Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Doctor Who, saison 2 épisode 6: The Interstellar Song Contest
--> Spoilers
Le Docteur et Belinda arrivent dans une loge de l'Harmony Arena alors que l'Interstellar Song Contest débute. Deux trouble-fêtes nettement plus hostiles sont aussi présents pour saboter la compétition, suivie par des milliards de spectateurs dans la galaxie.

Les épisodes précédant les doubles finaux donnent souvent une impression de quitte ou double, encore que quand on dit cela, on a surtout en tête la première période Davies, ou l'on pouvait avoir du Doctor-lite malin comme Blink (deuxième fois que j'en parle sur ce blog aujourd'hui, même si c'est moins étonnant ici que dans un article sur Don Gio...) ou du sitôt vu sitôt oublié à l'exception d'une scène d'une niaiserie ultime comme Fear Her. The Interstellar Song Contest se rangerait facilement dans la dernière catégorie si ce n'était quelques éléments et surtout une scène post-générique qui le rendent moins dispensable. Comme il y a à dire, je diviserai cet avis en trois parties: l'intrigue du jour, le cas Belinda, et ladite scène post-générique qui implique de spoiler comme si ma vie en dépendait.

L'épisode lui-même n'a donc pas grand intérêt si ce n'est l'opportunité, programmé qu'il est le jour de la finale de l'Eurovision. La compétition est kitsch, Doctor Who ne rechigne pas devant le kitsch, la greffe n'est pas délirante. Mais en élargissant à la galaxie entière quelques siècles dans le futur, on se heurte à un manque dramatique d'imagination et de créativité: à quoi ressemble la musique du futur? À quoi ressemble de la musique créée par des non-humains? À exactement ce que l'on nous sert à l'Eurovision, de la pop des années 2000 et une ballade. C'est bien la peine de montrer des aliens si tout le monde a la même culture, il n'y a même pas de réflexion sur le formatage. On recycle d'ailleurs les présentateurs d'aujourd'hui, enfin, ceux qui exercent outre-Manche évidemment (ç'eut été bien drôle de voir débarquer Michel Drucker sans nul besoin d'avoir été cryogénisé/cloné/hologrammé mais toujours vivant et pestant encore contre la victoire de Lordi mais un peu trop blague de niche). On est purement là pour brosser les fans britanniques de l'Eurovision dans le sens du poil. Certes, à la belle époque de Nine, dans Bad Wolf, on avait aussi des versions futuristes et mortelles des émissions de l'époque mais il y avait au moins un humour noir absent ici et un indice que l'Histoire ne se déroulait pas comme elle aurait dû. La menace est tellement peu originale et recherchée malgré les motivations compréhensibles des antagonistes qu'elle est mise hors de combat au bout de 30 minutes. Plus choquant est le traitement des personnages. Moi qui me plaignais que depuis l'arrivée de Gatwa on n'exploitait pas assez le côté sombre du Docteur, j'ai été servie, un peu trop: le voir torturer quelqu'un (même capable d'annihiler des milliards de gens) est suffisamment choquant mais la réaction de Belinda n'arrange pas le tableau. Ce qui me mène à Belinda.

La pauvre fille doit avoir perdu sa personnalité dans le vortex temporel après deux ou trois épisodes. La voilà encore en retrait, séparée du Docteur mais incapable de mener une intrigue de son côté. C'est elle qui a besoin d'être rassurée par un autre personnage (alors qu'une compagne, au bout de quelques voyages avec le Docteur, est généralement capable de garder son sang-froid pour réconforter les gens qu'elle croise), ses talents d'infirmière sont inutiles, pire, on a un autre personnage d'infirmier pour faire le job quand nécessaire même une fois Belinda réunie avec le Docteur. Et si elle est choquée de le voir torturer Kid, elle lui tombe dans les bras sans problème après en lui disant qu'il est merveilleux... Mais un peu effrayant quand même, ouh là là. Reviens Donna, ils sont devenus fous. On pourrait se dire que cela fait trois épisodes d'affilées qui n'ont pas été par RTD et que les autres scénaristes ne connaissaient pas assez le personnage pour bien le caractériser... Mais c'est au showrunner de superviser l'ensemble en intervenant si besoin et il ne peut pas ne pas s'être rendue compte du problème. D'autant que la saison précédente, Kate Herron et Briony Redman avaient su gérer Ruby en parallèle de la romance du Docteur et de Rogue. Bref, cette impression d'une compagne gâchée qui pointait l'épisode précédent se confirme sérieusement et la fin de saison a intérêt à redresser la barre. Cela n'aide en rien la perception d'un épisode déjà anodin et heureusement, celui-ci peut compter sur ce qui le relie au fil rouge.

