Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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La Nuit de tous les Mystères
Un millionnaire et son épouse invitent cinq personnes à passer la nuit avec eux dans une maison réputée hantée. S'ils survivent, ils toucheront chacun 10.000$...

Quatre ans avant La Maison du Diable de Robert Wise, monument du film de manoir hanté, le réalisateur et producteur William Castle tâtait au genre avec La Nuit de tous les Mystères, sur une base assez semblable (un groupe d'individus qui ne se connaissent pas partagent une nuit d'enfer dans une maison hantée dont ils ne ressortiront pas tous) mais avec un traitement extrêmement différent. Le point de départ de l'intrigue la pose d'emblée sous un angle plus ludique: il n'est pas ici question de mener une étude scientifique sur les phénomènes se déroulant dans la demeure mais de remporter un pari lancé par un riche couple rigolard, et un seul invité prend d'emblée la situation au sérieux. De plus, là où Wise se repose énormément sur la suggestion, les bruitages, la manière de filmer ses décors, Castle joue la carte des apparitions, au risque évidemment que celles-ci ne soient pas aussi terrifiantes que prévues.

C'est d'ailleurs ce qui se produit: si on a quelques sursauts, ceux-ci se transforment parfois vite en éclats de rire, comme avec la vieille montée sur roulette. L'aspect train-fantôme est d'ailleurs revendiqué et si certains trucages sont flagrants, ils trouvent parfois une explication dans le cadre de l'histoire, où l'on ne sait pas dans quelle mesure Frederick Loren joue avec les nerfs des convives ou laisse faire la maison. Puisque l'on parle de celle-ci, son aspect extérieur moderne (je crois qu'elle a été réutilisée dans Blade Runner tranche avec les clichés du genre et il est du coup dommage que l'intérieur soit nettement plus classique.

Dans le rôle de Loren, Vincent Price est délicieux et s'amuse apparemment beaucoup, bien appuyé par Carol Ohmart qui joue son épouse. Les deux petits jeunes ne sont pas bien intéressants et l'on remarque surtout parmi les invités Elisha Cook Jr. qui a l'air toujours aussi nerveux et tourmenté, ici dans le rôle du personnage qui a déjà fait l'expérience de la maison et la craint réellement (sans que l'on sache jamais vraiment ce qui le pousse à y revenir, mais il sert de caution "il se passe vraiment des choses surnaturelles ici" à l'intrigue).

À mi-chemin, Castle change vaguement de route en bifurquant vers un whodunit après que la première victime ait été découverte, sans qu'il y ait vraiment d'enquête: les personnages font évidemment tout ce qu'il ne faut pas faire (au lieu de rester tous ensemble pour que le meurtrier supposé en leur sein ne frappe pas à nouveau, ils décident de s'enfermer chacun dans leur chambre avec une arme en partant du principe que seul le coupable sortira et qu'ils auront de quoi l'accueillir... et naturellement, la moitié d'entre eux part ensuite en exploration!) et on se laisse balader avec eux.

La Nuit de tous les mystères n'a plus trop de quoi faire frissonner de nos jours et évoque surtout un épisode de Scooby-Doo, mais un épisode de Scooby-Doo très fun à regarder notamment grâce à un Vincent Price goguenard et très en forme.
potion préparée par Zakath Nath, le Mercredi 25 Mars 2020, 11:37bouillonnant dans le chaudron "Films".