Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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L'Homme-Feu
Une terrible épidémie, l'Écaille, frappe l'humanité: après que des marques apparaissent sur les corps des malades, le temps leur est compté avant qu'ils ne partent en combustion spontanée. Harper, jeune infirmière, contracte la maladie alors qu'elle vient de tomber enceinte et doit bientôt fuir son domicile.

Difficile de ne pas penser au Fléau devant ce pavé traitant d'une épidémie mortelle dans un monde qui devient rapidement post-apocalyptique. Pas seulement à cause du sujet, ou parce que Joe Hill est le fils de Stephen King. L'auteur ne se prive pas d'y faire des allusions peu discrètes: une héroïne enceinte, un personnage sourd nommé Nick, un personnage posthume qui rappelle furieusement Harold Lauder et partage le même prénom... Ces clins d’œil assumés pourraient être sympathiques si on se limitait à cela. Hélas, un des gros écueils du roman va tenir dans ses nombreuses références.

Cela commence pourtant bien, et pendant les premières pages, on pense avoir affaire à un bon gros page-turner. Le portrait d'un mariage avec un pervers narcissique tape juste, Jakob est d'emblée antipathique mais on se débrouille pour le faire apparaître juste un poil charmant quand il en a besoin ou qu'il sent qu'il va trop loin pour que l'on comprenne comment Harper ait pu se laisser prendre au piège ou décide de passer l'éponge tandis qu'il joue sur le manque d'assurance de sa femme et fait en sorte que quoi qu'il arrive, tout tourne autour de lui sans qu'il soit jamais responsable de rien. Il y a des points intéressants par la suite, dans la façon d'aborder le fonctionnement d'un groupe, le fanatisme, la paranoïa une fois Harper arrivée dans un camp de malades comme elle. Mais l'ensemble est plombé par de trop nombreuses citations à la pop-culture. Dans le cas de Mary Poppins, cela se justifie par le fait que l'héroïne est fan du film et de Julie Andrews, et dans l'ensemble c'est léger et bien intégré. Hélas, Hill ne s'en contente pas, et en plus des allusions au Fléau citée plus haut, on en notera aux Évadés ou à La petite fille qui aimait Tom Gordon. Narnia est souvent évoqué, et surtout Harry Potter, et dans ce cas là, c'est particulièrement lourdingue. Le roman est d'ailleurs dédié en partie à J.K. Rowling. Je suis bien placée pour savoir l'impact que la saga Harry Potter peut avoir sur ses lecteurs, et le plaisir d'y faire référence est compréhensible, mais une ou deux fois aurait suffit. Là, c'est tellement régulier qu'on a vite envie de dire à Hill "tu es fan, comme je te comprends, mais calme-toi un peu, ça devient gênant".

Il y a aussi quelques points pénibles comme le besoin d'annoncer à l'avance que les choses vont mal tourner et griller l'identité d'un traitre quelques pages avant que cela soit nécessaire, tout en condamnant le procédé dans une discussion entre deux personnages. Très méta, ah, ah.

L'agacement procuré est à la hauteur des attentes qu'on pouvait avoir vis-à-vis de l'auteur: il a le chic pour trouver des points de départ originaux, et les effets de l'Écaille ici changent de la traditionnelle épidémie de grippe ou zombiesque. Dans le cas présent, le tout est écrasé par des références constantes et inutiles (il n'y a même pas de trip nostalgique à la Stranger Things), des références qu'on aurait pu comprendre s'il s'était agi du premier roman d'un auteur débutant qui veut rendre hommage à ses maîtres maladroitement mais qui détonne chez Joe Hill qui a su faire ses preuves par lui-même. D'où un gros sentiment de gâchis pour ce bouquin qui se lit tout de même facilement.
potion préparée par Zakath Nath, le Vendredi 13 Juillet 2018, 09:44bouillonnant dans le chaudron "Littérature".