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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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La Flèche Brisée
En Arizona, alors que la guerre fait rage entre Blancs et Apaches, Tom Jeffords, ancien éclaireur de l'armée venu chercher de l'or dans la région, tente de rétablir la paix. Il obtient de Cochise de laisser passer les cavaliers portant le courrier mais le succès de l'entreprise est compromis par le bellicisme de certains membres des deux camps.

En 1947, Elliott Arnold avait publié le roman Blood Brothers adapté ici par Delmer Daves, basé sur de véritables figures historiques, les célèbres Apaches Cochise et Geronimo notamment mais également le moins connu Thomas Jefford, incarné ici par James Stewart. J'avais lu ce roman quand j'étais au lycée et je me souviens l'avoir aimé. Si j'en ai oublié les détails, il est flagrant que l'adaptation, qui ne doit pas dépasser les 1h30, se montre beaucoup plus concise et évacue par exemple le personnage mémorable de Mangas Coloradas. Le film de Daves marque en tout cas une date dans l'histoire du genre car il est largement considéré comme "le premier western pro-indien". La réalité est évidemment plus nuancée que cela, on trouve des films antérieurs dépeignant les autochtones comme davantage qu'une source de dangers pour empêcher le voyage des héros d'être un peu trop monotone ou de grands méchants sans foi ni loi. Bien que le regard global porté sur la petite communauté du fort dans Le Massacre de Fort Apache de John Ford était très bienveillant, il y avait déjà une critique des officiers bornés et va-t-en-guerre et les griefs des Apaches étaient également montrés comme légitime, pour ne citer qu'un exemple.

Ici néanmoins, les personnages principaux sont autant Tom que Cochise et l'on passe autant sinon plus de temps auprès des Apaches que des colons tandis que l'on nous offre aussi un mariage entre le héros et une jeune femme apache. Delmer Daves a à cœur de montrer qu'il y a des gens de valeur parmi les deux peuples tout comme des individus préférant choisir la voie de la violence. Bien que La Flèche Brisée ne soit pas si révolutionnaire sur ce point, cette vision n'était pas non plus si courante que cela à l'époque. De nos jours, le traitement semble tout de même naïf, en particulier dans sa conclusion qui laisse entendre que malgré des pertes douloureuses la paix a finalement été possible grâce aux efforts des protagonistes. Certes, enfin, il y a tout de même un camp qui a tiré la paille la plus courte dans l'histoire.

Sur la forme, le début offre quelques plans particulièrement impressionnants comme les flèches d'avertissement qui viennent se planter près de Tom ou le sort des chasseurs de scalp avec un plan de gibet crépusculaire. Par la suite, rien d'aussi mémorable bien que les paysages soient particulièrement plaisants à l’œil. James Stewart, qui avec Winchester 73 sorti dans les mêmes eaux se lançait dans le western avec le succès que l'on sait, est crédible en brave gars qui essaie d'être ambassadeur entre deux cultures et pour une fois, il ne fait pas trop mou et ne demande pas un temps d'adaptation avant qu'on admette qu'il s'agit d'un homme habitué aux rigueurs et aux dangers de l'Ouest. Debra Paget est très jolie mais assez niaise en gentille dulcinée du héros (la version française dans laquelle j'ai vu le film la dessert peut-être aussi) tandis que Jeff Chandler campe un Cochise impressionnant mais sage.

Il faut mentionner que les sous-titres n'étant pas à la mode à l'époque, décision a été prise d'emblée de faire s'exprimer tout le monde dans un anglais parfait ,"seule concession à la réalité" nous dit la voix-off dès l'ouverture. On sait que c'est absurde, on assume et l'on est donc prêt à passer à autre chose. Comme souvent également pour un film de cette époque, la plupart des Apaches sont interprétés par des Blancs: outre Jeff Chandler et Debra Paget, les frères Iron Eyes et J.W. Cody spécialisés dans les rôles d'Indiens s'appelaient en réalité DeCorti et étaient d'origine italienne. En revanche Geronimo est joué par l'acteur mohawk Jay Silverheels.

La Flèche brisée souffre par moment d'un scénario trop elliptique: les événements s'enchaînent rapidement et la fin va très vite en besogne. Sept décennies après sa sortie, il peut également paraître très consensuel. Il reste tout de même touchant dans son message et joliment fignolé.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 3 Avril 2021, 19:29bouillonnant dans le chaudron "Films".