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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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La Folie du roi George
--> Encore un film top moumoute
En 1788, déjà contrarié par la perte des colonies d'Amérique, le roi George III voit sa santé mentale se dégrader sérieusement. Son fils, le prince de Galles, y trouve l'occasion d'être nommé régent et s'allie à Charles Fox, chef de l'opposition, pour faire passer une motion à cette fin, tandis que le premier ministre Pitt et la reine Charlotte tentent au contraire de trouver un moyen de guérir le roi.

J'ai un rapport assez particulier avec ce film. Je l'ai vu au cinéma il y a quinze ans, et le moins qu'on puisse dire, c'est que je n'étais pas conquise d'avance: quand votre grand-mère vous traîne voir un film en costumes en vost sur un vieux roi rosbif qui pissait bleu à une époque où vous ne jurez que par les dinosaures et les vaisseaux spatiaux, c'était au mieux la promesse de deux heures de sieste. Et aussi étonnant que cela paraisse, non seulement j'ai aimé, mais c'est le film qui m'a fait aimer la vost. Malheureusement, il n'est toujours pas sorti en dvd en France, et on doit se contenter de rares passages à la télévision à des heures indues. Grâce à la magie d'internet, cependant, j'ai enfin pu le revoir, et madeleine de Proust ou pas, c'est toujours aussi bon.

Adapté d'une pièce d'Alan Bennett, le film, bien que réalisé de façon très classique, évite en général le piège du théâtre filmé statique. Il oscille entre drame et comédie, et négocie plutôt bien cet équilibre: il y a un indéniable côté farce dans le décalage entre le cérémonial de la cour et la conduite du roi, les considérations sur le contenu de ses pots de chambre, et le traitement assez gratiné des fils aînés du roi, en particulier le Prince de Galles. Mais si les premières excentricités de George III prêtent plutôt à sourire, sa déchéance physique et mentale et le traitement de sa folie à une époque où l'on savait fort peu de choses sur les troubles mentaux calment bien vite. Le film se termine cependant sur une note joyeuse, et si le carton de fin indique que la maladie du roi était chronique, il ne mentionne pas explicitement que George III a effectivement rechuté et finit sa vie complètement fou et aveugle. Malgré le côté happy-end, il y a un côté cruel et cynique à toute cette histoire, les serviteurs les plus dévoués du roi n'étant au final pas les mieux récompensés.

Ce qui est amusant quand on revoit ce film après avoir bouffé des films et des séries british pendant des années, c'est de constater qu'il y avait déjà un tas d'acteurs que je recroiserais par la suite sans réaliser que c'est avec La Folie du Roi George que j'ai fait leur connaissance: Julian Rhind-Tutt en duc d'York! Jim Carter, le Carson de Donwton Abbey, c'était lui qui jouait Fox! Un tout jeune et mignon Rupert Graves (le Lestrade de Sherlock, quoi) en capitaine Greville! Helen Mirren, déjà reine! Rupert Everett en prince de Galles (doté d'une fausse bedaine, mais insuffisante pour qu'on comprenne pourquoi son personnage est régulièrement qualifié de "gros"). Ian Holm en médecin atypique! Et surtout Nigel Hawthorne dans le rôle de sa vie.

Un jeune Rupert Graves: n'est-il pas adorable?

Revoir un film qui vous a marqué des années plus tard, c'est aussi l'occasion de se rendre compte que certains passages sont restés gravés dans votre mémoire, et d'autres absolument pas. Ce dont je me souvenais parfaitement, c'est que j'étais à fond sur William Pitt le Jeune. Le gars totalement impassible et sinistre, qui a limite l'air de s'enquiquiner à cent sous de l'heure, et qui pourtant se met en quatre pour assurer la position du roi (et la sienne). Si les visages se sont effacés de mon cerveau, sa première scène avec Mr Fox et leur dialogue, eux, sont demeurés:

Fox: Do you enjoy all this flummery, Mr. Pitt? Pitt: No, Mr. Fox. Fox: Do you enjoy anything, Mr. Pitt? Pitt: A balance sheet, Mr. Fox. I enjoy a good balance sheet.

Le parfait duo: le grand maigre lugubre et le petit gros expansif.

Gravé à vie aussi, le passage où après un entretien avec le roi où celui-ci lui fait aimablement remarquer que Fox a trop d'idées et lui absolument aucune, Pitt s'éclipse en faisant une révérence doublée d'une marche arrière jusqu'à la porte dans un interminable couloir, dans l'impossibilité de tourner le dos à son souverain:

Ah, Julian Wadham, je regrette de ne pas te voir plus souvent, toi...

Et à côté de ça il y a des redécouvertes totales, notamment le capitaine Fitzroy, interprété par Anthony Calf. En fait, je me souvenais vaguement de sa scène finale avec Greville, sans plus, et ce coup-ci Fitzroy est un des personnages qui m'a le plus marquée.

Le capitaine Fitzroy, c'est évidemment le monsieur en uniforme de capitaine à gauche de Mr Pitt (enfin, à sa droite à lui, mais pour nous c'est la gauche).

Fitzroy, c'est typiquement le genre de personnage que j'aime alors que je sais que je ne devrais pas l'aimer: blanc comme un cachet d'aspirine, l'air généralement méprisant ou vaguement ennuyé, il ne fait preuve d'aucune compassion, joue sur les deux tableaux en servant le roi tout en racontant toutes ses lubies au Prince de Galles... et obtient une promotion à la fin tandis que son collègue Greville est gentiment mais fermement envoyé voir ailleurs après avoir fait son possible pour aider le roi. Parce que Fitzroy, c'est le cynique qui a tout compris dès le début:"To be kind does not commend you to kings. They see it, as they see any flow of feeling, as a liberty. A blind eye will serve you better."

Tout cela faisait donc bien plaisir à revoir, même dans des conditions pas vraiment optimum. Mais qu'ils sortent le dvd en France, maintenant!

potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 28 Mai 2011, 15:08bouillonnant dans le chaudron "Films".