Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


mon compte twitter mon tumblr mon compte bétaséries



Les aventuriers de l'article perdu

Archive : tous les articles

Principaux grimoires

Inventaire des ingrédients

Ce qui mijote encore

Potion précédente-Potion suivante
Doctor Who, saison 11 épisode 1: The Woman Who Fell to Earth
Yasmin Khan, Ryan Sinclair, Graham O'Brien et sa femme Grace mènent des vies ordinaires à Sheffield, dans le Yorkshire, quand leur vie est chamboulée par de mystérieuses apparitions: des lumières et un objet étrange dans les bois, une créature tentaculaire dans un train, et cette femme littéralement tombée du ciel aux propos incohérents.

On le sait, Doctor Who doit sa longévité à sa capacité à se renouveler à intervalles réguliers, que ce soit devant ou derrière la caméra, tout en gardant toujours un petit quelque chose immédiatement identifiable: qu'on accentue son côté sombre ou léger, que l'action soit plus ou moins ancrée sur Terre, que le budget soit réduit ou rallongé, au fond, on a toujours un alien excentrique et divers compagnons vivant des aventures qui leur font croiser toutes sortes de créatures pas toujours amicales, et sauver le monde à plus d'une reprise.

Si l'on en est désormais au treizième Docteur (ou quatorze en comptant le War Doctor de John Hurt), le plus gros chambardement depuis la saison 5, c'est le changement de showrunner. Bon, Chris Chibnall, c'est loin d'être mon chouchou vu qu'il ne m'a jamais époustouflée lors de ses incursions dans le whoniverse, au contraire, et en tant que showrunner, à part la bonne mais tout de même surestimée Broadchurch, ce n'est pas particulièrement folichon.

Entre autres nouveautés, parlons également du nouveau créneau horaire (le dimanche soir au lieu du samedi traditionnellement réservé aux séries familiales) et du nouveau format saisonnier, avec 10 épisodes d'une heure plutôt que douze ou treize d'une quarantaine de minutes. On se doit aussi de mentionner que ce brave Murray Gold, auteur de nombre de thèmes mémorables, se voit remplacer par Segun Akinola, Chibnall souhaitant également explorer de nouvelles directions en ce qui concerne l'illustration musicale. Oh, bien sûr, autre évolution de taille, le Docteur est cette fois-ci une femme, incarnée par Jodie Whittaker, mais étant donné que les trois dernières saisons, au moins, se sont employées à poser les jalons pour confier le rôle emblématique à une actrice, il n'y avait pas vraiment de quoi jouer les surpris ou les effarouchés au moment de la grande annonce. Pas moins de trois compagnons lui sont accolés pour ses débuts, ce qui n'est pas sans rappeler la toute première saison avec William Hartnell: comme on le constate encore une fois, les changements vont souvent main dans la main avec un retour aux bases, histoire de ne pas trop dépayser.

La promo ne dévoilait pas grand chose, ce qui n'est pas plus mal vu les excès dans les trailers les années précédentes, ce qui contrebalance par ailleurs avec quelques faux pas récents de la BBC, que ce soit vis-à-vis de CultBox ou de Peter Capaldi. Rien dont l'équipe derrière la saison 11 est elle-même responsable, mais hélas cela énerve un peu juste quand on devrait accueillir les petits nouveaux dans la bonne humeur. Mais assez bavassé, le premier épisode est enfin arrivé, alors qu'en dire?

Pour commencer, je dois prévenir que les épisodes post-régénérations ne sont pas mes favoris. On n'a après tout qu'une hâte, découvrir le nouveau Docteur en action, et quand ce dernier est complètement à côté de la plaque ou comateux, c'est difficile. The Eleventh Hour est mon préféré (il devait néanmoins pas mal à Smith and Jones) et j'apprécie également beaucoup Deep Breath à partir du moment où le Docteur et Clara convergent vers le restaurant. À cela il faut ajouter que les nouveaux showrunners ont généralement besoin de quelques épisodes, voire une saison, pour prendre leurs marques et on peut s'attendre à ce que The Woman Who Fell to Earth ne soit pas le haut du panier. Premier constat, pas de générique d'ouverture, ce qui est dommage, et difficilement compréhensible (je suppose que Chibnall a une raison).

