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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Life of Chuck
Alors que les catastrophes naturelles s'enchaînent sur la planète, que les communications sont peu à peu coupées, Marty, professeur de lycée, et Felicia, son ex-femme infirmière, s'étonnent de voir se multiplier panneaux publicitaires et spots radio remerciant un certain Charles Krantz pour 39 années formidables. Qui est-il et pourquoi lui accorde-t-on autant d'importance alors que le monde s'effondre?

Entre deux séries Netflix réadaptant à sa sauce les classiques de l'épouvante à l'ancienne avec les The Haunting of... et autre Chute de la maison Usher ou une minisérie originale mais sous forte influence kingienne (Sermons de Minuit), Mike Flanagan est devenu le récent spécialiste des adaptations de Stephen King, ce qui est quand même pour l’œuvre du maître un sacré atout quand jusque-là son plus fidèle serviteur en la matière a été le loyal mais beaucoup moins doué Mick Garris. Après l'échec d'une tentative de production du roman Revival, il s'attaque ici à un récit tiré du recueil Si ça saigne dans lequel King s'éloigne des histoires d'épouvante pour offrir une fable philosophique sur la vie et la mort.

Divisé en trois actes en commençant par le dernier avant de remonter vers le premier, le film intrigue dès le départ: on vit en effet au travers des yeux de Marty et Fel ce qui ressemble fort à une apocalypse. La Californie s'effondre totalement, raz-de-marée, inondations, séismes se multiplient, internet flanche avant de s'éteindre définitivement, suivi par les autres modes modernes de communication... Les personnages s'en désolent, c'est l'occasion de parler changement climatique sans pour autant le rendre responsable de cette fin du monde mais les protagonistes et les gens qu'ils croisent sont plus apathiques que paniqués: "ça craint" reste ce que la situation leur arrache de plus violent. Seules les mentions de Charles Krantz sur des écrans publicitaires arrivent encore, ponctuellement, à susciter leur curiosité sans pour autant les pousser à mener une enquête. À quoi bon, puisque le monde va disparaître? Les actes II et III, en remontant la vie de Chuck, vont fournir une réponse. En attendant, ce premier acte séduit par son étrangeté, angoissant tout en étant curieusement reposant par son approche apaisée de notre destruction.

Stephen King s'est illustré dans d'autres genres que l'épouvante, c'est un fait. cependant, le King qui joue sur les bons sentiments ou la poésie du quotidien n'est pas celui que je préfère. La narration utilisée dans le film, pas trop présente, a ce style de familiarité un peu agaçante que je trouve parfois dans son écriture auqeul s'ajoute le goût de Flanagan pour les grands monologues. Cependant, le deuxième acte fonctionne en nous présentant le fameux Chuck, comptable ordinaire qui va révéler en public un étonnant talent pour la danse dans une séquence dont on a beaucoup fait la promotion. Et en effet, si l'on surligne vraiment ce moment de grâce suspendu, la chorégraphie, la manière dont tout cela a été amené, c'est vraiment efficaces. On veut savoir qui est ce Chuck et pourquoi il est si important, avant un troisième acte qui donne enfin la clé du film: les détails intrigants relevés au cours de ce dernier font écho à ceux du premier même si l'on pense à d'autres films ayant usés du procédé pour illustrer la même chose qui ironiquement jouaient la carte de l'épouvante que King et Flanagan refusent ici, même si le surnaturel n'est pas absent.

Mike Flanagan a recruté un casting qui mélange nouveaux venus dans son univers, comme Chiwetel Ejiofor qui porte une bonne partie du premier segment et Tom Hiddleston dans le rôle du Chuck du titre adulte, et de vieux complices dans les seconds rôles comme Karen Gillan qui avait joué dans l'un de ses premiers films d'horreur, Mark Hamill en grand-père moustachu, Samantha Sloyan en prof de danse, des caméos vocaux de Carla Gugino et Hamish Linlater, ou encore Matthew Lillard en voisin au sourire de façade (et qui reviendra dans le Carrie du même Flanagan... Décidément, entrer dans son carnet d'adresse semble être une garantie contre le chômage à Hollywood). Tout le monde est très bien, dans le ton qui exige un peu de cabotinage par moment ou d'artificialité liée à un monde de fable un peu guimauve mais pas trop tout en arrivant à être juste dans ses émotions.

Modeste en apparence mais finement dirigé, Life of Chuck est un joli petit film qui commence par angoisser légèrement avec son atmosphère de ruine imminente et les apparitions mystérieuses de Charles Krantz avant de révéler sa vraie nature.
potion préparée par Zakath Nath, le Vendredi 10 Avril 2026, 15:49bouillonnant dans le chaudron "Films".