Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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La Nuit ravagée
Tom, Alex, Max, Mehdi et Lena passent leur adolescence à Saint-Auch, petite ville pavillonnaire de la banlieue de Toulouse. Leur quotidien mêlé d'ennui, de sorties au centre commercial, de petites bêtises et de drames personnels est perturbé par une maison impasse des Ormes. Une maison au passé sinistre, une maison qui exerce sur eux une étrange attraction, une maison dans laquelle ils vont s'aventurer à leurs risques et périls.

nuitravagee

Une petite ville de province, une bande de jeunes confrontés à la fois à une créature protéiforme et à des horreurs bien humaines, la fin de l'enfance et des amitiés qui s'y sont forgées... Jean-Baptiste Del Amo ne s'en cache pas, Ça de Stephen King a été une influence majeure sur ce roman, mais aussi dans sa construction en tant qu'écrivain. Appartenant à la même génération que lui, ayant découvert le même livre encore au collège pour vivre une révélation comparable, je m'y suis parfaitement retrouvée, quand bien même nos expériences ont pu différer par ailleurs (dans sa postface, il évoque même les collections J'ai Lu et Pocket Terreur, quiconque a parcouru ce blog saura l'impact qu'elles ont encore sur moi). Ce ne sont pas les seuls références croisées au cours de ce roman et si parfois l'auteur se montre un peu trop explicite et descriptif, on ne se contente pas de balancer des titres pour les initiés ou de jouer la pure carte de la nostalgie.

En effet, si l'on sent le vécu au-delà de l'aspect purement horrifique de l'intrigue (bien présent et pas purement symbolique, comme quoi la collection blanche de Gallimard peut publier de l'épouvante), on ne plonge pas dans des années 90 doudou. J'ai tendance avec le temps à penser que j'ai eu de la chance d'être adolescente durant cette décennie, car on avait des loisirs assez variés à disposition grâce aux technologies de l'époque, sans les pressions supplémentaires et les dérives des réseaux sociaux, sans non plus le contexte de crises économiques et internationales oppressant... Del Amo fait opportunément non seulement vivre ces quartiers pavillonnaires mais aussi une époque, rappelant qu'il y avait déjà une guerre en Europe, la peur du Sida, la famine en Somalie, un génocide au Rwanda, des prises d'otages, des meurtres racistes en France... Des événements qui remontent à la mémoire et qu'on a tendance à occulter derrière une insouciance qu'on n'a en réalité jamais vraiment ressentie.

Après un prologue qui donne un avant-goût encore mystérieux du danger qui pèse sur les protagonistes, on découvre le quotidien du quintette, leurs tourments, tandis que la menace sur précise. Tous les personnages ne sont pas traités à la même enseigne, j'ai eu l'impression que l'on passait plus de temps avec Mehdi, Max et Lena quitte à perdre un peu de vue un moment Tom et Alex alors que ce dernier est l'un des plus vulnérables à cause d'un deuil récent, et la fin, en regard de ce qui a précédé, parait bien rapide. Il n'était cela dit pas nécessaire d'épiloguer. Je me suis aussi demandée si en plus des références citées, Del Amo n'avait pas été influencé par la saison 2 de Channel Zero: No-End House, que ses héros n'ont pas pu voir mais lui si... Cela dit la saison adaptait elle-même une creepy-pasta, donc coïncidence ou inspiration commune, je ne sais et cela n'a pas grande importance.

S'il se montre un peu trop didactique dans l'explication de ses références les plus évidentes pour ne pas accuser certaines lourdeurs, le roman mêle habilement chronique adolescente et horreur pure, violence quotidienne et apparitions monstrueuses. Une jolie réussite.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 11 Décembre 2025, 21:43bouillonnant dans le chaudron "Littérature".