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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Le Masque de Dimitrios
--> It's Noirvember!
Lors d'un séjour à Istanbul, Cornelius Leyden, auteur de romans policiers, entend parler de Dimitrios Makropoulos, criminel tout juste retrouvé mort assassiné. Désireux de reconstituer le parcours du sinistre personnage, Leyden se lance dans un périple à travers l'Europe. Mais il n'est pas le seul à s'intéresser au défunt.

Cette adaptation d'un roman d'Eric Ambler se montre fidèle à l’œuvre d'origine. On simplifie un peu le parcours de Dimitrios, surtout lorsqu'il s'agit d'évoquer ses activités de proxénète, peu compatibles avec les limites de ce qui était explicitement abordable à l'écran. On change également la nationalité du protagoniste: l'anglais Charles Latimer devient ici le néerlandais Cornelius Leyden, probablement parce que les spectateurs auraient eu du mal à accepter Peter Lorre dans le rôle d'un anglophone de naissance. Pourquoi néerlandais, probablement car le personnage ne pouvait être, comme son interprète, d'Europe centrale ou il aurait moins eu l'air d'un poisson hors de l'eau lors de ses voyages.

Pour le reste, donc, comme dans le roman, on suit l'écrivain rencontrant diverses personnes ayant côtoyé ou traqué Dimitrios, croisant à l'occasion le mystérieux Mr Peters, et les récits des différents interlocuteurs de Leyden entraînent des flashbacks montrant le criminel dans ses œuvres: d'un humble ramasseur de figues à Smyrne commettant quelques larcins, il va monter en gamme pour se livrer à l'espionnage et au trafic d'armes. Les deux intrigues parallèles vont évidemment se rejoindre mais comment?

Jean Negulesco orchestre le tout. Le réalisateur devait à l'origine s'occuper du Faucon maltais mais son scénariste, John Huston, y avait vu là l'occasion de démarrer une nouvelle carrière de metteur en scène avec le succès que l'on sait. Mobilisé et devant de ce fait abandonner de futurs projets, Huston avait néanmoins repensé à Negulesco et lui avait donc cédé la place pour diriger Three Strangers et Le Masque de Dimitrios, tous deux reformant le tandem du Faucon maltais formé par Peter Lorre et Sydney Greenstreet. Le premier s'offre pour l'occasion un petit contre-emploi puisqu'il apparait tel qu'on le voit rarement: dans le rôle d'un homme à peu près normal. D'accord, il est immédiatement fasciné par un criminel après avoir vu son cadavre, ce qui n'est pas ce qu'il y a de plus sain mais enfin, il n'embête pas les petites filles, ne se fait pas passer pour un assassin décapité mais qui va mieux depuis et ne fait pas à ses patients qui veulent passer inaperçus la tête de la créature de Frankenstein. Il faut bien reconnaître du coup que ce n'est pas son rôle le plus mémorable mais Lorre lui donne une candeur et une bonne volonté qui tranchent avec le monde plein de turpitude dans lequel il plonge. C'est également l'un de ses rares premiers rôles mais inimitié avec Jack Warner oblige, le pauvre garçon atterrit à la quatrième place du générique. Face à lui, Greenstreet fait son numéro d'homme qui en impose par son physique et sa tranquillité apparente, avec une bonhomie qui cache de lourds secret. Il se montre cependant un peu trop théâtral sur la fin, il faut dire qu'il a fait une longue carrière sur les planches et ses débuts devant la caméra ne datent que de trois ans auparavant dans Le Faucon maltais, toujours lui.

Le grand débutant à l'écran est cependant Zachary Scott dans le rôle du fameux Dimitrios. Il s'en sort fort bien pour rendre perceptible le manque de scrupules de son personnage derrière une façade charmante et de plus en plus élégante à mesure que ses crimes lui rapportent. La distribution et les personnages hauts-en-couleur aident à ce que les deux parties qui s'entremêlent ne souffrent pas de la comparaison l'une avec l'autre comme cela avait pu être le cas pour les deux versions de The Killers commentées récemment. On s'amusera aussi du côté un peu "3D" en trompe-l’œil des villes lors des séquences cartes illustrant les déplacements de Leyden, assez atypique pour l'époque.

En dépit du fait que l'on nous offre une balade pittoresque alors que de terribles bouleversements sont en branle sur les traces d'un sinistre individu, Le Masque de Dimitrios revêt cependant un caractère assez peu dynamique, un peu à l'image de son enquêteur délicat mais qui n'est pas vraiment un foudre de guerre. Le suivre dans cette Europe de studios hollywoodien se révèle pourtant des plus amusants, car le caractère dépaysant de l'intrigue change des films noirs qui se déroulent généralement dans de grandes métropoles américaines et pour peu que l''on ait déjà une certaine sympathie pour les acteurs.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 12 Novembre 2020, 18:27bouillonnant dans le chaudron "Films".