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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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La Bataille de Gaulle: l'Âge de Fer
En juin 1940, Charles de Gaulle, refusant l'armistice, gagne Londres où il tente de rallier les partisans d'une France libre. Déterminé mais isolé, il a bien du mal à convaincre qu'il est une alternative crédible au gouvernement de Pétain. Peu à peu pourtant, il parvient à s'imposer.

Depuis quelques années, le cinéma français ou tout du moins le grand ponte de Pathé Jérôme Seydoux tente de ramener en salles les spectateurs en misant sur un type de spectacle qui semblait tombé en désuétude: la grande fresque patrimoniale bien de chez nous. Cela a commencé par des valeurs sûres, deux adaptations de romans célèbres d'Alexandre Dumas, celle des Trois Musquetaires en deux parties, qui ne m'avait pas séduite, puis celle du Comte de Monte-Cristo que j'avais zappée: le succès a été en tout cas au rendez-vous mais ce nouveau diptyque change la donne puisqu'on quitte le roman populaire pour le biopic. Et si le Général de Gaulle est peut-être le dernier chef d'État français qui projette une aura suffisante pour justifier qu'on y mette le budget, il n'est pas un personnage de roman (bien qu'il en a parfois l'air) mais une personnalité réelle qui ne fait pas l'unanimité. De plus, comme toujours, il faut au scénariste/réalisateur trouver le bon équilibre entre réalité des faits et romanesque.

C'est Antonin Baudry qui s'y colle, remarqué pour le scénario de la bande dessinée Quai d'Orsay où il s'inspirait de sa propre expérience au Ministère des Affaires étrangères sous Villepin, passé depuis à la réalisation avec Le Chant du Loup, thriller militaire dans un sous-marin assez inhabituel au sein de la production française. Cette première partie, L'Âge de Fer, part de la débâcle de juin 1940 à l'assassinat de l'amiral Darlan fin 1942 et s'attache à décrire l'éclosion de la France Libre à Londres et ses premiers faits d'armes, en parallèle au parcours de Fernand, jeune homme resté à Paris et qui refuse tout comme le général la reddition de son pays. Le portrait de Charles de Gaulle évite de tomber dans l'hagiographie sans que l'on sache vraiment sur quel pied danser, tout comme ses interlocuteurs finalement: farouchement convaincu de la grandeur éternelle de la France et de sa capacité à l'incarner, sa stratégie pour rallier des soutiens semble surtout de transmettre cette assurance à ceux dont il a besoin. Cela lui donne un aspect comique en décalage avec son entourage plus terre-à-terre. Il semble pourtant également en représentation constante en public, maintenant sa silhouette dans une gaine et laissant le doute envahir son visage uniquement quand il est seul. Sa relation avec Churchill est l'un des points forts du film, deux hommes avec un sens du panache et de l'audace qui s'opposent néanmoins souvent face à la marche à suivre et aux alliés à ménager.

Il y a évidemment de gros raccourcis et des simplifications: par exemple, le parcours de Fernand est plus complexe que ce que montre le film et son geste final n'est pas celui de quelqu'un qui a agi seul et vite. Sa rencontre furtive avec Jean Moulin est aussi un ajout romanesque. Par ailleurs, le film est riche en événements mais manque à l'occasion de détails, comme si l'on comptait sur le spectateur pour avoir déjà toutes les connaissances nécessaires ou se renseigner ensuite: ainsi Susan Travers n'est ni présentée ni même nommée, on voit une femme aux côtés de Koenig à Bir Hakeim, allez voir sur Wikipédia qui ça peut être. Le début est également très saccadé avec un De Gaulle un coup à Montcornet, un coup sur le départ, un coup devant les studios de la BBC où il semble lancer son appel comme ça. Antonin Baudry n'a peut-être pas l'expérience pour réaliser un film aussi ambitieux mais il s'en tire bien, notamment lors de la bataille de Bir Hakeim, le grand moment du film.

Le casting est également un point fort. Je n'aurais pas forcément parié sur Simon Abkarian pour incarner le général. Il est vrai que les personnalités comme lui ou Churchill dont on a autant le phrasé que le physique en tête ne sont pas aisés à retranscrire mais l'acteur est impeccable. Tout somme Simon Russell Beale en Churchill et Benoît Magimel dans le rôle de Koenig s'illustre aussi. Matthieu Kassovitz est également marquant en Darlan tandis que certains semblent surtout être là pour donner leur pleine mesure dans le deuxième volet comme Niels Schneider en Leclerc ou Félix Kysyl en Jean Moulin. Florian Lesieur doit en revanche se colleter un rôle assez cliché de jeune homme qui s'éveille à la Résistance comme on en a vu dans nombre de séries télévisées bien qu'ici on se base sur des faits réels, comme on dit.

Parti timidement au box-office, La Bataille de Gaulle: l'Âge de Fer a su monter en puissance. Si la canicule n'y est pas pour rien (2h40 dans une salle climatisée c'est toujours bon à prendre), c'est également parce que le bouche-à-oreilles a fait son œuvre. Le film n'est pas dépourvu de défauts mais ne manque pas d'ampleur et l'intérêt grandissant qu'il suscite démontre qu'il est bénéfique de donner à un long-métrage le temps de vivre sa vie en salles avant de le précipiter sur les plate-formes de streaming.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 12 Juillet 2026, 15:34bouillonnant dans le chaudron "Films".