La durée d'une heure permet au scénariste de prendre son temps pour présenter les nouveaux compagnons: les petits jeunes, Ryan et Yasmin, ne sont pas très charismatiques pour l'instant mais pas déplaisants, et c'est surtout la vieille génération qui tire son épingle du jeu (au fait, Bradley Walsh qui joue Graham, incarnait un méchant dans un épisode de The Sarah jane Adventures: la tradition du recasting dans le Whoniverse continue). Espérons tout de même que les états d'âme et les problèmes familiaux ne seront pas trop envahissants. Malgré le déphasage habituel d'après-régénération, Thirteen entre vite en action, ce qui permet à Jodie Whittaker de passer par un peu toutes les facettes: de l’excentricité, il y en a, de l'autorité aussi, on retrouve le Docteur qui laisse toujours une porte de sortie à l'ennemi du jour mais n'hésite pas à sévir quand ce dernier est trop inconscient pour saisir sa chance. Il y a un peu de The Christmas Invasion là-dedans. C'est d'ailleurs un reproche que l'on pourrait faire à l'épisode: il manque d'inventivité et de folie et se montre finalement plan-plan, avec une menace qui lorgne sérieusement vers Predator. L'ambiance est étonnamment sombre pour un début et les ruptures de ton pas vraiment bien amenées: si certaines répliques font sourire quand il faut, les dernières minutes ont un côté trop détendues par rapport à un événement tragique qui les précèdent.

Quant au travail de Segun Akinola, difficile de se faire une opinion: on a davantage une musique d'ambiance, à tendance électronique, ce qui était probablement l'orientation souhaitée par Chris Chibnall, mais les envolées orchestrales de Murray Gold vont me manquer... D'un autre côté, lui aussi avait surtout recours à la musique électronique à ses débuts dans la série avant d'avoir le budget nécessaire pour s'amuser avec un orchestre.

Malgré quelques détails sympathiques (le clin d’œil à l'histoire industrielle de Sheffield dans la confection du nouveau tournevis sonique, par exemple), cette nouvelle saison démarre de manière timide, du point de vue de l'intrigue proposée et non pas de l'interprétation du Docteur, mais s'il ne s'agit pas des meilleurs débuts pour le Seigneur du Temps, on est heureusement loin de The Twin Dilemma ou Time and the Rani. Il y a sans doute une volonté de rassurer le spectateur mais espérons pour la suite un peu plus de délire.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 7 Octobre 2018, 22:29bouillonnant dans le chaudron "Whoniverse".


Ingrédients :

  Campanita
Campanita
09-10-18
à 13:43

Moi j'aime bien les épisodes de post-régénération, je trouve toujours intéressant de faire la connaissance d'un nouveau Docteur, pareil pour les nouveaux compagnons (enfin, maintenant on dit "amis"). Au point que je ferme les yeux sans problème si le scénario n'est pas terrible et/ou que le monstre de la semaine est peu inspiré (ce qui est souvent le cas). Après, il vrai que quand le Docteur pieute la plupart du temps ça n'est pas très palpitant, et j'ai eu peur en voyant Thirteen piquer un petit roupillon et même cracher les mêmes filets d'énergie lumineuse que Ten, mais en fait non, ce fut court et globalement, elle est plus à classer dans la catégorie "pile Duracell survitaminée", ça permet un épisode plus dynamique.

Il y a aussi quelques originalités, comme le fait que TARDIS soit absent ou la conception en direct du nouveau tournev...couteau suisse sans couteau sonique. Déjà, c'est rare qu'on s'attarde autant sur ce point, ensuite on s'y attarde plus que sur la nouvelle tenue du Docteur. Je trouve ça plutôt sympa que pour le premier Docteur féminin on la montre plus enthousiasmée par le bricolage que par le shopping, ça fait renversement de cliché discret mais bienvenu, puis ça ne mange pas de pain. D'ailleurs, je la pressent déjà assez "McGyver". Bon point aussi pour ne pas en avoir fait des caisses sur sa féminité toute neuve, sans pour autant complètement éluder le sujet ( le "Est-ce que ça me va?" comme si elle venait juste de se couper les cheveux parce qu'elle aurait eu envie de changer de tête).

