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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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La Soif du Mal
--> It's Noirvember!
Alors qu'il franchit la frontière entre le Mexique et les États-Unis avec son épouse, le policier Mike Vargas est témoin d'un attentat à la voiture piégée. Il mène l'enquête en compagnie d'un policier américain aux méthodes douteuses, Hank Quinlan.

Quand on se fait un programme de films représentant les fleurons d'un certain genre à voir, on sait qu'il y a forcément des incontournables, des chefs-d’œuvre, des classiques, des grands must. Il y en a cependant que l'on repousse sans raison particulière pour faire passer devant des productions plus modestes, plus discutables. Était-ce donc faute de tomber sur le dvd quand je le cherchais que je n'ai pas vu plus tôt La soif du Mal? Était-ce parce que lors d'un précédent Noirvember Challenge j'avais découvert La Dame de Shanghai que je ne voulais pas enchaîner trop vite sur un autre Orson Welles? Aucune idée, toujours est-il que mieux vaut tard que jamais et il est l'heure de parler de La Soif du Mal sur ce joueb. Film de 1958 qui comme souvent avec Orson Welles a connu une histoire mouvementée. En effet, sorti au cinéma dans un montage supervisé par Universal d'une durée de 95 minutes, avec des scènes tournées par Harry Keller, il a eu droit quarante ans plus tard à une version d'un quart d'heure supplémentaire basé sur un mémo costaud de 58 pages signées Welles détaillant les changements qu'il aurait voulu apporter. Cette version n'est donc pas forcément celle qu'aurait signé lui-même Welles s'il avait eu les mains libres mais c'est ce que l'on a qui s'en rapproche le plus et c'est celle que j'ai vu.

Quoiqu'il en soit, après une entrée en matière virtuose, un plan séquence introduisant à la fois les circonstances de l'attentat qui lance l'intrigue et le couple principal formé par Charlton Heston et Janet Leigh, on assiste à un spectacle souvent déconcertant. Comme le fait de confier le rôle du policier mexicain à Charlton Heston, idée baroque s'il en est et qui pourtant à l'écran passe mieux que quand on l'énonce. Déconcertant comme ce scénario où l'on se fiche finalement de savoir qui a placé la dynamite dans la voiture, ce qui intéresse étant l'affrontement entre Vargas, flic intègre, et Quinlan, raciste aux méthodes contestables qui pourrait être plus dangereux que les assassins qui menacent son collègue mexicain. Mentionnons aussi Marlène Dietrich en cartomancienne et Mercedes McCambridge en blouson noir droguée, et que Janet Leigh, peu avant Psychose passait déjà un sale moment dans un motel. Pas étonnant que les studios Universal n'aient pas su trop quoi faire de la bête mais en même temps, pourquoi prendre Orson Welles et regretter ensuite de ne pas avoir un produit de série parmi d'autres?

Orson Welles, qui s'offre le rôle de Quinlan, écrase d'ailleurs le film malgré les bonnes performances générales. Le personnage d'Heston est trop lisse pour être vraiment intéressant même s'il est probablement atypique, surtout à l'époque, de montrer un flic mexicain honnête face à un américain corrompu, celui de Janet Leigh peu sympathique même si on la plaint de se voir maltraitée mais elle ne reste qu'un pion et la victime d'un plan particulièrement glauque. En face, Quinlan est une figure monstrueuse et ambiguë. Admiré par le sergent de police qui l'assiste et à qui il a sauvé la vie, il a la réputation d'obtenir des résultats mais on découvre vite son racisme, ses méthodes brutales et l'on en vient à douter de ses motivations: incarcérer des coupables sans s'embarrasser de procédures pénibles ou appréhender le premier suspect venu car c'est pratique, et tout faire pour éliminer les gêneurs qui pourraient le dénoncer? Il ne fait en tout cas pas bon d'être sur son chemin, comme Vargas va le découvrir et c'est au personnage joué par Marlène Dietrich que reviendra le mot de la fin sur le bonhomme(qui donne l'impression qu'en plus d'écrire l'épitaphe de Quinlan, Welles aurait aussi bien pu se la réserver).

Malgré la restauration de scènes manquantes, le film n'est pas toujours aisé à suivre et il n'est pas certain qu'il l'aurait été plus que cela si Orson Welles avait gardé le contrôle du début à la fin de son bébé: on ajoute une histoire de trafiquants de drogue liés à un homme arrêté par Vargas, on ne sait pas toujours à quel point tout est calculé comme quand Menzies embarque Grandi, les dernières minutes sont emplies de suspense mais l'intrigue se règle en deux coups de cuillère à pot d'une manière qui peut sembler facile. Ce n'était probablement pas ce qui intéressait le plus Welles, certes, mais davantage ce monde à la frontière entre le Mexique et les États-Unis et son personnage à la frontière du Bien et du Mal, auquel on peut trouver un but noble au départ mais qui par ses actes a basculé depuis bien longtemps de l'autre côté de la barrière.

Une scène d'ouverture d'anthologie, un méchant inoubliable et des séquences au motel qui font basculer un film d'enquête ordinaire dans l'angoisse, voilà de quoi faire entrer La Soif du Mal dans les annales. Un chef-d’œuvre que sa conception, malgré un tournage sans accroc, a peut-être rendu bancal mais qui ne se dépare pas de son caractère fascinant avec les années.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 17 Novembre 2022, 22:57bouillonnant dans le chaudron "Films".