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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Duel au Soleil
Pearl Chavez, une jeune métisse, rejoint le ranch de ses riches cousins à la mort de son père, exécuté pour le meurtre de sa femme infidèle. Pearl fait vite connaissance des fils de la maisonnée, Jesse, sage et honnête, et Lewt, remuant et sans scrupules. Malgré elle, Pearl va susciter les passions et personne n'en sortira indemne.

En dépit d'avoir lu sur ce film et vu des photos qui en sont tirées dans des bouquins sur le western, je n'avais pas vraiment en tête sa genèse particulière, aussi, en le découvrant pour la première fois, j'ai été pour le moins surprise de la débauche de moyens à l'écran, bien supérieurs à ceux alloués d'ordinaire aux westerns de l'époque. Devant certains plans, de couchers de soleil notamment, et la présence de Butterfly McQueen encore une fois hélas dans le rôle de la petite servante simplette, j'ai évidemment pensé à Autant en emporte le Vent. Ce n'est pas un hasard: ce que David O. Selznick, le producteur de la célèbre adaptation du roman de Margaret Mitchell, avait présenté au départ comme un "petit western artistique" confié aux bons soins de King Vidor allait sous son impulsion devenir un véritable mastodonte, dépasser même le budget d'Autant en emporte le Vent, et voir défiler les réalisateurs, Vidor ayant jeté l'éponge après en avoir tout de même mis en boite la majeure partie.

On est donc face à un grand mélodrame en costumes où Jennifer Jones, tartinée de fond de teint pour faire croire à ses origines métisses, joue Pearl, une jeune femme sensuelle mais au fond encore naïve qui va devenir l'élément perturbateur d'une riche maisonnée. L'opposition entre les frères incarnés par Joseph Cotten et Gregory Peck est immédiatement très tranchée: Jesse est le bon gars sans fantaisie, Lewt le bad-boy dresseur de chevaux ombrageux et promesse d'une vie mouvementée. Néanmoins, Jesse est celui qui défiera ouvertement son père dans un conflit avec le chemin de fer qui se développe et ira refaire sa vie ailleurs tandis que Lewt se gardera bien de contrarier le patriarche et ira même faire sauter des rails pour se garder ses bonnes grâces. Malgré sa belle gueule, Lewt est également un lâche qui n'hésite pas à tirer sur un homme désarmé. Lionel Barrymore, quant à lui, joue leur père, maître de la région et qui va tout perdre en désavouant son fils le plus méritant pour favoriser la mauvaise graine qui ne le contrarie pas. Le Roi Lear n'est pas loin.

Malheureusement, la partie la plus faible du film est pourtant ce qui en est le cœur: la relation entre Pearl et Lewt. Puisqu'il s'agit d'une grande passion destructrice, on ne peut pas exiger que Pearl fasse preuve de rationalité et l'affrontement auquel sont conduits les deux personnages est légendaire et fonctionne à cause de tout ce qui l'a précédé. Néanmoins, c'est par moment pénible à voir, notamment la scène où Pearl s'accroche à la jambe (ce n'est pas une image) de Lewt quand ce dernier décide de partir sans elle, en le suppliant de l'emmener. On a beau se dire que le cœur a ses raisons que la raison ne connait pas, on a aussi envie de lui lancer un "reprend-toi ma fille!".

Duel au Soleil offre heureusement par ailleurs des plans absolument splendides comme celui de Barrymore, seul sur son fauteuil roulant, dans un paysage intégralement rougeoyant, et une dernière scène mythique. On a aussi droit au personnage étonnant du chasseur de péchés (Walter Huston), qui reste toutefois très secondaire alors que sa "profession" est évoquée dans l'ouverture du film (j'ai en effet vu la version avec prélude, ouverture et postlude).

Duel au Soleil s'avère donc bancal quand il aborde la romance contrariée entre Pearl et Lewt, mais on est également emporté par sa démesure et sa flamboyance qui en font une œuvre difficilement oubliable.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 31 Mai 2020, 14:02bouillonnant dans le chaudron "Films".