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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Brooklyn Affairs
--> It's Noirvember!
Dans le New York des années 50, Lionel Essrog, détective privé atteint du syndrome de Tourette, tente de découvrir qui a assassiné son employeur et mentor Frank Minna. Son investigation va le pousser à affronter l'un des hommes les plus puissants de la ville.

Acteur connu et reconnu, Edward Norton était déjà passé derrière la caméra en 2000 avec Au nom d'Anna mais son deuxième film en tant que réalisateur, projet de longue date qui lui tenait à cœur, a mis presque quinze ans à suivre. Il s'agit de l'adaptation d'un roman de Jonathan Lethem dont l'action se situait dans les années 90. Elle est ici transposée quelque quarante ans plus tôt, à une époque davantage associée aux films noirs dans la lignée desquels Brooklyn Affairs s'inscrit. Ce qui me fait penser que c'est encore l'heure de faire un point titre, puisque Brooklyn Affairs lui s'inscrit dans la grande tradition des "titres français en anglais" qui font perdre du sens au titre original: ce dernier, Motherless Brooklyn fait directement référence au personnage principal, contrairement à celui bien plus général et générique qu'on nous a collé pour sa sortie sur les écrans français.

Avoir comme protagoniste un détective souffrant du syndrome de Tourette était original et comme il s'agit d'un trouble mal connu au-delà d'un de ses symptômes qui prête le flanc à des moqueries, on pouvait s'inquiéter du traitement qui en serait fait, ou qu'Edward Norton, qui s'est également réservé le rôle principal, donne un peu trop l'impression de vouloir décrocher un Oscar par son entremise. Passées les premières minutes, les inquiétudes se dissipent. Ce n'est pas non plus un simple gadget que l'on abandonne en route, on voit comment cela pèse au quotidien pour Lionel et affecte le regard que les autres portent sur lui mais il ne se limite pas à ce trait de caractérisation. Doté d'une excellente mémoire et habile limier, il n'en reste pas moins encore un peu naïf et en admiration devant l'homme qui l'a recueilli. Sans entrer dans les détails, il y aura plus d'un piédestal brisé au cours de l'intrigue.

Celle-ci peut paraître alambiquée dans la scène d'ouverture mais elle se révèle finalement relativement aisée à suivre et permet d'aborder, à partir du mystère autour du meurtre de Minna, la corruption de la ville de New York et revisiter la figure controversée de Robert Moses, rebaptisé pour l'occasion Moses Randolph, urbaniste célèbre pour son réaménagement de la Grosse Pomme mais dont les méthodes d'expropriation et le racisme pèsent lourdement sur son héritage. Malgré une durée conséquente (quasiment 2h20), le film parvient à ne pas connaître de ventre mou même quand il laisse un temps l'investigation de côté pour laisser respirer ses personnages, notamment à travers la relation entre Lionel et Laura Rose. On ne perd cependant jamais l'enquête de vue et elle ménage quelques retournements de situation dont certains sont assez prévisibles (qui pourrait penser que le personnage joué par Bobby Cannavale n'allait pas être une planche pourrie?)

La mise en scène d'Edward Norton est soignée, malgré un budget relativement restreint la reconstitution des années 50 est crédible et le tout baigne dans une musique jazzy composée par Daniel Pemberton histoire de bien maintenir l'ambiance mais, peut-être parce qu'il est lui-même acteur avant tout, c'est au niveau de la direction de ceux-ci et en leur donnant l'occasion de briller que Norton tire son épingle du jeu. Peu présent puisque son personnage est avant tout là pour lancer l'intrigue, Bruce Willis est néanmoins plus impliqué que dans les direct-to-dvd dont il signe la feuille d'émargement depuis quelques années (pas difficile me direz vous), Alec Baldwin campe un salopard de première, Gugu Mbatha-Raw hérite d'un beau personnage volontaire tandis que Michael K. Williams fait un petit tour remarqué en trompettiste.

Brooklyn Affairs n'est certes pas un chef-d’œuvre du néo-noir, il manque peut-être un peu d'ampleur, ou au contraire de sécheresse pour cela mais Norton parvient à maintenir un bon rythme en dépit de la longueur du métrage et l'enquête menée par Lionel est prenante et offre une belle galerie de personnages interprétée par des acteurs impeccables.
potion préparée par Zakath Nath, le Vendredi 19 Novembre 2021, 23:06bouillonnant dans le chaudron "Films".