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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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L'Odyssée de l'African Queen
Rosie Sayer vit dans un petit village africain avec son frère missionnaire quand la Première Guerre Mondiale éclate. Quand l'armée allemande brûle le village, embarque ses habitants et que le frère de Rosie meurt, elle n'a d'autre solution que d'embarquer à bord de l'African Queen, petit rafiot piloté par Charlie Allnutt, un canadien frustre et porté sur le gin. Elle le convainc de gagner le Kenya, malgré les dangers que présente la navigation sur le fleuve et le Louisa, une canonnière allemande qui se trouve sur leur chemin.

L'Odyssée de l'African Queen (ou juste African Queen pour moi car c'était sous ce titre qu'on le mentionnait toujours dans ma famille, le titre original étant The African Queen, bref, enchaînons) fait partie de ces films que j'ai vu un nombre incalculable de fois quand j'étais gamine car c'était une des trois ou quatre cassettes qui tournaient quand je devais passer l'après-midi ou la nuit chez ma grand-mère, mais que je n'avais plus revu pendant des années, après que mes parents aient décidé que j'étais suffisamment grande pour ne pas avoir besoin d'être confiée à ma grand-mère. Revoir cette avant-dernière collaboration entre John Huston et Humphrey Bogart, basée sur un roman de C.S. Forester (le créateur d'Horatio Hornblower) m'a rappelé qu'en fait, je n'en avais jamais vu les cinq première minutes: joie des programmes qui ne démarraient déjà pas à l'heure dans les années 90, la VHS commençait lors de la scène du thé et de l'estomac gargouillant du héros. Ce qui précède montre surtout Rosie et son frère chanter des cantiques en compagnie de la population locale qui de toute évidence ne partage guère leur exaltation.

Quoiqu'il en soit, African Queen est un film d'aventures qui suit, une fois le frangin incarné par Robert Morley évincé, deux personnages seulement, Rosie et Charlie, dans le plus pur exemple des opposés qui vont finir par s'attirer au cours de leur épopée. Elle est coincée, considérée comme moche (même si Katharine Hepburn, même présentée comme une vieille fille sans attraits apparents, reste Katharine Hepburn) et n'a connu comme expérience stimulante que les sermons les plus inspirés de son frère. Néanmoins elle fait preuve très vite de suite dans les idées en fixant le programme du film: rejoindre le Kenya et faire sauter le navire ennemi avec les moyens du bord. En face, Humphrey Bogart joue le rôle qui lui a valu son Oscar. Certes, on pourra toujours dire qu'incarner un homme qui boit trop et qui aime naviguer, ce n'était pas vraiment un rôle de composition, mais il est idéal en marinier mal embouché qui va se civiliser au contact de Rosie et l'aider à accomplir son plan complètement fou.

Le film a été tourné majoritairement en Afrique (hormis les scènes où Bogart et Hepburn sont dans l'eau), dans des conditions éprouvantes avec une équipe qui tomba malade à l'exception du réalisateur et de l'acteur principal qui avaient remplacé l'eau par le whisky, y compris pour se brosser les dents. Si du coup on n'échappe pas à un petit côté safari lorsqu'il s'agit de montrer les animaux baguenaudant sur les rives du fleuve, ça a le mérite d'une authenticité qu'il n'y aurait pas eu dans une jungle reconstituée en studio et cela participe au sentiment de grande aventure. Alors que finalement, passée la scène cruelle de la mise à sac du village et de l'enrôlement forcé de ses habitants, les deux premiers tiers adoptent un ton léger, renforcé par une musique guillerette: les péripéties se succèdent mais les personnages y trouvent immédiatement une solution, et même le passage du fort est vite expédié, sans trop de difficulté.

La dernière partie en revanche devient nettement plus grave, au moment où le bateau se retrouve englué dans les roseaux, et à ce moment-là, on commence réellement à sentir la fatigue et le découragement des personnages dans une séquence éprouvante qui culmine avec l'apparition de sangsues (le film qui m'a fait découvrir l'existence de ces charmantes bestioles et l'assaisonnement pour les décoller). Il était d'ailleurs un temps prévu que le film stopperait tragiquement ici, laissant les personnages à leur terrible sort mais Huston n'a pu se résoudre à tuer ainsi des protagonistes qui fonctionnaient si bien ensemble, d'où la poursuite de leur aventure. L'échec est un thème récurrent de l’œuvre du réalisateur mais il n'est pas plus mal qu'il y ait renoncé pour l'occasion.

Porté par un duo d'acteurs impeccables, African Queen reste des années après sa sortie un bon film d'aventure, peut-être pas aussi totalement satisfaisant que dans mon souvenir à cause de son enchaînement un peu trop mécanique dans sa première partie, mais qu'on peut revoir sans se lasser.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 16 Février 2020, 19:16bouillonnant dans le chaudron "Films".