Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Lee Marvin: Point Blank
Né en 1924, après une scolarité agitée et un engagement chez les Marines durant la Seconde Guerre Mondiale qui se soldera par une blessure lors de la bataille de Saipan, Lee Marvin devient acteur un peu par hasard et après quelques seconds rôles remarqués de méchants dans les années 50, sa carrière va décoller une décennie plus tard. Quel que soit le côté de la loi où évoluent ses personnages, l'acteur va marquer par ses performances, notamment dans la représentation de la violence au cinéma.

Comment me suis-je retrouvé à lire une biographie de Lee Marvin? C'est un acteur que j'avais vu dans peu de films, finalement, et si j'y avais apprécié son jeu, je n'avais même plus pensé à lui pendant des années jusqu'à ce que je me lance dans ma rétrospective western (ah si, je l'avais croisé dans deux bons épisodes de The Twilight Zone relativement récemment). Et à ce jour, je n'ai même pas encore vu certains de ses films les plus connus. Mais en le revoyant à l'écran, je me suis prise à vouloir en savoir davantage sur sa carrière et son parcours, en allant un peu plus loin que quelques anecdotes sur ses frasques en état d'ivresse.

Il est parfois difficile, dans une biographie, en particulier quand le sujet est une vedette, de ne pas tomber dans l'hagiographie ou au contraire de taper sans recul dans les potins. Dwayne Epstein trouve ici un assez bon équilibre, manifestement admiratif du talent et de la personnalité de son sujet mais sans pour autant cacher ses travers moins glorieux ou le défendre systématiquement. On découvre donc un peu de son histoire familiale, de sa vie avant Hollywood marquée d'abord par une relation conflictuelle avec ses parents puis par son passage dans l'armée durant la Second Guerre Mondiale, dont il retirera un bon gros syndrome post-traumatique. Une condition mal comprise et donc mal soignée à l'époque et qui peut expliquer dans une large mesure sa conduite et ses problèmes, sans que le biographe n'utilise cela comme excuse bien pratique au comportement de Marvin. L'auteur s'emploie également à dégager le vrai du faux dans certaines histoires, Marvin étant un bon raconteur mais qui avait une tendance à l'exagération (cf. le nombre d'écoles dont il a été renvoyé, conséquent mais pas autant qu'il l'a prétendu).

On suit d'une part sa carrière, avec des anecdotes de tournages et ses relations avec les autres acteurs et les réalisateurs (pas toujours aussi conflictuelles dans certains cas qu'on a pu les dépeindre ailleurs, comme avec Brando par exemple). Un parcours semé de collaborations avec de grands noms (John Ford, Fritz Lang, Robert Aldrich, John Boorman...) pour des films devenus des classiques (L'Homme qui tua Liberty Valance, Les Douze Salopards, Le Point de non-retour...). Cela donne un petit aperçu de la vie à Hollywood durant cette période, même si les amateurs de cinéma seront frustrés que cela ne soit pas davantage creusé. D'autre part, sa vie privée, dont la période la plus difficile coïncide en fait avec celle où sa carrière décolle vraiment, dans les années 60, après avoir eu le rôle principal dans la série-télé M Squad (Marvin n'aimait pas travailler pour la télévision). Il faut dire qu'à ce moment-là il est au pire de son alcoolisme et l'on peut comprendre que sa première femme, fort patiente au demeurant à en juger par ce livre, en ait eu sa claque. Le livre explore aussi le procès avec Michelle Triolla, qui fera date quand il s'agira de juger les cas de séparations de couples non-mariés, une histoire dont personne ne sort franchement grandi.

Cette biographie est donc fort intéressante et bien menée et en apprend davantage sur l'acteur (c'est le but, me direz-vous) mais finalement assez déprimante entre une filmographie de moins en moins glorieuse à partir des années 70 malgré quelques occasionnels coups d'éclat et les dégâts causés par l'alcoolisme de Marvin, que ce soit sur lui-même (il n'a même pas atteint les 65 ans) ou son entourage qui devait le supporter. Et encore, on sent que Dwayne Epstein a dû tailler dans les descriptions de ses excès et ne cherche pas l'anecdote qui les rendrait amusants (parce que oui, pris séparément il y a des récits, notamment de Boorman, qui peuvent être drôles mais quand on les additionne, sans parler de ceux qui ne le sont pas au départ, c'est tout de même douloureux). Malgré ses qualités, c'est d'ailleurs pour cela que j'ai mis plus d'un mois à compléter ce compte-rendu tellement cette biographie a pu me mettre le moral dans les chaussettes.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 26 Décembre 2019, 14:17bouillonnant dans le chaudron "Littérature".