Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The War Between the Land and the Sea
Suite à la mort de l'un d'entre eux dans des filets de pêcheurs, les Démons des Mers émergent des océans et se font connaître au grand jour, avec des revendications. La conférence organisée prend un tour inattendu quand Sel, ambassadrice des peuples marins, désigne comme interlocuteur Barclay Pierre-Dupont, un humble employé de bureau de UNIT embarqué en mission par erreur et qui seul a montré un signe de respect envers le cadavre.

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Il y a environ trois ans, l'annonce du retour de Russell T. Davies aux manettes de Doctor Who avait été suivie de déclarations promotionnelles enthousiastes: grâce au partenariat avec Disney, bonjour les grands moyens et adieu les économies de bouts de ficelles sur les décors, les costumes et les intrigues spectaculaires! Bienvenue à Ncuti Gatwa qui allait rester pendant au moins trois saisons, comme la plupart de ses illustres prédécesseurs! Et surtout, on allait avoir de nouveaux spin-off pour explorer les marges du Whoniverse et suivre des personnages secondaires attachants croisés au cours des aventures du Docteur! L'illusion d'un avenir radieux pour la série en a pris un sacré coup au printemps 2025: départ prématuré de Gatwa, Disney quittait le navire et on se retrouvait avec un final de "saison 2" qui aurait pu être admirable s'il s'était agi d'un acte de destruction punk mais qui n'est plus probablement que le fruit de tensions, de désaccords et de querelles d'égo dont il faudra sans doute des années à comprendre les tenants et aboutissants.

La série n'est toutefois pas morte, juste moribonde. Un épisode de Noël est annoncé pour 2026 suivi d'au moins une saison, avec la BBC seule en lice, comme au bon vieux temps, ce qui n'est pas forcément plus mal. Restait ce spin-off, dernier vestige de l'alliance avec Mickey, diffusé en cette fin d'années sur la BBC. Que pouvait-on en attendre? Sur le papier, on pense à Torchwood: Les Enfants de la Terre: une mini-série en 5 épisode centrée sur l'une des organisations rencontrées dans Doctor Who confrontée à une crise planétaire qui conduit à des négociations avec une créature qui débarque dans un grand aquarium mis en place pour la rencontre au sommet. L'occasion de brocarder l'Humanité dans son ensemble et de tuer un personnage secondaire récurrent lié au chef d'équipe pour montrer que l'heure est grave. Pour se faire, Davies a été assisté du scénariste Pete McTighe. Choix peu rassurant mais logique, il avait signé l'épisode Lucky Day qui mettait en avant UNIT et Praxeus, le moins mauvais des deux épisodes écolos de la saison 12, ce qui n'est pas sans rapport avec le sujet abordé ici.

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Disons-le, après la cagade de la dernière saison de Doctor Who, je m'attendais au pire, à un sommet de prêchi-prêcha insupportable. Et... ce n'est pas tout à fait le cas. Ce n'est pas ce que l'on a vu de pire dans la série-mère et ses spin-offs, les cinq épisodes passent assez vite. Néanmoins, on nous fait évidemment la leçon de manière lourde mais le problème vient surtout du fait que les scénaristes sont incapables de se hisser à la hauteur de leurs ambitions, ce qui rend leur propos tout à fait puéril. Or sans tomber dans le trash facile de Torchwood qui essayait de passer pour de la maturité, la mini-série se veut plus adulte que Doctor Who. Le postulat de base se tient: on a pollué les terres et les océans et quand les Homo Aqua, Homo Amphibia et autres habitants des profondeurs font connaître leur ras-le-bol, trouver une solution devient une urgence alors que le temps manque. À partir de là malheureusement, tout n'est que facilités.

Le deuxième épisode marque grâce une séquence apocalyptique où les Homo Aqua envoient sur Terre tout ce que les humains ont balancé dans l'eau au cours des siècles. Deux épisodes plus tard, les rues sont propres et la nature verdoyante sans que l'on sache comment tout a été nettoyé si vite alors que visiblement on est désemparé. Sel est considérée comme une traitresse par son peuple, puis celui-ci est quasiment détruit par un virus qu'elle a involontairement contribué à transmettre à ses semblables... Et on ne sait comment, elle est réinstaurée ambassadrice par les survivants. UNIT, malgré des problèmes de recrutement de personnel décidément récurrents, est encore montré comme une force du Bien alors que le regard était plus critique autrefois (ne serait-ce que le traitement des Siluriens par le Brigadier dans une histoire similaire). Bon, concrètement ils ne réussissent rien et sont incompétents à divers degrés, même problème qu'avec Torchwood. Les méchants, réduits à quatre figures de militaires, industriel et Premier ministre, sont sans nuances, fomentent des contre-attaques à Downing Street et illustrent un des gros problèmes de Davies ces dernières années: il est fort pour dénoncer mais finalement très démago et ne s'aperçoit visiblement pas de ses propres contradictions: lors d'une réunion, un personnage lance une pique aux méchants sur le colonialisme et la violence des Occidentaux... Mais Davies semble pourtant considérer ces derniers comme seuls capables d'agir dans une crise qui concerne toute l'Humanité: peut-on croire par exemple qu'une grande puissance comme la Chine, avec son industrie, son commerce à l'échelle internationale, son armée, se tournerait les pouces en attendant que les négociations se passent durant lesquelles elle n'a pas son mot à dire, sans prendre l'initiative d'autres voies? Pas dans le monde simpliste qu'on nous propose. Quant à la dernière scène avec Kate, difficile de croire qu'elle a été écrite, validée, jouée, montée dans le plus grand sérieux tant elle ressemble à l’œuvre d'un enfant d'école primaire indigné qui vient de découvrir que la pollution et le manque de civisme qui y contribue sont des fléaux.

Pour porter ce scénario bancal, on a fait appel à des acteurs qui ne sont pas étrangers à l'univers même s'ils y tiennent pour certains de nouveaux rôles (et sortis de la première ère Davies, encore une fois...) Difficile cependant de s'illustrer avec des personnages fonctionnels. Russell Tovey surjoue ainsi l'homme ordinaire pris dans une histoire qui le dépasse, avec de tels automatismes qu'on sait quand sa voix va partir dans les aigus et dont les airs larmoyants agacent plus qu'ils n'émeuvent. Il se livre à un remake de La Forme de l'Eau (qui au moins se présentait d'emblée comme un conte pour faire passer crème les archétypes) avec Gugu Mbatha-Raw qui incarne Sel, une Homo Amphibia au physique plus humain que les "Démons des Mers" d'antan, histoire de rendre plus potable la romance avec Barclay, si j'ose dire (encore une fois, La Forme de l'Eau osait plus d'étrangeté dans le physique de son amphibien). Elle s'en tire avec les honneurs malgré un personnage au comportement aléatoire. Jemma Redgrave est en pilotage automatique dans le rôle de Kate qu'elle maîtrise mais elle peine à nous faire croire à sa relation avec le colonel Ibrahim.

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Peut-être parce que je n'en attendais rien de bon, peut-être parce qu'il s'agit d'un spin-off anecdotique et non de la série-mère à laquelle j'ai été profondément attachée pendant des années, The War Between the Land and the Sea se révèle parfaitement regardable et même suffisamment bien rythmée pour ne pas susciter l'ennui. Cependant, les défauts du showrunner sont toujours bien présents et pas prêts de s'en aller, ce qui augure mal pour la suite des événements, déjà mal engagée.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 4 Janvier 2026, 13:05bouillonnant dans le chaudron "Whoniverse".