J'ai trouvé légèrement forcé que les compa...amis soient tous liés (limite si j'ai pas imaginé un instant que Ryan et Yaz allaient évoqué leurs souvenirs scolaires: "Eh, tu te rappelles quand Machin avait mis des punaises sur la chaise de la prof de maths?" "Ah oui, qu'est-ce qu'on s'était marrés ce jour-là!") mais au moins ça permet de ne pas trop perdre de temps à les présenter les uns aux autres pour aller droit au but.

J'ai eu un coup de coeur pour Ryan, sans doute à cause de sa dyspraxie. Il faut dire que je suis une autiste fiancée à un mal entendant (donc à nous deux, ça nous connaît les problèmes d'équilibre, coordination et adresse), mais c'est aussi la première fois qu'on a un compagnon non-valide, je crois. J'espère qu'on continuera à en parler et qu'il ne va pas guérir miraculeusement, mais plutôt apprendre qu'il peut être badass malgré son handicap. Et puis, j'ai pris un malin plaisir à imaginer la tête de ceux qui râlaient déjà parce que le Docteur était devenu une femme et les compagnons de moins en moins blancs (genre plus de représentation va tuer la série, mais oui, c'est cela). Un peu comme si on nous disait: "Alors, vous trouvez qu'il y a trop diversité dans la série? Eh bien, on va en mettre encore plus, et pan!"

Graham a beau être le seul mec blanc, le fait qu'il soit âgé le rend malgré tout fort atypique. D'habitude, le vieux de la série est le Docteur lui-même, avec pour compagne une jeune femme avec qui il a une relation père-fille (ou professeur-élève dans le cas de Twelve/Bill). Ici, ça ne sera pas la même. Grace était aussi géniale, on aurait voulu la voir en compagne régulière (même si, grâce à la promo, on savait que ce ne serait pas le cas). Et quand à la fin Ryan annonce que la femme merveilleuse tombée du ciel n'est pas le Docteur mais sa Mamie...aaaww!

J'ai aussi trouvé l'épisode étonnemment sombre par rapport à ce qu'on nous avait vendu. Il est aussi très rythmé (je n'ai pas vu l'heure passer). J'aime bien l'ère Moffat, mais il avait d'avantage tendance à explorer les crises identaires du Docteur que ses aventures, ce n'était pas dépourvu d'intérêt mais parfois c'était lourd. Un retour au côté léger des aventures du voyageur (enfin voyageuse) du temps et de l'espace est bienvenu, j'ai l'impression de retrouver les sensations que j'avais éprouvées quand j'ai découvert la série.

Même si les épisodes de Chibnall étaient pour moi corrects dans le meilleur des cas, je suis du genre optimiste, je lui laisse sa chance et pour l'instant il ne me déçoit pas. Les acteurs sont tous excellenst, Jodie Wittaker m'a convaincue (pas que j'en aie douté une seconde), y'a pas à chipoter, elle est le Docteur. Tout au plus, j'ai trouvé que le moment où elle dit enfin: "Je suis le Docteur" manquait de peps (mais c'est moins sa faute que celle de la mise en scène). Je sens que je vais beaucoup l'aimer.

Voilà donc une nouvelle saison qui démarre bien pour moi.

  Zakath-Nath
Zakath-Nath
09-10-18
à 14:54

Re:

J'ai bien aimé le fait que Ryan souffre de dyspraxie, c'est vrai qu'on a déjà eu des personnages avec des handicaps dans la série pendant la période Capaldi (la capitaine en second mal-entendante en saison 9, la scientifique naine dans la saison 10) mais pas un compagnon.

J'espère quand même que les compagnons ne seront pas réduits à leurs problèmes pour seuls traits de personnalités (la dyspraxie et la difficulté à accepter Graham pour Ryan, le cancer en rémission de ce dernier...).

Sinon, le côté McGyver, je l'ai aussi noté, ce serait bien que ce soit une des spécificités de ce Docteur (les autres bricolaient aussi mais elle a vraiment l'air de kiffer ça).