Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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Avalon
Dans un futur proche, il est possible d'échapper quelques heures à la sinistre réalité en se connectant à Avalon, un jeu de guerre illégal en réalité virtuelle. Ash, une joueuse particulièrement douée, est sur la piste d'un niveau secret du jeu. Elle a bien l'intention de l'atteindre mais il lui faut éviter le sort de son ancien équipier Murphy, un "non-revenu" qui végète à l'hôpital après une mauvaise rencontre dans le monde virtuel.

En 2001, je voulais voir Avalon en salle: le titre me faisait rêver, le synopsis avait l'air pas mal, je ne connaissais pas l’œuvre de Mamoru Oshii mais il semblait jouir d'une bonne réputation au point où ce film était en sélection officielle à Cannes et enfin, dans je ne sais quelle émission ciné à la radio, j'avais entendu un extrait de la bande originale de Kenji Kawai qui m'avait convaincue d'acheter le disque. Et pendant plus de vingt ans, cette BO a été mon seul contact avec le film. De temps à autre je me souvenais de son existence mais on ne peut pas dire qu'il y avait beaucoup d'occasion de le voir. Enfin bref, toute cette introduction pour dire que bien sûr, si j'en parle maintenant, c'est que je l'ai enfin vu.

En 2001, cela faisait deux ans que Matrix était sorti sur grand écran, les suites étaient attendues et au premier abord, Avalon surfait sur la vague cyberpunk du film des Washowski. Il faut cependant reprendre les choses dans l'ordre: Matrix devait énormément, entre autres multiples références, à Ghost in the Shell de Mamoru Oshii. Il ne s'agissait donc que d'une réponse du berger à la bergère, ou tout simplement le succès du film hollywoodien a peut-être favorisé la production d'autres films-live pouvant y être apparentés. Réalité austère dans un monde privé de bonheur, de richesse et de couleur d'où l'on peut s'échapper pour devenir guerrier, voleur dans un monde... pas vraiment plus riant, il est vrai. Oshii use d'une photo dé-saturée qui n'opère pas une franche distinction entre le monde réel et celui d'Avalon: le jeu est peut-être plus sépia, le réel grisâtre... Évidemment cela a un sens et n'est pas simple paresse ou incapacité à montrer les Pays de l'Est autrement que tristounets (le tournage a eu lieu en Pologne car le film est une coproduction et le casting est d'ailleurs intégralement polonais).

Il n'empêche que l'austérité est de mise: le monde du jeu a quelques idées visuelles intéressantes comme les explosions figées, il y a bien sûr des dangers mais l'action n'est pas la priorité et le rythme est lent. On pense à Bergman avec un Bishop évoquant la Mort du Septième Sceau, à Stalker, le fait que l'héroïne s'appelle Ash et qu'elle croise le fameux Bishop renvoie aux androïdes de la saga Alien mais bien sûr, la référence première et explicite est à la légende arthurienne et la fameuse île d'Avalon, quête de l'héroïne qui offre une fin ambigüe: elle a atteint son but mais quel est-il? Niveau du jeu encore plus réaliste et agréable que le précédent ou accès à ce qui se cache derrière le jeu?

Peut-être parce qu'il en livre peu, le film s'ouvre sur des cartons informatifs pour poser le contexte. On peut regretter que l'on nous explique certains points sans les faire passer dans le film, comme le concept des non-revenus, pourtant pas compliqué à appréhender. On ne sent jamais que le jeu est illégal comme on nous l'annonce d'entrée: les personnages ne sont pas traqués par les autorités, n'ont d'ailleurs pas l'air de s'en inquiéter. Cela peut être un signe supplémentaire que leur société part à vau-l'eau, qu'elle a trop d'interdits pour les faire tous respecter ou que l'on ferme les yeux par corruption mais ce n'est pas creusé. Les acteurs ont tous des gueules marquantes mais sont cantonnés à un style de jeu très froid en accord avec l'ambiance générale, à commencer par Malgorzata Foremniak dans le rôle principal (rôle qu'on imagine sans peine incarné par une Milla Jovovitch pré-Resident Evil...). Néanmoins, l'univers est suffisant intrigant et la musique de Kenji Kawai, tour à tour atmosphérique ou épique, ajoute une indéniable plu-value à l'ensemble.

Imparfait mais envoûtant, exploitant un thème qui peut désormais paraître convenu mais abordé sans trop mâcher le travail du spectateur passé l'introduction, Avalon mérite amplement d'être redécouvert et de sortir de l'ombre des Matrix et de ses succédanées.
potion préparée par Zakath Nath, le Vendredi 11 Juillet 2025, 17:48bouillonnant dans le chaudron "Films".


Ingrédients :

  castor
castor
13-07-25
à 13:22

Jeu interdit, cela veut peut-être dire non que l'on va activement empêcher les gens d'y participer, mais qu'ils n'auront pas de recours si ils sont blessés en jouant. Un peu comme un sentier du littoral marqué comme: "Accès interdit, au delà de cette limite vous êtes sous votre propre responsabilité." (désolé l'analogie n'est peut-être pas très parlante pour les gens qui ne vivent pas près de la mer)

  Zakath-Nath
Zakath-Nath
14-07-25
à 10:58

Re:

C'est juste, cela dit je trouve que ça ne transparait pas spécialement dans le film. Mais comme tout à l'air en déliquescence, ce n'est pas vraiment gênant.