Les apparitions de Carol Ann Ford dans cet épisode ne peuvent être juste propres à cette intrigue car pourquoi apparaîtrait-elle au Docteur dans cette aventure plutôt qu'une autre? Elle a peut-être encore un rôle à jouer. Mais surtout, on découvre qui est Mrs Flood et une fois n'est pas coutume, j'avais vu juste! La Rani est enfin de retour (en même temps, quand on joue toujours le même numéro, il finit par sortir). Je suis en revanche très dubitative sur le nouveau recours à la bi-génération, d'une part parce que l'on peut tolérer l'idée une fois mais pas deux, de l'autre parce qu'avec pour ainsi dire deux Rani pour le prix d'une, on n'est pas sans se souvenir qu'on y avait eu droit avec le Maître et Missy où l'attrait tenait, comme pour les épisodes multi-Docteurs, au fait que l'on est familier avec les deux incarnations ce qui n'est pas le cas ici. L'arrivée d'Archie Panjabi est en tout cas une bonne nouvelle et l'on se demande quels sont les bails du personnage puisqu'à la base c'est une scientifique sans éthique, pas quelqu'un qui s'intéresse plus que cela au Docteur mais qui croise sa route ce qui pousse ce dernier à contrarier ses plans... On n'a pas l'air parti là-dessus.

Malgré un début de réflexion sur les sponsors douteux qui peuvent être associés à des émissions populaires, l'épisode du jour s'avère trop basique et expéditif pour convaincre, avec une gestion questionnable des deux personnages principaux. Avoir casé une scène décisive dans ses dernières minutes sera finalement ce que l'on en retiendra.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 17 Mai 2025, 14:53bouillonnant dans le chaudron "Whoniverse".


Ingrédients :

  Vous-ne-savez-pas-Qui
20-05-25
à 12:17

Oh, mais Michel Drucker n'a pas besoin de la cryongénisation, il est déjà immortel!^^

La plus grosse déception, ça reste que Doctor Who + Eurovision ça promettait une double dose de kitsch, mais qu'on n'a pas été si bien servis que ça à ce niveau.

Ça manque aussi beaucoup de diversité dans les espèces représentées: vraiment trop d'humains/humanoïdes. Bon, on mentionne Trion (d'où provenait le compagnon classique Turlough), il y a une femme-chat (et qui a l'air différente des nonnes-soignantes de New Earth/Gridlock ou de Hyph3n de Orphan 55), la chanteuse en tutu arc-en-ciel m'a l'air d'une Silurienne albinos et quelqu'un dans le public brandit une bannière "Alpha Centauri", et bien entendu il y a les fameux Hellions, mais à part ça... On n'aurait pas pu faire participer les aliens à peau bleue souvent vus dans la New Who (et qui à chaque apparition étaient victimes de discrimination, ce qui les désignaient pour le rôle d'antagonistes de la semaine plutôt que d'inventer une toute nouvelle espèce)?
Parce que des humanoïdes à cornes qui ont "hell" dans le nom de leur planète...

Pour le message politique du jour, c'est du lourd. On a un bon gros tâcle à la vraie Eurovision (que Ncuti Gatwa aurait dû présenter cette année du côté britannique mais finalement ça a été annulé, ben tiens...) et surtout à Israël qui n'aurait pas dû participer car en guerre (la Russie est évincée pour cette raison par exemple) mais qui peut quand même parce que Morroconoil... Cet épisode m'évoque un peu Kerblam!, mais pas pour une bonne raison, car là aussi on a un dénouement qui donne en partie raison au terroriste (la chanson de Cora et son "coming out" était un moment fort et touchant, mais aurait-elle osé si l'intervention de Kid et Wynn ne lui avait pas donné le déclic ?).

Et le Dark Doctor qui se lâche... et pas de main morte. Entre le trauma que lui évoque la perpective de 3 milliards de gens canés et le fait qu'il croit Belinda elle aussi morte (ce qui en plus d'ajouter à sa douleur fait qu'il croit que personne ne le regarde). Mais sa réaction à elle a de quoi laisser perplexe. Elle ne le remet pas en question plus que ça? Je veux bien qu'elle soit sous le coup de la sidération/la joie de le retrouver mais bon... À noter qu'elle s'y attendait un peu puisqu'elle précise qu'il vaut mieux qu'elle amène Cora sur le pont pour tenter de raisonner Kid et Wynn avant que le Docteur ne les trouve lui-même. Son rôle est un chouïa plus important que dans les épisodes précédent, mais ça reste pas démentiel.

