Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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John, espion à la retraite, voit son passé ressurgir alors que sa voisine de chambre dans l'hôtel où il réside disparait. Est-ce l’œuvre de Serpentik, son ennemie d'autrefois qu'il n'a jamais réussi à démasquer?

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Dans la catégorie Objet Filmique Non Identifié, voici un sacré client. Cette production franco-belgo-italo-luxembourgeoise signée Hélène Cattet et Bruno Forzani revisite une figure bien connue du cinéma: le super-espion. Ici, rangé des voiture, il coule une confortable retraite dans un hôtel de luxe sur les rives de la Méditerranée, dégustant en boucle son cocktail favori en observant baigneuses et pêcheurs de crustacés jusqu'à ce qu'un incident curieux le force à replonger dans son passé. Jusqu'ici, rien que de très ordinaire si ce n'est la structure et l'esthétique dudit film. Certes, ce n'est pas la première fois, loin s'en faut, que l'on opère des allés et retours entre passé et présent, passé reprenant la facture des long-métrages du même genre de l'époque de la jeunesse du héros. Le pastiche de film d'espionnage des années 60/70, que ce soit des James Bond ou des OSS 117, on connait. Ici néanmoins, les transitions sont à la fois fluides et déstabilisantes, offrant un scénario dont on reconstitue les bribes grâce à une familiarité avec ce genre d'histoire mais qui est volontairement décousu: industriel à protéger, collègue sexy, ennemie protéiforme... Tout est là, de manière totalement exagérée, notamment au travers de gadget loufoque (mention spéciale à la robe enregistreuse et tueuse).

Parallèlement au pur hommage visuel qui donne parfois l'impression d'être plongé dans un générique de James Bond étiré à l'infini se mêle une réflexion sur les frontières entre réalité et fiction: l'univers ressemble à ceux que pouvaient proposer le cinéma bis italien des années 60/70, pop, sanglants et délirants, Serpentik évoque évidemment le vilain Diabolik, certains plans sont des cases de fumetti et peu à peu, l'on se demande si John a bien été un espion ou s'il s'agit seulement d'un vieil acteur de ce type de métrage qui ressasse son heure de gloire et confond son identité avec celle de son personnage. Les dernières secondes apportent un élément de réponses sur l'aspect psychédélique et incohérent de ce que l'on a vu mais il s'agit d'une de ces histoires où on laisse le spectateur juge, privilégiant l'ambiance pure à la crédibilité.

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De ce point de vue, on est face à une vraie réussite: Cattet et Forzani livrent un boulot ultra-soigné et référencé, avec une scène de combat particulièrement amusante et gore à base d'hameçon fixé à des mèches de cheveux. Possible que ce soit un emprunt à un film existant d'ailleurs, tant on a l'impression de voir un scénario de Quentin Tarantino adapté par David Lynch, à moins que ce ne soit l'inverse. Avouons toutefois que si le film est court, il y a des moments où l'on sature un peu devant l'empilement de séquences qui se succèdent sans que l'on discerne où l'on se trouve et où l'on nous mène, d'autant que l'étonnement passé devant le parti-pris, le film le déroule et qu'en un sens, on n'est plus surpris d'être surpris.

Les acteurs se prêtent en tout cas au jeu, et il est de ce fait assez difficile de juger de leur jeu d'acteurs car ils interprètent des archétypes, sonnent délibérément faux d'autant plus volontiers que l'on joue la carte de la production internationale où la post-synchronisation était reine, avec des scènes où dans le même dialogue on peut passer du français à l'anglais ou à l'italien. Fabio Testi n'est pas sans évoquer un vieux Sean Connery tandis que Yannick Renier a la gueule de l'emploi de l'espion ténébreux et violent, beau gosse mais dont on ne sait pas s'il représente le Bien face à la maléfique Serpentik, incarnée par plusieurs actrices différentes. On reconnaîtra également Maria de Medeiros qui tire peut-être les ficelles de tout ce bazar.

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Comme souvent avec les exercices de style, on peut lui reprocher un aspect vain, au-delà de la carrosserie clinquante et cela fait partie de ces films dont on doit dire "ne cherche pas, laisse-toi porter", ce qui n'est pas la tasse de thé de tout le monde, mais l'objet est aussi singulier que séduisant.
potion préparée par Zakath Nath, le Vendredi 14 Novembre 2025, 18:10bouillonnant dans le chaudron "Films".