Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Mandalorian, saison 2 (2)
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Lawrence d'Arabie (2)
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Potion précédente-Potion suivante
L'Histoire personnelle de David Copperfield
David Copperfield, orphelin condamné par son beau-père à travailler dans une usine, échappe à la misère grâce à l'aide d'une tante bienveillante puis à son talent pour l'écriture. Il revient sur son existence et les personnalités hors du commun qui l'ont peuplée.

Habitué aux satires politiques, Armando Iannucci n'a jamais caché par ailleurs son intérêt pour Charles Dickens, aussi n'est-ce pas une surprise de le voir se lancer dans l'adaptation d'un des plus célèbres romans de l'auteur, David Copperfield. Un roman déjà porté à l'écran de nombreuses fois, dont deux fois d'affilée pour la télévision en 1999 et en 2000. Qu'est-ce qu'une nouvelle version pouvait bien apporter de plus, était-on en droit de se demander? Et surtout, comment restituer correctement en deux heures un tel pavé?

Le scénario de Iannucci fait preuve d'un admirable esprit de synthèse, avec des raccourcis nécessaires (par exemple le passage à l'école est fusionné avec celui à l'usine, le personnage de la mère de Steerforth avec sa dame de compagnie...) et malgré le nombre élevé de personnages à présenter et de péripéties, le rythme est enlevé mais jamais trop frénétique. On peut tout de même regretter qu'une des figures dickensiennes les plus mémorables, Uriah Heep, n'ait pas assez de temps à sa disposition pour donner sa pleine mesure bien que Ben Whishaw ne démérite pas.

Le casting est l'un des points forts du film. Aidés par leurs dialogues il est vrai, Dev Patel et Rosalind Eleazar campent des David et Agnès plein d'esprit et loin d'être fades, comme c'est souvent le risque avec ces deux personnages. Pour être juste on devrait citer tout le monde, de Tilda Swinton en tante Trottwood à Hugh Laurie dans le rôle de Mr Dick en passant par Peter Capaldi dans celui de l'endetté et optimiste Micawber, ou encore Darren Boyd et Gwendoline Christie étonnamment souriants frère et sœur Murdstone mais tout aussi nocifs que leur version papier. Armando Iannucci a choisi les acteurs qu'il voulait pour chaque rôle sans se soucier de leur couleur de peau ni même de la cohérence: deux parents blancs peuvent ici avoir un bébé d'origine indienne et inversement sans se justifier par des explications et on l'accepte sans se poser de question en grande partie grâce à un procédé habile de mise en scène.

Celle-ci parvient intelligemment à éviter un académisme étouffant sans chercher à tout prix un lifting moderne vite ringard en adoptant une certaine théâtralité. Pas dans le sens où l'on assiste à du théâtre filmé, heureusement ce travers est également évité mais en montrant David s'adresser à son public sur une scène avant de pénétrer dans sa propre histoire, les changements de scènes paraissent autant de changements de décors et de ce fait, tout comme au théâtre, on suspend plus volontiers son incrédulité vis-à-vis de la distribution. Pas seulement sur le point évoqué plus haut mais sur le fait que les enfants des Micawber ne semblent jamais vieillir ou que comme au théâtre encore, une interprète puisse endosser plusieurs rôles: Morfydd Clark incarne ainsi à la fois la mère de David et sa fiancée Dora, un parti-pris qui établit aussi un parallèle entre les deux femmes-enfants et indique d'entrée de jeu que Dora n'est pas destinée à David. Le personnage est d'ailleurs écarté bien plus élégamment que dans le roman, de manière à la fois amusante et touchante, une gageure pour un personnage somme-toute ingrat.

Du fait de sa durée, le film est très dense, que ce soit au niveau du nombre de protagonistes ou des thèmes abordés (la résilience, la créativité, les différences de classes sociales, la maladie mentale...) et l'on peut regretter que certaines scènes soient tout de même trop rapides, que l'on ne consacre pas assez de temps à certains personnages. Néanmoins, Armando Iannucci relève haut-la-main le pari d'amener un air frais à une énième adaptation d'un roman célèbre, de manière à la fois respectueuse et malicieuse.
potion préparée par Zakath Nath, le Lundi 1 Février 2021, 19:58bouillonnant dans le chaudron "Films".