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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Evil Dead 3: L'Armée des Ténèbres
Précipité au Moyen Âge, Ash Williams est fait prisonnier par Lord Arthur, le seigneur local qui l'accuse d'être allié à son ennemi, le duc Henry. La contrée est par ailleurs ravagée par des morts-vivants maléfiques. Après avoir prouvé son innocence et sa valeur, Ash a l'espoir de rentrer chez lui: il doit se mettre en quête du Nécronomicon mais gare à bien prononcer la bonne formule au moment de sa découverte où le héros risque d'aggraver la situation.

Drôle d'enchaînement d'un film à l'autre pour les trois opus de la saga confectionnés par Sam Raimi: en effet, en voyant le premier volet réalisé avec les moyens du bord, qui étaient très modestes, imaginait-on l'un des paisibles vacanciers confronté à une terreur sans nom dans un chalet perdu du fin fond des États-Unis se retrouver, dix ans plus tard, héros d'une suite se déroulant au Moyen Âge dans laquelle il poutrerait du zombie à l'aide d'un fusil à canon scié et d'une tronçonneuse attachée au moignon de son bras droit? En ce qui me concerne, L'Armée des Ténèbres a été mon premier contact avec la franchise même si je ne l'avais pas vu jusqu'à hier. Comme pour L'Histoire sans Fin II, voir son affiche en passant devant le cinéma durant plusieurs semaines avait marqué mon enfance, provoqué chez moi un mélange de peur et de fascination devant le spectacle à la fois épique et terrifiant qu'elle promettait. Je me souviens également avoir vu un extrait au journal de 20h qui avait alimenté ce sentiment tout en provoquant l"hilarité de ma mère, celui du réveil des squelettes après la formule foirée. Imagine-t-on d'ailleurs aujourd'hui voir un journal de 20h faire la promotion d'un film pareil?

Évidemment, plus de trente ans après, l'effet n'est plus le même. Evil Dead 2 faisait verser l'intrigue dans la comédie sans pour autant dédaigner le gore. L'idée de précipiter Ash à l'époque médiévale datait déjà de cette époque même si le pas ne sera franchi que dans l'épilogue (que le résumé en début de ce troisième film va modifier tout en introduisant une troisième actrice pour incarner Linda). Il fallait des moyens que Raimi n'avait pas mais la contribution de Dino de Laurentiis change cette fois-ci la donne: adieu cabane au fond des bois et casting qui se compte sur les doigts de la main, bonjour grands décors sous le ciel de la Californie et figurants en conséquence. Le côté bricolo presque amateur des deux premiers films disparait donc au profit d'une production plus classique et aussi beaucoup moins gore: on aura droit à un geyser de sang encore une fois qui sent bon le ripolin et quelques métamorphoses bien répugnantes mais on vise un public plus large sans pour autant faire dans le familial (le pauvre personnage féminin principal se fait tout de même violer par un cadavre en putréfaction).

Tout est cependant traité sur le ton de la grosse blague potache. Ash est décidément un héros improbable, un moment lâche, stupide, arrogant et maltraité pour sa peine, un autre moment super-héroïque au point d'en devenir caricatural. Les effets cartoonesques sont encore plus prononcés que dans le film précédent et restent plutôt réussis pour l'époque, on a presque l'impression de voir un brouillon de ce qui sera osé quelques années après dans The Mask. Quant aux squelettes en stop-motion, l'hommage à Ray Harryhausen est évident mais pour moi, leurs looks et les décors les plus macabres me ramènent forcément à mon enfance et mon adolescence dans les années 80/90 et m'évoquent un mélange confus de souvenirs de pochettes de disques de métal, d'illustrations de BD oubliées ou de Livres dont Vous êtes le Héros, une iconographie passée de mode qui donne un charme certain au film, ce qui explique peut-être mon indulgence car on ne peut pas dire que l'écriture brille par sa finesse et même le montage le plus complet (j'ai regardé le Director's Cut, dont la fin diffère des montages américain et international de 1992) sent parfois le hachoir.

Bruce Campbell est la vedette incontestée du film et évoque presque par certaines grimaces un Jim Carrey qui n'allait pas tarder à devenir lui-même tête d'affiche. Production plus cossue oblige, il n'est pas entouré cette fois de complets inconnus destinés à le rester. Bridget Fonda fait ainsi une petite apparition dans le rôle de Linda, mon récent visionnage du superbe (hum) Les Hasards de l'Amour m'aura permis de me familiariser avec Marcus Gilbert et son mono-sourcil (et ici, une improbable coupe mulet) tandis que l'on croise quelques gueules d'abonnés aux seconds rôles comme Bill Moseley. Embeth Davidtz dans le seul rôle féminin un peu consistant ici n'est pas pour autant très gâtée. La BO, en revanche, offre deux thèmes mémorables, le principal signé Joseph LoDuca, l'autre étant une Marche des Morts composée par Danny Elfman, rien que cela.

En envoyant Ash dans les Couloirs du Temps, Sam Raimi signe une bizarrerie au sein de la saga, qui, reprise par d'autres, reviendra sur des rails plus conventionnels en matière d'horreur. Ici, cette dernière s'efface devant un mélange de fantasy macabre et de grosse comédie, une direction suffisamment curieuse pour susciter une certaine admiration même si plus d'une fois on se demande ce que l'on est en train de regarder.
potion préparée par Zakath Nath, le Dimanche 17 Mai 2026, 18:16bouillonnant dans le chaudron "Films".