons d'être malheureuse mais en même temps veut conserver son confort, un neveu dont Tony espère qu'il reprenne les rênes de l'entreprise mais qui se montre trop immature...

Une des forces de la saison consiste à ce que les deux aspects se répondent et que les histoires de famille ne viennent pas plomber le côté plus polar ou qu'inversement, les bouffées de violence ne détonnent pas au milieu d'une petite chronique familiale. Ainsi, quand A.J., le fils de Tony, se soûle avec des camarades au vin de messe, arrive ivre en cour et que la direction de son école envisage qu'il puisse être hyperactif, Tony en vient à s'interroger sur ce qui a fait de lui ce qu'il est et si A.J. est destiné à suivre ses pas là où l'on ne pourrait voir que simple bêtise d'adolescent. La base de l'intrigue autour de Livia, la mère de Tony, va résonner chez le spectateur qui doit aussi se résoudre à placer des parents âgés qui ne sont plus autonomes mais ne veulent pas l'admettre mais va également prendre des proportions délirantes, parfois drôles mais surtout terrifiantes, du fait du milieu dans lequel les Soprano évoluent.

C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle le récit fonctionne si bien: on peut se reconnaitre par certains côtés dans la famille Soprano (Livia et Junior m'ont rappelé des parents, que ce soit dans le comportement pour la première - rien d'aussi paroxystique rassurez-vous... mais quand même - ou physiquement pour le second) et en même temps s'y greffent les histoires de mafia qui ajoutent un suspense et une véritable crainte pour le sort des personnages, aussi affreux puissent-ils être pour certains. On est également très loin d'une version romantisée des membres de la Mafia, leurs affaires sont bien sordides et ils ne sont pas mis en scène de façon glamour (on est loin des superbes costards de Boardwalk Empire, tout le monde s'habille comme des sacs); À cela s'ajoute une distribution dominée certes par Gandolfini mais sans fausse note (petite préférence personnelle pour Dominic Chianese en Junior) et une réalisation soignée (même si de ce côté, elle impressionnait peut-être davantage en 1999 que de nos jours mais elle n'a pas mal vieillie, peut-être parce qu'elle évitait les effets trop tape-à-l’œil).

Pas de déception en vue à l'issue de cette première saison d'un des monuments de la série télévisée, donc. Remarquablement écrite et interprétée, on comprend l'enthousiasme qu'elle a pu susciter il y a plus de vingt ans, et on le ressent toujours.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 19 Septembre 2021, 11:18bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".