Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Exit 8
Un homme tourne en rond dans les mêmes couloirs du métro à la recherche de la sortie 8. Il comprend finalement comment se tirer d'affaire: si tout est conforme à son premier parcours, il doit continuer. À la moindre anomalie, il doit faire demi-tour pour accéder au niveau suivant. La moindre erreur le renverra à son point de départ.

Présenté dans le cadre de la sélection de minuit du Festival de Cannes, Exit 8 n'a pas suscité une attention énorme mais il n'a pas fallu attendre longtemps avant sa sortie sur grand écran, dans un nombre réduit de salles (celle où je l'ai vu, la même que pour When Evil Lurks, qui par ailleurs sort enfin en blu-ray à la fin du mois, compte en tout et pour tout 29 places!). Il s'agit encore d'une adaptation de jeu vidéo mais en dépit de sa bonne réputation, on ne parle pas d'un poids lourd comme Sonic, Marioou dans un autre style The Last of Us. Le jeu comme le film repose sur un concept simple: une boucle infinie dans trois couloirs de métro dont on ne peut s'extraire qu'en se montrant observateur: une fois qu'on a repéré à quoi ressemblent les lieux pendant quelques tours normaux, la moindre différence signe la nécessité de faire demi-tour et ainsi progresser d'un niveau.

Bien qu'étiqueté "horreur", le film n'est pas terrifiant mais angoissant comme peut l'être un cauchemar où l'on tourne en rond dans un endroit clos et ce que l'on appelle les espaces liminaires, ces lieux de transition (ici un couloir reliant quais et sortie de métro) vidés du flux habituel des usagers. Le décor du film reprend fidèlement celui du jeu et devient facilement inquiétant: comme les personnages prisonniers, on balance entre la claustrophobie ou la frustration face à la répétition du même environnement dont on ne peut s'extraire et la peur que déclenche la moindre anomalie quand bien même une fois repérée celle-ci fait progresser vers la sortie. L'idée de départ minimaliste rend difficile de ne pas tourner en rond au niveau de l'intrigue, et pas seulement du déplacement du protagoniste ,mais on tient sur la durée en multipliant les points de vue, ce qui permet de cerner un peu mieux les règles et même de dégager une symbolique à tout cela.

On a ainsi pu voir dans le film un message nataliste (compréhensible vu la situation du Japon), on peut simplement penser qu'on évoque surtout un encouragement envers les pères présents et à venir de ne pas se défausser de leurs responsabilités, ou simplement la critique d'une société déshumanisée où l'on se rend au boulot puis au dodo dans l'indifférence à ceux qui nous entourent. Avec ces changements de niveaux explicites et les retours à la case départ en cas d'échec, l'origine vidéoludique est évidente et je n'ai pu m'empêcher de m'interroger sur le niveau de difficulté de l’œuvre sur laquelle le film est basé: car sans le stress et la panique que peut ressentir quelqu'un de vraiment perdu dans ces couloirs, un minimum d'observation et de méthode devraient suffire. Peut-être y a-t-il des pièges que j'ignore au-delà d'un jeu des différences. Le film présente il est vrai certains pièges mais par moment les personnages ne réagissent pas de manière logique, en ne faisant pas demi-tour devant une anomalie évidente mais avec une curiosité qui parait mal placée.

Il faut bien agrémenter une quête qui sans cela manquerait un peu de relief et certains passages sont efficaces. Le casting est forcément réduit et repose en grande partie sur les épaules de Kazunari Ninomiya qui s'en sort très bien. Yamato Kochi fait également le taff dans un rôle "double" à la fois victime et parti-prenante du piège tandis que Naru Asanuma est correct en gamin étrange. Avec peu de dialogues et peu d'expressions exigées, on limite de toute façon les inconvénients d'avoir recours à un très jeune acteur.

Genki Kawamura a su relever le défit d'une adaptation en long-métrage d'un point de départ cauchemardesque à souhait mais aux perspectives limitées pour raconter une histoire qui se tient. Néanmoins, on peut regretter que le film ne parvienne pas à être encore plus angoissant et éprouvant pour les nerfs.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 7 Septembre 2025, 16:26bouillonnant dans le chaudron "Films".


Ingrédients :

  castor
castor
08-09-25
à 01:32

Le jeu n'est pas très long, entre un quart d'heure et une heure pour la plupart des joueurs. Note que dedans, il y a des anomalies qui te renvoient à la case départ si tu passes outre, mais d'autres qui sont mortelles, je ne sais pas si c'est comme cela dans le film.

Aussi, le programmeur a fait un autre jeu du même style qui se déroule dans un train de banlieue.

  Zakath-Nath
Zakath-Nath
08-09-25
à 10:00

Re:

Merci pour cette précision. Dans le film, il n'y a pas vraiment d'anomalie mortelle, ou plutôt une qui peut l'être d'un certain point de vue mais que le personnage principal ne rencontre pas.

  castor
castor
08-09-25
à 23:13

Re:

Bon, je suis allé voir le film, et j'ai bien aimé, la plupart des anomalies du jeu sont retranscrites, et c'est quand même fort de tenir une heure et demie alors que les vidéos décrivant l'ensemble du jeu font dix minutes. (et, spoiler, il y a clairement des anomalies mortelles dans le film)

  Zakath-Nath
Zakath-Nath
09-09-25
à 09:23

Re:

Pour les anomalies mortelles du film, je vois bien celle que rencontre l'homme qui marche dans le deuxième chapitre mais je ne vois pas les autres (le gamin et le protagoniste survivent tous les deux à l'anomalie plus spectaculaire). Contente que ça t'ait plu en tout cas.

  castor
castor
01-10-25
à 20:08

Re:

Dans le jeu, l'anomalie la plus spectaculaire est mortelle : Dans le film, le gamin ne survit que grâce à l'aide du protagoniste, et celui-ci ne n'en réchappe que parce qu'il a un porte-bonheur.

  Zakath-Nath
Zakath-Nath
03-10-25
à 10:51

Re:

Merci de la précision, c'est vrai que je ne me souvenais plus du porte-bonheur.