Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Doctor Who, saison 2 épisode 4: Lucky Day
Ruby replonge difficilement dans son quotidien après ses aventures avec le Docteur. Elle fait la connaissance d'un podcasteur, Conrad, qui a croisé enfant la route du Seigneur du Temps et de Belinda et en est resté fasciné. En week-end à la campagne, Conrad et Ruby se retrouvent assiégés dans un pub par de terribles aliens.

Depuis le retour de Russell T. Davies aux manettes de la série, et encore plus depuis le début de cette saison (on peut inclure l'épisode de Noël signé Moffat), un sentiment prégnant m'habite: d'un côté, je me réjouis de retrouver la série dynamique et bien menée, malgré des épisodes inégaux, que j'avais perdu pendant l'ère Chibnall. De l'autre, je ne peux m'empêcher de trouver que tout de même, ce n'est plus la même chose que lors du premier run de Davies, que quelque chose s'est perdu avec les années et il était peut-être illusoire d'espérer retrouver le feeling d'il y a vingt ans ou même dix. La satisfaction dominait néanmoins en dépit de quelques détails qui me chagrinaient, notamment un aspect moralisateur plus appuyé, ou plutôt moins bien intégré dans les intrigues.

Autre chose. Il y a eu des rumeurs de relancer des spin-off maintenant que Disney crache au bassinet, notamment un centré sur UNIT. Ce n'est pas que je n'aime pas l'équipe qui apparait dans la série-mère depuis quelques années mais cela m'évoque un Torchwood avec du fric et je vous renvoie vers les articles consacrés à cette série pour savoir ce que j'en pense. Et ce n'est pas avec ce Lucky Day, où UNIT tient un rôle prépondérant que cela va changer. J'ai cru me trouver devant un épisode de Torchwood, je vous résume en bref: ce n'est pas un compliment. Pete McTighe, qui a bossé sur la période Chibnall, est à l'écriture. Sachant le degré d'interventionnisme que peut avoir Davies, je ne vais pas tout lui mettre sur le dos mais quoiqu'il en soit ce n'est pas glorieux.

L'épisode ne commence pas trop mal mais de manière trop dérivée de récits comme Love and Monsters pour ne pas déjà commencer à ennuyer: le mec qui a vu le Docteur dans son enfance et en est obsédé, le Docteur et sa compagne très peu présents dans l'épisode... Certes, cela fait plaisir de retrouver Ruby et de constater que voyager dans le TARDIS peut laisser des traumatismes aussi bien que des souvenirs merveilleux mais c'est mince en regard de ce qui suit: le twist qui permet à Conrad de dévoiler son visage et le vrai sujet de l'épisode: attention, on s'en prend au complotisme, aux dangers de répandre de fausses informations en ligne, de s'enfermer dans des bulles radicalisantes sur les réseaux sociaux... Tout cela avec une lourdeur pachydermique, sans se donner la peine de transposer l'intrigue dans une autre époque ou une autre univers pour faire passer les idées subtilement, métaphoriquement, de manière ludique (tout le contraire de ce que Davies lui-même préconisait dans The Writer's Tale). De ce fait, passé la surprise de voir l'épisode partir dans une nouvelle direction, tout est prévisible: la taupe dans l'équipe, la manière de confondre publiquement Conrad dont tout le plan n'a pas grand sens... Quant à ce dernier, il n'a aucune nuance, tout est fait pour le rendre détestable, incapable de se remettre en question, à ce stade, ce n'est plus un personnage, c'est un punching-ball, il n'y a même pas d'approche satirique, et le pire c'est que la fin suggère qu'on va le revoir. Je ne parle même pas du discours du Docteur, des fois qu'on n'aurait pas compris la leçon du jour, le voilà qui en remet une couche. On pourrait dire que le tort de l'épisode est qu'il ne prêchera que les convertis mais les convertis risquent de se barber autant que les autres (si ces derniers tiennent jusqu'au bout ou sont encore là).

Bon, allez, deux petites choses notables. Le discours du Docteur est pénible mais sa présence a au moins le mérite d'intriguer: comment a-t-il pu parler à Conrad alors qu'il ne peut plus venir en 2025 et pourquoi le nom de Belinda ne lui évoque rien? Y a-t-il deux réalités parallèles? Est-ce une projection de Mrs Flood qui dit à Conrad que ce n'était pas le fruit de son imagination? À moins que ce ne soit une rencontre antérieure à celle du Docteur et Belinda et qui le met justement sur la piste de celle-ci mais alors pourquoi Ruby et UNIT mentionnent qu'elles n'ont plus de contact avec le Docteur depuis un moment, ce qui suggère qu'il ne peut pas venir? Ensuite, justement, Mrs Flood, dont on attendait l'apparition obligatoire: ce nom de Gouverneure qu'elle lâche, est-ce son pseudonyme de Seigneuresse du Temps, ou encore autre chose? Voilà au moins de quoi cogiter en attendant la suite.

