Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Le médecin malgré lui
Lassée de la paresse, de l'alcoolisme et de la brutalité de son mari Sganarelle, Martine s'amuse à le faire passer pour un brillant médecin aux yeux de deux serviteurs qui cherchent un docteur capable de guérir Lucinde, la fille de leur maître, de son mutisme. Sganarelle s'adapte finalement bien vite à sa nouvelle profession mais se retrouve pris entre les intérêts divergents de son employeur et de Lucinde.

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Impossible de traverser sa scolarité sans étudier en classe une ou deux pièces de Molière. On peut passer à côté de Racine (c'est mon cas), plus difficilement de Corneille mais Molière? Eh bien Le médecin malgré lui a été la première œuvre de monsieur Poquelin que j'ai abordé en classe puisqu'en sixième la prof de français nous l'avait fait lire. Heureusement pour moi, j'avais déjà vu au théâtre Le Bourgeois Gentilhomme, les Fourberies de Scapin et le Malade imaginaire pour me faire une véritable idée de son théâtre toutefois car à la simple lecture, cet opus-ci ne m'avait pas décroché un sourire. Y revenir trente ans plus tard a été bénéfique, c'est le moins que l'on puisse dire.

Les échanges entre Martine et Sganarelle ne manquent pas d'esprit même si leur relation ne passe pas vraiment la barrière du bon goût: il y a de la violence conjugale dans l'air et même si Martine prend sa revanche, pas sûre qu'une telle légèreté sur le sujet soit encore bien reçue. Figure récurrente de Molière, Sganarelle est pourtant ici différent de ses précédentes itérations: d'habitude, il est un respectable bourgeois plus tout jeune et assez ridicule qui se trouve la dupe des autres. Ici, il a dégringolé socialement pour n'être qu'un humble faiseur de fagot qui dilapide son maigre salaire dans la bouteille plutôt qu'à nourrir son ménage. Un bon à rien dont le passé de valet de médecin lui permettra cependant de pouvoir improviser avec assurance suite au quiproquo initié par sa femme. Ainsi, il n'est pas que la victime des manigances d'autres personnages mais ruse à son tour, au moins un certain temps.

Le reste est plus convenu, avec des gags à base de coups de bâton, un couple de jeunes premiers à qui un barbon refuse le mariage, et une solution qui tombe à pic, un héritage qui vient dénouer la situation et sauver ce pauvre (mais après tout vénal) Sganarelle.

Après L'Amour médecin, c'est une nouvelle occasion pour Molière de brocarder les représentants d'une profession qu'il ne portait pas dans son cœur, sans toutefois ce coup-ci viser personne en particulier. Ce qui explique peut-être la plus grande réputation de cette pièce-ci, plus universelle et qui permet avec le temps de voir le chemin parcouru depuis le XVIIe plutôt que d'y perdre des allusions adressées à la seule cour de Louis XIV.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 9 Décembre 2025, 12:00bouillonnant dans le chaudron "Concerts/Théâtre/Opéra/Spectacles".