Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


mon compte twitter mon tumblr mon compte bétaséries



Les aventuriers de l'article perdu

Archive : tous les articles

Principaux grimoires

Inventaire des ingrédients

Ce qui mijote encore

Potion précédente-Potion suivante
Little Big Man
Âgé de 121 ans, Jack Crabb, dernier survivant de la bataille de Little Big Horn, se confie. Il raconte comment, orphelin à dix ans, il a été recueilli par des Cheyennes puis comment il est revenu vivre chez les pionniers. Il a été escroc, tireur d'élite, commerçant, s'est marié plusieurs fois avant de jouer son rôle dans la dernière charge du général Custer.

En 1970, le western américain est considéré comme moribond mais toujours plus vivace que d'autres genres qui ont fait les belles heures d'Hollywood comme le péplum, les films de pirates ou plus largement de capes et d'épées. On comprend toutefois qu'on ne peut plus aborder certains thèmes, comme la Conquête de l'Ouest, comme on le faisait encore moins de dix ans plus tôt et qu'il est nécessaire au contraire de déboulonner certaines idoles. Après avoir contribué à poser un mythe, le western le revisite et le remet en cause et devient plus contestataire. Little Big Man, adapté par Arthur Penn d'un roman de Thomas Berger, s'inscrit dans cette lignée. Il ne s'agit pour autant pas du premier western à présenter les Cheyennes ou d'autres peuples de manière positive. La flèche brisée est le titre que l'on cite le plus souvent pour montrer que dès les années 50 on se souciait de les montrer comme autre chose que des menaces pour les héros mais même Le Massacre de Fort Apache dressait le portrait critique d'un officier de cavalerie avide de gloire qui conduisait son régiment au désastre en sous-estimant les stratèges en face qui avaient de bonnes raisons d'être énervés. Le personnage de Thursday était fictif mais pas besoin d'être grand clerc pour deviner derrière la figure de Custer, encore inattaquable directement.

Les temps ont donc changé quand sort Little Big Man, récit picaresque qui permet à travers les mésaventures de son personnage principal, de dresser un portrait de la Conquête de l'Ouest en se montrant moins tendre pour les colons et la cavalerie. Adopté par les Cheyennes, Jack Crabb va se retrouver balloté d'un peuple à l'autre mais malgré l'ennemi qu'il se fait en la personne d'Ours Cadet, on comprend vite où va la sympathie première du héros. Son parcours l'amène à exercer plusieurs profession, charlatan au côté d'un maître qui perd des morceaux de lui-même régulièrement, as de la gâchette grâce à sa sœur... Il va croiser la route de personnalités connues comme Wild Bill Hickock, Buffalo Bill (on sent qu'il y avait à faire de ce côté... scènes coupées?) et surtout George Armstrong Custer; et des personnages fictifs hauts en couleur comme la nymphomane Mrs Pendrake, son ami d'enfance Petit Cheval ou son ennemi Ours Cadet contraint de tout faire à l'envers.

Les rebondissements ne manquent pas tant Crabb fait feu de tout bois et Arthur Penn ne craint pas les ruptures de ton. On peut ainsi traiter de manière humoristique et sans conséquence le supplice du goudron et des plumes (alors que c'était une horreur) et traiter avec réalisme la violence des massacres commis par Custer (le sort du bébé de Crabb et Sunshine est rapide mais étonnamment graphique et sans concession). On est toutefois encore dans les années 70, et on a donc choisi de tourner l'intégralité du film en langue anglaise même quand les Cheyennes parlent entre eux, ce que l'on ne ferait plus de nos jours, tout comme prendre des acteurs originaires de Hong Kong ou de Singapour pour jouer certains rôles en pensant qu'on n'y verra que du feu.

Puisque l'on en vient au casting, celui-ci n'est pas pour peu dans l'attrait du film. Dustin Hoffman, en pleine ascension après Le Lauréat trois ans plus tôt, se taille la part du lion dans le rôle de ce petit grand homme à la fois dégourdi et naïf. Faye Dunaway est assez peu présente dans un rôle pas très gratifiant mais elle en tire le meilleur et Chief Dan George et Robert Little Star s'avèrent assez touchants. Richard Mulligan, quant à lui, est un véritable voleur de vedette dans le rôle d'un Custer vaniteux et narcissique, incapable d'admettre la moindre erreur même quand il est complètement à côté de la plaque. Il a beau être détestable, chacune de ses apparitions est un délice.

Little Big Man est une réussite de tous les instants, tour à tour drôle et tragique comme l'existence de son personnage principal, participant dans sa petite mesure à la grande Histoire de l'Ouest.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 15 Mai 2025, 12:18bouillonnant dans le chaudron "Films".


Ingrédients :

  maw
maw
15-05-25
à 21:01

Incroyable ce film. Il m'avait beaucoup marqué étant jeune.

  Zakath-Nath
Zakath-Nath
15-05-25
à 22:31

Re:

Je viens d'acheter le bouquin, c'est un pavé! Le film a dû bien synthétiser.