Où suis-je?

Bienvenue sur ce blog consacré à un peu tout et n'importe quoi, mais où il sera principalement question de: Harry Potter et la fantasy en général, de romans d'aventures maritimes, de littérature, de séries télés (majoritairement des productions britanniques, mais pas que) et de cinéma!


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The Monkey
Hal et son frère jumeau Bill trouvent dans le bric-à-brac de leur père disparu un singe mécanique. Le jouet semble cassé. Ils découvrent rapidement que la réalité est pire: dès que la bestiole maléfique se met en marche et joue du tambour, un accident terrible frappe un membre de leur entourage. Les garçons se débarrassent de lui mais le singe reviendra les hanter à l'âge adulte.

Un père peut vous transmettre un héritage difficile à porter, nous dit-on au terme de la percutante scène d'introduction. On pourrait alors faire un parallèle avec le réalisateur, également scénariste de cette adaptation d'une nouvelle de Stephen King: Osgood Perkins, fils d'Anthony, éternel Norman Bates, après une carrière d'acteur discrète, a trouvé sa niche depuis quelques années derrière la caméra, notamment grâce au remarqué Longlegs. Néanmoins, une fois que l'on a relevé cette paternité peut-être encombrante, on n'a pas grand chose à en dire de plus. Donc retour au film lui-même.

Le récit de King faisait montre de l'efficacité de l'auteur pour détourner un objet du quotidien et le rendre inquiétant à souhait. Si la chute finale prêtait à sourire, le ton était par ailleurs tout à fait sérieux. Perkins a opté pour une approche différente, saisissant le potentiel du jouet maléfique pour faire une comédie noire et gore. Le singe ne tue pas directement comme Chucky, autre jouet démoniaque, ses coups de baguettes (des cymbales chez King mais apparemment depuis Toy Story Disney a les droits sur ce type de jouets traditionnels. Dingue.) provoquent des accidents. On assiste donc à des mises à mort savoureuses, sur un principe finalement similaire à Destination finale. Tout peut devenir létal et le réalisateur joue avec les nerfs, soit en détournant l'attention de la cause du désastre, soit en nous appâtant avec mais en surprenant sur les effets (je ne pense pas qu'une électrocution fasse cela... sinon je n'ose imaginer la salle de bain de Claude François).

Pour adapter une nouvelle en long-métrage, il faut forcément étoffer. Pour cela, Perkins change légèrement le fonctionnement du singe qui à l'écrit se déclenchait de sa propre volonté. Ici, il faut en remonter la clé, celui qui la tourne est épargné mais pas le voisinage, sans que l'on puisse viser quelqu'un en particulier. On développe du coup la personnalité de Hal et de son frère Bill, jumeaux aux caractères bien différents mais aucun n'est totalement innocent passé le premier tour de clé. Bill s'affirme vite comme une brute et un sociopathe mais on lui offre une motivation qui se tient tandis que Hal est le jumeau responsable qui ne veut pas d'histoire mais qui doit vivre avec les conséquences de ses actions. Si on livre au passage un message d'acceptation du caractère aléatoire et injuste de la mort mais aussi de son inéluctabilité, le ton rigolard empêche l'émotion qui affleure de vraiment s'installer. Le côté grotesque de la plupart des personnages, excepté Hal et son fils, crée une distance et si l'on s'amuse du discours d'un prêtre à côté de la plaque ou du caméo d'Elijah Wood, on sort momentanément de cette histoire peuplée de figures aux attitudes trop improbables.

Habitué à des films indépendants, Perkins se coule sans dommage dans le moule d'un film d'horreur plus grand public, mené tambour battant dans sa première demi-heure avant que le rythme se fasse plus inégal sans que l'ennui ne s'installe. Le beau gosse Theo James (je ne reviens toujours pas de réaliser que je l'avais vu il y a des années dans Downton Abbey sans faire le lien avec la notoriété qui a suivi... Il faut dire que son sort là-dedans n'aurait pas déparé dans ce film) peine un peu à faire croire qu'il est un loser mais il se sort de son double-rôle avec les honneurs, tout comme Christian Convery qui joue les jumeaux enfants. Le reste du casting sert principalement de chair à canon et le fait avec une bonne humeur communicative.

Le parti-pris fait perdre de l'angoisse générée par la nouvelle mais Perkins parvient à instaurer la tension nécessaire quand on se demande à quelle sauce les victimes vont être mangées et on s'esclaffe plus d'une fois devant un effet inattendu. Bien que très libre, on est là devant une adaptation de King fort recommandable, à des lieux de la récente et totalement fadasse version de Salem's Lot.
potion préparée par Zakath Nath, le Mardi 25 Février 2025, 09:37bouillonnant dans le chaudron "Films".