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Kaamelott, Livre VI

15 ans avant les événements que nous avons suivi dans les précédents livres, le roi Arthur n'était qu'Arturus, un simple soldat de la milice urbaine de Rome, ne se souvenant guère de ses origines bretonnes. Sallustius, un sénateur ambitieux, imagine gagner du prestige en pacifiant la Bretagne, le seul moyen étant de mettre à sa tête un Breton que les chefs de clans pourront accepter, et pense trouver en Arturus le pion idéal.

On peut dire qu'on en a fait du chemin, depuis les petits épisodes de trois minutes à but purement comique! Depuis le Livre IV, cependant, on commençait à sentir les limites du format court par rapport aux ambitions d'Alexandre Astier, et ce Livre VI est donc composé de neuf épisodes de cinquante minutes, les huit premiers étant un long flashback et le dernier reprenant après la fin du livre V et faisant le lien avec la future trilogie cinématographique.

Ce dernier livre, qui marque selon toute probabilité la fin de Kaamelott à la télé (snif) est des plus intéressants, mais l'ambition ne paie pas toujours. Commençons par évacuer les choses qui fâchent.

Le premier épisode est le moins bon, on pédale un peu dans la semoule. La première scène est confuse, et on a du mal à s'intéresser à Manilius, le pote légionnaire d'Arthur, et à ses combines pour s'incruster à une orgie. Heureusement, cet épisode se justifiera par la suite car il entraîne des conséquences dramatiques. Le rythme est globalement lent, mais parfois, disons-le carrément, vraiment longuet, et la réalisation pas toujours à la hauteur. Quant à la musique, si la réorchestration du thème principal est chouette, et les thèmes vaguement épiques aussi, c'est parfois vraiment mauvais, particulièrement le thème musical relatif à la villa Aconia, de la vraie musique d'ascenseur. En parlant d'Aconia, difficile de croire à sa grande histoire d'amour avec Arthur et le serment qui en découle. On s'éternise parfois sur des éléments pas très importants, et on en zappe d'autres qu'il aurait été agréables de voir (comme la première rencontre entre Ygerne et Arthur. Elle est pourtant à son mariage, mais rien!).

Heureusement, il y a aussi du nettement plus positif! À partir de l'épisode 2, les passages bretons allègent l'atmosphère, et la découverte de nos personnages préférés dans leur jeunesse est savoureuse (c'est la fête de la perruque qui craint). À ce petit jeu, c'est sans doute Bohort qui l'emporte, et les séquences à Gaunes sont proprement hilarantes. Au fur et à mesure que l'histoire avance, les parties à Rome sont également plus prenantes, entre les combines des sénateurs, l'évolution d'Arthur et sa relation avec Cesar, Manilius qui devient plus attachant et dont on commence à s'inquiéter du sort, puisqu'on ne l'a pas vu dans les autres livres, et le duo comique de méchants légionnaires Glaucia et Procyon, qui ne dépareraient dans un album d'Asterix (scénarisé par Goscinny, hein!).

On savait depuis un moment qu'Astier n'avait pas peur de prendre les fans à rebrousse-poil et de les surprendre, aussi la fin de saison est vraiment sombre. La fin de l'épisode 8, qui marque le terme de la période romaine, tout d'abord, avec un Méléagant qui oeuvre déjà dans l'ombre et un tour surprenant concernant Manilius et compagnie (le coup ne vient finalement pas des plus compétents). Le dernier épisode, enfin, est un peu un tour de force puisqu'il consiste en grande partie à voir une poignée de personnages défiler devant un Arthur mourant.

À part une ou deux piques, l'humour n'est pas au rendez-vous mais on a le droit à un joli monologue d'Arthur, et c'est encore une fois l'occasion de mesurer l'évolution des personnages depuis le début: Guenièvre n'est plus une simple gourde insupportable, et si elle n'a pas inventé la poudre, elle a une sacrée volonté et est drôlement attachante. Venec s'avère être un vrai fidèle d'Arthur, Bohort (et une fraction de seconde Gauvain!) est nettement moins couard, Lancelot semble être vraiment passé du côté obscur après un semblant de réconciliation qui tourne à une nouvelle trahison, et une scène annonce l'arrivée de Mordred.

Quant aux acteurs, les anciens et les nouveaux, ils sont tous excellents, même ceux dont on n'attendait pas forcément grand chose. On peut peut-être regretter qu'Alexandre Astier se repose toujours sur le même jeu, même lorsqu'il joue Arturus, et on a donc un peu de mal à voir la véritable évolution de son caractère. En fait, il a déjà l'air énervé et dépressif dès le début, alors que dans les premiers livres, il y avait quand même des passages où il laissait filtrer de la gaîté et de l'enthousiasme. J'aurais préféré que la Bretagne lui fasse le même effet qu'au personnage incarné par Tcheky Karyo.

En dépit de toutes ses maladresses, les dernières images du Livre VI, avec en parrallèle Arthur qui se souvient enfin nettement du moment où il a pour la première fois retiré Excalibur de la pierre et sa renaissance Villa Aconia ne donnent qu'une envie: avoir le fin mot de l'histoire sur grand écran!

potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 3 Novembre 2009, 17:36bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".