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Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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De la Comédie-Française
Dans trois heures, les portes de la Comédie-Française vont s'ouvrir sur la première mise en scène de Nina, actrice au sein de la célèbre institution. Les embuches s'accumulent en coulisse, compromettant la représentation: problèmes techniques, actrice incarnant Lady Macbeth indisponible, psychodrames entre acteurs, poussées de stress... Tout sera-t-il prêt à temps pour offrir aux spectateurs un moment de théâtre inoubliable?

Bertrand Usclat était jusque-là connu pour Broute, série de pastilles humoristiques parodiant Brut, et aussi pour être le sosie français non officiel du regretté James Van Der Beek. Il signe avec De la Comédie-Française son premier long-métrage en compagnie de Martin Darondeau. La cible? La Comédie-Française, fondée en 1680, fleuron du théâtre national dont les sociétaires voient toujours leurs noms à l'affiche suivis d'un impressionnant "de la Comédie-Française" quand bien même apparaissent-ils au générique de films improbables. C'est avec une brochette de ceux-ci devant la caméra, plus ou moins connus du grand public, plus ou moins anciens dans la maison, et avec l'apport au scénario de Pauline Clément qui tient aussi le rôle de Nina, qu'il se lance dans un compte-à-rebours avant la première d'une nouvelle production de Macbeth.

Sur le principe, rien de neuf: un groupe de personnages prépare un grand événement, les embuches et les imprévus s'accumulent, les tensions s'exacerbent jusqu'à l'explosion, des vérités sortent, on se décourage et tout semble perdu jusqu'à ce que l'amour du métier permette d'offrir au public ce qu'il est venu voir ou davantage... Classique donc, mais rudement efficace. Les personnages sont tous bien croqués, de l'acteur principal vaniteux et emballé par toute idée improbable à la make-up artist hors de son élément en passant par un régisseur qui étale sa science, une actrice qui multiplie les seconds rôles au point de ne plus savoir ce qu'elle joue, une vieille gloire qui force sur le pétard ou encore une ministre de la culture dont la présence annoncée pour la représentation ajoute un enjeu supplémentaire pour la mauvaise troupe.

Le crescendo, de la contrariété vite surmontée à l'accumulation invraisemblable de pépins, est parfaitement géré tandis qu'entre deux gros éclats de rire on savoure quelques passages amusants plus discrets comme une Radio-Molière où l'on ne passe que du Lully (à ce sujet, il faut rester pour le générique afin d'avoir un bonus audio), avec le passage émotionnel placé au bon moment. On pourrait reprocher au déroulement d'être un peu trop bien huilé, presque mécanique mais si ça marche, pourquoi s'en plaindre? De plus, il y a un vrai plaisir à pénétrer dans les coulisses de l'institution, à découvrir non seulement l'envers du décor mais le bâtiment lui-même, la salle Richelieu bien sûr mais aussi le cadre dans lequel les techniciens et les acteurs travaillent, ce que l'on ne voit pas d'habitude. La courte durée du film, 1h15 seulement, empêche le soufflé de retomber ce qui est toujours le risque avec les comédies, le genre avec l'horreur qui supporte peut-être le moins les baisses de régime et qui exige le plus d'avoir un tempo millimétré.

Évidemment, avoir des acteurs de la Comédie-Française elle-même dans les différents rôles tombe sous le sens. Les plus célèbres (Guillaume Gallienne, Denis Podalydès) sont souvent judicieusement cantonnés aux rôles les plus discrets mais tout le monde a l'air de s'en donner à cœur-joie, comme Pauline Clément en metteuse en scène trop gentille pour s'affirmer, Danièle Lebrun en doyenne délurée ou Christian Hecq en technicien un peu trop généreux dans ses détails techniques. Les anciens et les jeunes se mélangent harmonieusement, Séphora Pondi est notamment savoureuse en maquilleuse, ou plutôt make-up artist qui a du mal à intégrer les spécificités de la scène, tout comme Laurent Stocker en acteur hautain et vieillissant.

Comédie française de l'année comme le clament certaines critiques? Faute d'avoir vu les autres, je ne me prononcerai pas là-dessus mais De la Comédie-Française est certainement une comédie réussie et un bon moment à passer.
potion préparée par Zakath Nath, le Jeudi 23 Juillet 2026, 22:24bouillonnant dans le chaudron "Films".