Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Belle
Dido Belle Lindsay, fille d'un officier de la Royal Navy et d'une ancienne esclave, est élevée en compagnie de sa cousine par son grand oncle, Lord Mansfield le plus important magistrat d'Angleterre en cette fin de XVIIIe siècle. À la fois éduquée en lady et mise à l'écart à cause de sa couleur de peau, Belle va s'intéresser au sort des esclaves.

Le personnage de Dido Belle Lindsay m'était totalement inconnu et ce film qui sort malheureusement dans une combinaison de salles réduite vient à point pour combler cette ignorance. Il est question d'esclavage, notamment parce que l'affaire du Zong sert de fil rouge à l'intrigue. Le Zong était un négrier dont le capitaine avait jeté la cargaison à la mer en prétendant que sans cela l'équipage serait mort de soif. Ses assureurs, peu convaincus, pensaient surtout qu'il avait tué des esclaves malades, donc invendables, car morts dans les circonstances qu'il relatait ils devenaient dommageables. Bien que malgré l'horreur de l'acte, ce ne soit pas le meurtre mais l'escroquerie qui ait été jugée, cette histoire a contribué à alerter l'opinion publique sur l'horreur de la traite. Mais Dido Belle n'est pas une esclave et n'en fréquente d'ailleurs pas, et le film se concentre principalement sur sa place dans une société où le rang doit être bien défini. Un des grands intérêts du film est de montrer ce statut très flou et de la difficulté de l'héroïne à trouver sa place. Accomplie, héritière bien dotée, Dido a tout du beau parti mais sa couleur de peau lui vaut d'être traitée en paria selon les circonstances. On la voit donc avantagée par rapport à sa cousine blanche mais sans le sou, hautaine vis-à-vis de gens d'une classe inférieure, mais en même temps sans arrêt renvoyée à sa naissance jugée douteuse.

Comme je l'ai dit, je ne connaissais pas Belle, même si l'histoire du Zong m'était plus familière. Le film est assez romancé (Lord Mansfield a en fait prononcé un arrêt décisif concernant l'esclavage, mais pas à propos du Zong par exemple), et insiste beaucoup sur la romance, assez prévisible d'ailleurs dans la façon dont les différents partis sont présentés, ainsi que sur les problèmes de classe. On est finalement plus proche de Jane Austen que de 12 years a slave, ce qui n'est pas du tout un mal mais mieux vaut y aller en connaissance de cause. Le film a de plus l'avantage d'être servi par une jolie distribution. Gugu Mbatha-Raw (qui jouait Tish Jones dans Doctor Who) montre qu'elle a l'étoffe d'un premier rôle, ses acolytes sont tous à la hauteur. On regrettera le peu de temps à l'écran de Matthew Goode et le fait que Tom Felton, bien qu'excellent, soit en terrain un peu trop familier, abandonnant Drago Malefoy poour un autre aristocrate raciste, mais cela ne gâche pas le plaisir et Miranda Richardson est toujours aussi délectable en langue de vipère.

La mise en scène d'Amma Asante est très classique mais sans lourdeur et met en valeur les bonnes vieilles demeures et la campagne anglaise. Le film témoigne à tous les niveaux d'un savoir-faire certain et se suit donc avec plaisir, une des bonnes surprises de l'été.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 27 Juillet 2014, 19:51bouillonnant dans le chaudron "Films".