Mais malgré tous ces points de contention, l'épisode reste vraiment prenant à regarder, on ne s'ennnuie pas, et assez touchant sur le plan émotionnel. Je le classerai donc dans les hauts de la saison.

Reste à traiter le gros morceau... celui qui a fait regretter leurs habitudes à ceux qui éteignent avant la fin du générique. Ce qui n'est pas sans faire sens pour un personnage jouant autant sur le méta, un peu comme si elle venait dire : "Alors, on m'avait oubliée, bande de pécores ?" (et en même temps, elle fait une apparition vite-fait bien-fait au début et puis n'intervient plus, on l'avait effectivement oubliée).
J'ai réussi à ne pas me faire spoiler, et l'idée qu'elle puisse être la Rani était une de mes théories à la fin de la saison 1 mais sans plus. Je n'y pensais pas plus que ça, donc la surprise a fonctionné sur moi. Surtout que sur le moment, j'ai d'abord pensé au Maître, tout en me disant que ça paraissait trop tôt, donc la surprise fut agréable de voir que c'était quelqu'un d'autre. Bien qu'a priori cela me semblait OoC: contrairement au Maître, la Rani n'a aucune vélléité de conquête de l'univers ni d'obsession pour le Docteur, juste une scientifique tellement prise par sa passion qu'elle s'assoit allégrement sur l'éthique, et le Docteur est pour elle un emmerdeur qui contrecarre ses plans et lui fait la morale. Ou du moins, c'est ce qu'il était lors de leur dernière rencontre. Sauf qu'on sait maintenant que le Docteur est plus qu'un simple Seigneur du Temps. Si le Maître a pu déterrer la vérité à propos de l'Enfant Intemporel, la Rani a pu en faire de même. De là, le Docteur n'est plus pour elle un congénère un peu chiant mais une énigme scientifique, un sujet d'intérêt pour elle. D'où le fait qu'elle soit tout à coup obnubilée par lui. Je la vois bien compulser tout le travail de Tecteun et se dire: "Oh, et si je faisais encore mieux/pire ?" C'est ma théorie en tout cas.

Par contre, je m'attends à des allusions à Dimensions in Time et subséquemment à Eastenders (dont je vient d'apprendre que l'actrice de Mrs Flood faisait partie du casting original... méta on a dit). Ce qui connaissant RTD peut être aussi bien fabuleux qu'atroce.

Et je ne m'attendais pas à un clin d'oeil à Red Dwarf (l'hologramme en lumière dure qui permet d'interagir physiquement).

  Zakath-Nath
Zakath-Nath
20-05-25
à 15:11

Re:

J'ai aussi pensé à Kerblam pour des mauvaises raisons mais pas exactement les mêmes: dans cet épisode il y avait une critique d'une version spatiale d'Amazon et finalement le méchant était celui qui voulait faire chuter la boite et on nous disait carrément que le système se réparait de lui-même (niveau épisode anti-capitaliste, Oxygen y allait franco sans chercher à faire un twist pour défendre les riches patrons qui exploitent le peuple, au moins). Là pareil, la Corporation est montrée comme une entreprise pas un État, et le méchant est encore un vilain terroriste que le Docteur torture alors qu'il est déjà vaincu... Je veux bien que le sujet de l'anéantissement d'une population soit un sujet sensible pour lui mais il y a des limites... Je trouve que le double sur les Zygons montrait quand même mieux les dangers de répondre à la violence par la violence. Rajouter à la critique du capitalisme un avis sur une situation géopolitique complexe en 30 minutes, ça amène encore plus de simplisme et là je trouve que ça se casse franchement la figure. Je n'ai pas du tout trouvé la fin touchante, on a une chanson que tout le monde applaudi (moment de silence puis applaudissements épars et timides puis tout le monde y va, cé bô...) et c'est censé régler le problème ou au moins être le début de la sensibilisation de la population. Même dans une série grand public un brin naïve ça ne fonctionne pas du tout sur moi ce genre de procédé.

Bref, pour moi c'est vraiment loupé que ce soit le fond ou la forme, heureusement qu'il y a Mrs Flood/la Rani mais le double final a intérêt à assurer.