Je crois n'être jamais ressortie aussi énervée du visionnage d'un épisode de Doctor Who depuis Resolution, pour des raisons différentes, et ce coup-ci, je ne peux incriminer Chris Chibnall. Une intrigue indigente servant simplement à justifier une couche de prêchi-prêcha par des scénaristes pontifiants, peut-être ce qui se trouve de plus agaçant au monde pour un spectateur. On oublie et on croise les doigts en espérant quelque chose de plus inspiré la semaine prochaine.
potion préparée par Zakath Nath, le Samedi 3 Mai 2025, 19:13bouillonnant dans le chaudron "Whoniverse".


Ingrédients :

  Campanita
Campanita
15-05-25
à 14:00

Il y a toujours un avant et un après quand on découvre et tombe amoureux d'une oeuvre en format sériel. On juge plus sévèrement les épisodes/tomes/albums qui viennent après l'instant t de notre découverte et on a tendance à être désabusé. Ce qui me rassure, c'est que je commence à éprouver un sentiment de "bon vieux temps" pour les périodes Smith et Capaldi qui pourtant étaient du tout neuf tout frais quand je les ai découvertes. Donc, tout n'est pas perdu.

Eh ben... on peut dire que les compagnes de Fifteen n'ont vraiment pas de chance avec les mecs. D'abord Belinda se ramasse un incel, et maintenant c'est Ruby qui se coltine un nice guy. J'ai jamais aimé le prénom Conrad, parce que c'est trop facil d'intervertir deux lettres.

Je commence aussi à voir les limites de mon petit jeu de duels d'épisodes (mais cette fois, c'est Lucky Day qui perd), car le seul point commun avec 73 yards, c'est que c'est un Doctor-lite. Avec la même compagne mise en avant. Bonne nouvelle pour Ruby, mauvaise nouvelle pour Belinda. Et avec ces saisons au nombre d'épisodes réduit, ce n'est pas heureux. En vrai, je verrai une comparaison plus pertinente avec Dot and Bubble, d'abord pour la thématique qui aurait tout à fait sa place dans Black Mirror, et pour le coup du personnage à première vue sympathique quoi qu'un peu nouille qui se révèle être une grosse merde.

Il y aussi une ressemblance avec Love and Monsters, un de mes plaisirs coupables (et je ne suis pas la seule), mais pour le coup, Conrad est vraiment le jumeau maléfique d'Elton. Pareil pour sa petite secte de complotistes qui semblent le mirroir inversé de LINDA. Bon, au moins, on n'a pas l'Absorbaloff, à la place on a des... Shrek?

Par contre, ce que je ne comprends vraiment pas, c'est la logique de leur plan: donc, ils veulent prouver que UNIT fabrique de faux monstres, et pour ça, ils en fabriquent eux-mêmes pour attirer UNIT... sauf que si UNIT mord à l'hameçon, c'est justement par conviction sincère ques les monstres sont réels et que donc ils ne fabriquent rien... Il y a un truc qui ne va pas dans ce raisonnement.

Je ne suis pas hypée par l'idée du spin-off parce que je ne suis pas fan de UNIT, je n'ai rien contre eux mais je n'ai jamais trouvé les histoires avec eux passionnantes. Mais je n'irai pas jusqu'à craindre que ça soit aussi atroce que Torchwood. Parce que le problème n'était pas le concept de l'organisation secrète qui gère des problèmes d'aliens, mais plutôt le ton racoleur, les personnages imbuvables et une mentalité douteuse mais considérée comme avant-gardiste dans les années 2000-2010 comme quoi si t'es autre chose qu'un mec cis hétéro, tu peux agresser sexuellement ou commettre un adultère c'est pas grave, t'es pas une ordure, t'es trop cool, trangressif et progressiste.

Enfin, bref, je ressors de cet épisode en demi-teinte. Il y a des choses intéressantes, et l'antagoniste ne laisse pas indifférent, mais c'est surtout parce qu'on a la furieuse envie de le voir se prendre une punition bien cathartique pour effacer cet air sournois et satisfait de sa gueule de fouine. Évidemment, il n'apprendra aucune leçon, comme le souligne le Docteur, ça ne sert à rien de discuter avec un troll (donc pourquoi le fait-il lui-même?) et j'aurais préféré qu'il croupisse tout seul dans sa misère jusqu'à la fin des temps, et qu'on en parle plus! J'aime pas que Mrs Flood le repêche (et en même temps, les trolls et le flood, c'est dans le même champ lexical...), mais j'espère que c'est pour mieux lui faire manger son karma dans le final.

  Zakath-Nath
Zakath-Nath
15-05-25
à 16:31

Re:

Oui, l'épisode n'a pas grand sens, que ce soit le plan de Think Tank où la visite du Docteur qui se contredit lui-même. Même si pour le premier point j'imagine que le scénariste s'est dit que plus c'est gros plus ça passe, l'emballement des réseaux empêchant les gens de penser correctement (quand on voit qu'il existe encore des gens pour affirmer que la Terre est plate ou le tintouin récent au sujet d'un mouchoir posé sur une table qui s'est retrouvé jusqu'au 20hde France 2).

Le problème que j'ai avec cet épisode et qui fait que je le trouve très faible c'est qu'on sent trop que le message a faire passer précède le reste et qu'on a bricolé autour. Un peu comme Rosa sur un autre thème qui partait avec les meilleures intentions du monde mais dont l'intrigue ne tenait pas la route (là aussi, le plan du méchant était complètement bidon).