Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Inside n°9, saison 4
Des clients d'un hôtel chic victimes de quiproquos en pagaille, deux anciens comiques se réunissant pour un dernier spectacle, un déménageur tombant dans une maison de fous, un couple enfermé dans sa routine, un jury devant départager la meilleure actrice de l'année, trois collègues venant nettoyer la maison d'un homme reclus récemment décédé... Et toujours un point commun entre chaque lieu où se déroule l'action, le n°9.

C'est un plaisir de retrouver une nouvelle saison d'Inside n°9, surtout pour constater que Reece Shearsmith et Steve Pemberton n'ont pas perdu leur inspiration en chemin. Point ici d'épisodes coup de cœur (A quiet night in risque de rester indétrônable, mais sait-on jamais), mais l'ensemble est solide et même les épisodes en apparence moins virtuoses témoignent d'une très bonne écriture. Et cerise sur le gâteau, une saison 5 est déjà annoncée pour l'année prochaine.

La saison commence fort avec Zanzibar, un épisode comique reposant en grande partie sur le quiproquo: un prince débauché que son garde du corps projette d'assassiner s'installe dans une chambre à l'étage numéro 9, son frère jumeau dont il ignore l'existence fait de même, et d'autres hôtes vont se retrouver mêlés à un chassé-croisé de plus en plus délirant. On pense à La Comédie des erreurs ou au Songe d'une nuit d'été, et les allusions à Shakespeare ne s'arrêtent pas là, car Shearsmith et Pemberton ne se contentent pas de dérouler leur comédie avec une mécanique très sûre, ils ont aussi écrit les répliques en pentamètre iambique, en toute simplicité. Il s'adjoignent une jolie brochette de guests, dont le plus connu est sans doute Rory Kinnear.

Les deux compères sont quasiment seuls en scène dans Bernie Clifton's Dressing Room. On y découvre les deux membres d'un duo comique ayant sévit dans les années 80, qui après des années de séparation, se reforme pour une occasion spéciale. Alors que l'un des personnages est resté bloqué à l'époque de sa gloire, l'autre s'est rangé et traîne les pieds pour reprendre ses pitreries. Entre deux sketchs ringards, qui permettent de voir l'évolution de ce qui s'admet en terme d'humour (et du fait que parfois, à moins d'être aveuglé par la nostalgie, on ne perd pas grand chose), les rancœurs remontent, jusqu'à un final qui remet en perspective ce que l'on a vu. Il s'agit d'un épisode émotionnel avant tout comme on en a un par saison, qui commence lentement, mais atteint son but. Ce ne sont pas mes préférés de la série, mais j'apprécie qu'on rompt de temps en temps avec l'aspect grinçant de l'ensemble.

Once removed est l'occasion de renouer avec l'humour noir. Dans cet épisode où l'on croise notamment Nick Moran et Emilia Fox, un déménageur arrive dans un pavillon et ce qu'il y découvre dépasse l'entendement. Toutes les cinq minutes, on recule de dix pour découvrir petit à petit comment on en est arrivé là. Le procédé n'est pas inédit, mais il est ici parfaitement maîtrisé, et tout prend sens tout en devenant de plus en plus déjanté, jusque dans les petits détails (la réaction d'un personnage quand on essaie de l'étouffer avec du papier-bulles, notamment).

To have and to hold est probablement l'épisode le plus sombre et perturbant de la série à ce jour, parce que son côté glauque n'est pas enrobé d'humour noir ou d'horreur en forme d'hommage aux classiques du genre. Un couple marié depuis vingt ans suit une petite existence morne. Le mari (Pemberton) photographie des mariages et passe son temps entre sa chambre noire et ses puzzles, sa femme (Nicola Walker) tente maladroitement de raviver la flamme sans rencontrer la moindre coopération. Pendant les vingt premières minutes, la tristesse de ce quotidien se déroule sans que l'on sache où l'on va: l'épouse va-t-elle finir par n'en plus pouvoir et commettre un acte terrible? Se dirige-t-on vers un nouvel épisode chargé en émotion, où dans les dernières minutes les personnages se verront offrir une seconde chance inespérée? Arrive une scène aux deux-tiers de l'épisode qui fait basculer l'épisode dans totalement autre chose, qu'on ne s'enlèvera pas de la tête de sitôt.

Je serais bien incapable de départager qui est le meilleur acteur de Pemberton et Shearsmith, et je ne pense pas que ce soit nécessaire mais Shearsmith est celui qui m'impressionne le plus régulièrement par sa versatilité (et sa fabuleuse collection de moumoutes), mais cet épisode est une bonne occasion de constater le talent de Pemberton. Comme dans Tom and Gerri, un changement de regard transforme totalement la vision que l'on a du personnage qu'il joue, mais cette fois-ci, l'évolution ne se fait pas progressivement au cours d'un épisode, et ce brusque changement est presque aussi perturbant que ce que l'on découvre dans la foulée. La conclusion de l'épisode lui-même est alors plus convenue, néanmoins il reste mémorable.

And the winner is apparaîtra peut-être comme un des épisodes les plus anodins de la série (ce qui reste relatif), mais comme Empty Orchestra qui suivait The Riddle of the Sphinx, la respiration est trop bienvenue pour se plaindre. D'autant que même les épisodes les plus légers de la série restent au-dessus de la moyenne. Déjà, petit plaisir pour les Whoviens, à l'exception de Kenneth Cranham et Phoebe Sparrow (qui finiront peut-être par y atterrir), on a droit à une réunion d'anciens acteurs de la série, à laquelle on fait d'ailleurs allusion: en plus des deux auteurs, on a Noel Clarke, Zoe Wanamaker et Fenella Woolgar au casting. On suit les débats d'un jury devant départager quatre actrices, et cette histoire arrive à pic en période de récompenses. On a droit à l'acteur confirmé mais grincheux, la critique acerbe, l'actrice peu concernée (Zoe Wanamaker est particulièrement savoureuse), le scénariste désespéré cirant les pompes d'un acteur à succès pour qu'il s'intéresse à son script... La chute a été critiquée pour sa prévisibilité, mais son double sens la rend moins basique qu'elle n'y parait et le point fort n'est de toute façon le twist (tout faire reposer sur un retournement de dernière minute n'est pas forcément passionnant ni si malin que cela à long terme) mais les interactions entre les différents personnages et leurs répliques tout au long de l'épisode et de ce point de vue, c'est des plus amusants à défaut d'être inoubliable.

Pour conclure, un peu d'épouvante avec Tempting Fate où trois employés chargés du nettoyage d'un petit appartement trouvent une statuette permettant d'exaucer trois vœux... mais leur réalisation renferme toujours un piège. La patte de singe de W.W. Jacobs est explicitement mentionnée, on est presque dans une adaptation libre de la nouvelle et la saison se conclut de belle manière. Il est également amusant d'avoir choisi comme talisman la statuette de lièvre qui jusque-là apparaissait à l'arrière-plan dans chaque épisode, à charge pour le spectateur de s'amuser à la repérer (je ne suis pas forte à cette exercice). Même s'il ne faut pas y voir plus que l'occasion de s'amuser en offrant la vedette à cet élément emblématique mais discret de la série, on peut se plaire à imaginer désormais que les statues de lièvre disséminées sont les responsables des événements bizarres qui ne manquent pas de survenir dans chaque histoire.
potion préparée par Zakath Nath, le Mercredi 7 Février 2018, 22:27bouillonnant dans le chaudron "Séries tv".