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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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His Dark Materials, saison 3
Tandis que Lord Asriel rassemble une armée susceptible de défier l'Autorité, Will part à la recherche de Lyra, prisonnière de Mrs Coulter. Cette dernière est recherchée par les sbires du Magisterium car le père MacPhail est convaincue que Lyra doit être éliminée.

Les deux premières saisons de la célèbre trilogie de Philip Pullman avaient été en demi-teinte. Si l'on y retrouvait l'essentiel de l'intrigue et quelques développements pertinents portés par un casting qui faisait correctement le job, la série souffrait d'un rythme souvent lancinant, d'un remplissage pas toujours bienvenu et la réalisation se montrait d'une trop grande mollesse dans des passages qui sur le papier auraient dû être épiques, comme l'affrontement entre Will et Tullio pour la possession du Poignard subtil. Aussi ce n'est pas avec la plus grande impatience que j'attendais cette ultime saison, qui devait receler les moments les plus grandioses, nécessitants le plus de budget et un souffle qui manquait cruellement jusque-là. Ce qui explique peut-être pourquoi, malgré les défauts, j'ai été agréablement surprise. Néanmoins, il y a aussi un progrès indéniable.

Pourtant, visuellement, cela ne partait pas très bien. La série ne bénéficie pas d'un budget pharaonique digne des Anneaux de Pouvoirs ni même d'un House of the Dragon et cela se sent toujours dans le manque de Daemons à l'écran ou dans des décors trop pauvres et ordinaires pour charmer. Cela passe quand on remplace l'escapade en Himalaya par le site spectaculaire de la Chapelle de St Gevan au Pays de Galles mais la forteresse de Lord Asriel et de ses armées ressemblent à un tas de taules et des toiles de tentes, autant dire que ni le dépaysement ni le spectaculaire ne sont au rendez-vous. Heureusement, devoir adapter un roman plus épais que les précédents avec le même nombre d'épisodes permet de moins trainer en route. On fait sauter les longueurs présentes dans le troisième livre comme le passage de la vodka ou en réduisant les scènes avec les Mulefas (par ailleurs réussis), on fait davantage interagir le frère Gomez avec les autres personnages au lieu de faire monter la sauce dans sa quête du "Serpent" pour finalement très peu et surtout, à mi-course, quand Lyra doit se séparer de Pan, l'émotion est bien présente.

Les principaux acteurs font toujours efficacement le job. Amir Wilson est moins monolithique que précédemment alors que son personnage se dégèle un peu et j'irais même jusqu'à dire que je trouve son Will plus crédible que celui du livre (c'est l'heure des aveux, je n'ai jamais trouvé ce protagoniste vraiment vivant et c'est sans doute pour cela que je n'ai pas été bouleversée par sa séparation avec Lyra comme d'autres lecteurs ont pu l'être). Ruth Wilson est cependant probablement celle qui a le plus à faire avec le personnage de Mrs Coulter qui aura bien évolué au cours de la série. Le dernier épisode souffre un peu d'être un long épilogue venant après la grande bataille finale qui doit régler ce qui reste en plan de manière peu spectaculaire mais les dernières minutes parviennent à être poignantes.

Reste toujours des frustrations, comme l'affrontement avec Metatron. L'aperçu du Chariot dans les nuages parvient enfin à traduire les idées des livres mais l'architecture très dépouillée de l'intérieur déçoit et le grand méchant lui-même, si sa forme d'ange est réussie, doit prendre corps pour des raisons pratiques lorsqu'il fait face à Marysa et Asriel et la direction prise est malheureuse (un double d'Asriel pour un pseudo-combat psychologique et un bellâtre en cuir moulant pour faire face à Mrs Coulter? Hum...). Encore une fois, on comprend que les contraintes budgétaires ont poussé à simplifier mais cela ne peux excuser toutes les décisions esthétiques ternes et malheureuses.

Dans l'ensemble, la série aura été trop laborieuse pour rendre justice aux concepts lancés par Philip Pullman, mais cette ultime saison parvient à monter en gamme et se révèle plus prenante et plus touchante, permettant de terminer sur une bonne note.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 24 Décembre 2022, 12:16bouillonnant dans le chaudron "Fantasy".