Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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La Maison du Sommeil
Ancienne résidence universitaire, Ashdown est désormais une clinique où l'inquiétant docteur Dudden traite et étudie les troubles du sommeil. Terry, critique de films souffrant d'insomnie, vient s'y faire soigner alors qu'il connaissait déjà les lieux en tant qu'étudiant. Le passé va remonter à la surface alors que les anciens condisciples qui s'étaient perdus de vue vont de nouveau se croiser.

Alors qu'un nouveau roman de Jonathan Coe vient de sortir en librairie, dans sa veine politico-satirique semble-t-il, m'est venue l'envie de remonter dans le temps pour lire une de ses premières œuvres. J'étais persuadé que La Maison du Sommeil avait été écrit avant Testament à l'Anglaise, ma découverte de l'auteur qui m'avait profondément marquée, et ce n'est qu'une fois le bouquin entamé que j'ai vu qu'il était en fait postérieur. Ce qui a peut-être influencé mon jugement car je ne le voyais plus comme un roman de jeunesse avec la tendance à l'indulgence que cela induit.

En lisant le résumé, on peut s'attendre à un thriller, voire de l'épouvante et il y en a quelques ingrédients avec un savant fou, des expériences douteuses dans une clinique et des personnages qui ont tous des secrets. Coe s'en amuse superficiellement mais ce n'est pas ce qui l'intéresse. Comme d'habitude, il fait preuve d'un talent certain pour faire se croiser et se recroiser différents personnages sur plusieurs années, des détails revenant pour prendre une autre allure alors que l'on progresse dans le récit. Les personnages sont vivants bien que certains soient caricaturaux, Dudden en particulier, et certains passages, comme la critique aux notes de bas de pages décalées ou la réunion de formation des médecins, sont franchement drôles. Néanmoins le cœur du récit est une histoire d'amour et là c'est bien moins convainquant. Il y a en effet un grand déséquilibre entre un personnage amoureux dès le départ d'un autre et qui va employer des moyens drastiques pour plaire à la personne aimée quand celle-ci va mettre des années à réaliser ses propres sentiments. De ce fait, le premier personnage, même s'il n'y a aucune manipulation ou coercition de sa part, met mal à l'aise dans son comportement puisqu'il n'y a aucune promesse en face et le fait que la fin laisse entendre un happy-end semble bien pratique et peu crédible.

Si le roman a une étrangeté qui peut séduire et qu'on y retrouve à plusieurs reprises l'habileté de l'auteur à brosser des destins contrariés par l'ironie de la vie, La Maison du Sommeil est un Coe plutôt mineur.
potion préparée par Zakath Nath, le Vendredi 3 Octobre 2025, 12:22bouillonnant dans le chaudron "Littérature".